Tenez, sur un site de paris en ligne, on accordait hier une cote de 8,50 aux téméraires prêts à miser sur les hommes d'Éric Veilleux. La veille, la cote était établie à 7,50. Si elle a été majorée d'un point, c'est sûrement parce que ça ne se bousculait pas aux portes pour profiter du premier taux... En comparaison, la cote des Knights de London et des Oil Kings d'Edmonton s'établissait à 3,10, tandis que les champions en titre, les Sea Dogs de St.John, fermaient la marcheà 2,50.
Comment expliquer un tel écart entre le club hôte et les trois autres finalistes? D'abord par le fait que les champions des trois ligues en séries ont aussi enlevé les honneurs du calendrier régulier, ce qui confirme hors de tout doute leur suprématie dans leur coin de pays. Autrement dit, il n'y a pas d'invité surprise au tournoi cette année, fait assez rare soit dit en passant puisque c'est seulement la troisième fois de l'histoire que ça se produit, après les éditions de 1979 et 2005.
Il faut aussi tenir compte que les Cataractes ont refroidi bien des gens en sombrant au deuxième tour face à des Saguenéens moins talentueux et mal en point physiquement. Une défaite honteuse pour un club qui se prépare depuis trois ans à ce printemps memorial.
Ceci dit, l'écart est certainement moins prononcé qu'il ne le paraît entre les Shawiniganais et leurs rivaux. Sur papier, ils n'ont rien à envier aux Oil Kings et aux Knights, deux clubs qui, comme les Cataractes, se nourrissent d'une défensive étanche pour dominer leurs ennemis. S'il y a une différence, c'est leur incapacité à faire preuve de constance, lacune qui a fini par les rattraper face aux Saguenéens. Une bonne préparation mentale après un mois éprouvant sur le plan physique et ce défaut devrait se corriger de lui-même pour le tournoi.
Les Sea Dogs, c'est une autre affaire. Ils viennent de traverser les séries avec une seule défaite au compteur grâce à un mélange explosif d'attaquants redoutables et de défenseurs fort habiles en relance. Souvent critiqué, le gardien Mathieu Corbeil-Thériault n'a jamais aussi bien paru que lors des dernières semaines. Ils sont dirigés d'une main de maître par Gerard Gallant, qui a quatre Coupes du Président à son actif - dont deux comme joueur - et qui part à la conquête d'une deuxième Coupe Memorial d'affilée.
Gallant ne reçoit pas assez de crédit pour ce qu'il a accompli à la barre de cette équipe depuis trois ans. Il a notamment réussi à garder sa bande de rock stars affamée tout au long de l'hiver malgré sa marche impériale le printemps passé. Bref, les Sea Dogs sont très puissants... mais quand même pas intouchables. La preuve, c'est que les Cataractes ont gagné deux de leurs trois matchs contre eux depuis la fin de la période des transactions, dont le dernier à la mi-mars par la marque de 6-2.
Non, les Cataractes ne sont pas battus d'avance à ce tournoi... même si le moral des fans n'est pas en béton avant la première mise au jeu.
Dubeau ou Girard?
Contrairement aux trois autres clubs, on ne sait toujours pas qui sera entre les poteaux pour les Cataractes en début de tournoi. Éric Veilleux a dit hier matin avoir fait son choix... mais qu'il n'était pas pressé de le rendre public! C'est certes une décision délicate, compte tenu que son homme masqué de 17 ans, Alex Dubeau, a éclipsé son vétéran de 20 ans Gabriel Girard au cours des dernières séries.
Va-t-il revenir avec Girard, préparé depuis quatre ans pour terminer sa carrière junior en pleine gloire à ce tournoi, mais dont le dernier départ remonte au 6 avril? Ou encore gardera-t-il le jeune et fougueux Dubeau dans la mêlée, qui a quand même paru un brin nerveux lors du septième match de la série face aux Saguenéens? Chose certaine, la décision doit être basée uniquement sur celui qui a le plus de chances d'aider l'équipe à gagner ce premier match.
Il n'est plus question ici de statut, de services rendus ou d'âge. Si Veilleux doit préparer son club comme s'il disputait un match numéro sept de la Coupe Stanley, alors il doit aller à la guerre avec les gars qui sont les plus susceptibles d'être productifs sur le champ de bataille. Les deux ont prouvé cette saison qu'ils pouvaient faire le travail lors des gros matchs. Votre choix vaut le mien... Le mien? Dubeau.