Podz a été fasciné par le cas vécu de Michel Dumont

Podz, alias Daniel Grou, a relaté l'histoire incroyable... (Photo: Alliance)

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Podz, alias Daniel Grou, a relaté l'histoire incroyable de Michel Dumont avec la sobriété qu'elle réclamait.

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François Houde
François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Difficile à ce stade-ci de sa carrière encore jeune s'il y aura toujours un fil conducteur dans les réalisations de Podz, ou Daniel Grou si vous préférez, mais avec L'affaire Dumont, on retrouve quelque chose qui lui ressemble. L'histoire profondément humaine d'un gars ordinaire emporté dans un immense dérapage du système judiciaire, ça lui va bien.

Ça lui permet, en tout cas, de traiter une histoire judiciaire célèbre qui justifie à elle seule un scénario mais en lui donnant la couleur des émotions qui est peut-être, finalement, l'élément qui est le plus susceptible d'être vu comme sa signature personnelle.

Rappelons que le film relate un fait divers célèbre: Michel Dumont a été accusé et condamné pour un viol qu'il n'a jamais commis, son accusatrice l'ayant confondu avec le coupable auquel il ressemblait. Cette femme s'est finalement ravisée quand elle a croisé son véritable agresseur. Dumont n'en a pas moins purgé sa sentence en prison, faisant même l'objet d'attaques physiques de la part des autres détenus à cause de la nature du crime pour lequel on l'a condamné.

«Je suis un grand fan du cinéma des années 70 et il y avait dans cette histoire quelque chose qui me rappelait ce cinéma-là, expliquait Podz en entrevue téléphonique dernièrement. Une histoire folle qui arrive à un type ordinaire avec cette forme par laquelle on arrive au terme de l'histoire et qu'on nous dit ce qu'il est advenu des personnages par la suite, ça me tentait. Cette histoire me fascinait. Tout ce qui lui est arrivé aurait pu arriver à n'importe qui, même à moi. Et j'ai aussi pensé que ça parlerait au grand public.»

«C'est le genre de cauchemar que tout le monde fait. En tout cas, moi, c'est le genre d'histoire qui me fait angoisser.»

Le projet origine de la comédienne Geneviève Brouillette, productrice associée du film, qui a proposé cette histoire à Podz il y a quelques années lors d'une rencontre impromptue. «J'ai embarqué d'emblée en me disant que ça pourrait être cool de faire un film avec ça.»

«Ce qui est fascinant à mes yeux, c'est que ce gars-là et sa famille croyaient au système: la police, le système judiciaire, etc. comme moi, je crois que ces institutions sont là pour veiller à mes intérêts. Mais aujourd'hui, je suis très conscient que le système n'est pas parfait et qu'une erreur judiciaire peut arriver à n'importe qui. Michel Dumont, dès le début de son histoire, demeure confiant parce qu'il est innocent; il se dit donc qu'il ne peut pas lui arriver grand-chose de mal. Même après sa condamnation en première instance, il continue de faire confiance aux gens autour de lui qui lui disent que ça va s'arranger en appel. C'est normal, il n'a pas commis de crime.»

Si Podz en fait une description sobre et assez factuelle tout au long de son film, la dernière scène devient une véritable charge contre le système judiciaire. «Le système est conçu pour être neutre mais son manque d'empathie peut causer des situations comme celle qu'a vécue Michel Dumont. C'est un système qui a des failles et qui protège l'incompétence.»

Cette forme de contestation s'inscrit dans un courant mondial actuel dans lequel la population dénonce les dirigeants économiques, militaires et politiques qui profitent du système en oubliant les individus pour lesquels il est institué. «Oui, on sent un glissement dans les valeurs et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles j'ai été fasciné par le sujet mais j'ai aussi trouvé qu'il y avait en même temps une histoire d'amour puissante dans cette histoire. Solange, (celle qui deviendra la femme de Michel Dumont), va tout mettre en oeuvre pour que justice soit faite. Elle s'accomplit là-dedans. C'est une sorte d'héroïne mais c'est un film sur des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses. C'est plus l'fun de jouer dans les différentes nuances de la réalité que de jouer dans l'absolu, je trouve. Je n'exclus pas de faire un jour un film avec des super héros mais avec celui-ci, ce n'était vraiment pas ça.»

Ce choix de base a justifié son approche cinématographique qui privilégie une reconstitution très réaliste de l'époque et un style sobre. «Il y a des scènes plus spectaculaires qui reflètent un peu de mon style mais pour moi, l'histoire dicte l'approche du réalisateur. Avec une histoire aussi forte, je me devais de me poser comme un simple observateur. D'autant qu'avec un budget de moins de 5 M $ et avec une reconstitution aussi minutieuse des décors, je n'avais pas non plus les moyens de m'éclater énormément mais il reste que c'est ça qui convenait au film.»

«Le public me dira si j'étais dans l'erreur ou pas.»

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