Nos ministres groupies de nos maires?

La ministre Julie Boulet forme presque un tandem... (Stéphane Lessard)

Agrandir

La ministre Julie Boulet forme presque un tandem avec son homologue fédéral, François-Philippe Champagne, et l'apothéose des annonces de participations financières gouvernementales dans des projets municipaux a été atteinte cette semaine, notamment avec l'annonce d'une marina à Shawinigan.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) CHRONIQUE / Depuis le début de l'année, le ministre fédéral François-Philippe Champagne se promène à travers la Mauricie, mais principalement dans ses terres de Saint-Maurice-Champlain, avec un chéquier dont le compte se révèle particulièrement bien approvisionné.

C'est pas comme les chèques de paie des employés de son gouvernement. On n'a pas su qu'il y en avait un qui aurait rebondi. Il est vrai que les annonces se font un jour et la sortie de l'argent, beaucoup plus tard.

Personne ne le lui reprochera, mais c'est par quelques dizaines de millions $ qu'il faut maintenant évaluer la générosité fédérale qui est tombée de ses mains. C'est cela qu'on attend d'un élu, davantage encore s'il est élevé à un rang ministériel et qu'il est présumé être dans les bonnes grâces de son chef, de son caucus et de l'appareil gouvernemental.

Ce qui ne gâte rien, c'est que le provincial suit avec d'aussi gros dollars. La ministre Julie Boulet forme presque un tandem avec son homologue fédéral et l'apothéose des annonces de participations financières gouvernementales dans des projets municipaux a été atteinte cette semaine.

Vendredi encore, on confirmait une aide financière significative dans la remise à niveau d'infrastructures touristiques à Batiscan. Pour diverses raisons, on a aussi confirmé au cours des derniers mois des contributions conjointes fédérales ou fédérales-provinciales dans plusieurs petites municipalités de la Mauricie, comme Saint-Adelphe, Notre-Dame-du-Mont-Carmel, dans les communautés autochtones de la Haute-Mauricie, etc.

Mais c'est à Shawinigan et à La Tuque qu'on a atteint des sommets avec des participations costaudes dans des projets de branchement à Internet haute vitesse pour La Tuque et une couverture cellulaire sur une grande partie de la 155 nord et dans le complexe récréotouristique d'une super-marina à Shawinigan. 

C'est partout un sacré coup de pouce qui a été apporté aux maires sortants à l'approche des élections municipales qui auront lieu le 3 novembre. Ça tombe électoralement on ne peut mieux pour eux.

Bien sûr, on a vu que les troupes québécoises de Philippe Couillard ont ratissé le Québec tout l'été en multipliant les annonces d'aides gouvernementales. On comprend qu'on sente déjà le besoin de mettre la table en prévision des élections de l'an prochain. Quand on regarde le taux d'insatisfaction persistant à l'endroit du gouvernement, il peut apparaître impérieux pour leur part de commencer dès maintenant à cultiver les sympathies électorales.

Il reste qu'on n'est quand même pas dans l'année des élections provinciales. C'est encore moins le cas pour le fédéral dont les élections auront lieu dans deux ans. 

Bien sûr, les grands projets, comme ceux de La Tuque et de Shawinigan, sont annoncés maintenant, mais leurs mises en chantier ne se feront qu'à partir de l'an prochain et leur inauguration, en 2019, année d'élections au fédéral. 

Les maires peuvent quand même espérer faire du chemin électoral avec leurs projets puisqu'ils ont l'air plus concrets et sont fortement subventionnés aux deux tiers par les deux gouvernements. Mais rien n'obligeait l'un ou l'autre des gouvernements supérieurs à dire oui... maintenant et à promettre d'en assumer chacun le tiers des coûts.

Est-ce qu'on peut soupçonner une petite complicité entre nos deux ministres et certains maires de la Mauricie? La couleur politique préférentielle du maire Normand Beaudoin, de La Tuque, n'est pas d'un rouge criard, mais elle est connue. Quant au maire Angers, il avait plus ou moins discrètement soutenu la candidature libérale de François-Philippe Champagne et on doit lui découvrir une nouvelle grande cordialité avec la ministre Julie Boulet. Les deux ministres l'ont encensé cette semaine, en louant son audace et sa vision. Ça fait appui politique assez formel, presque groupie. 

Le message, finalement, même pas subliminal, c'est regardez comment ça va bien quand on s'entend. Alors, ne changez rien cet automne si vous voulez que ça continue de bien aller.  

Les autres maires de la Mauricie profitent-ils du même élan d'affection? 

On n'a pas encore vu le ministre Champagne se mouiller dans le dossier d'une usine de production de cannabis de 100 millions $, par un groupe encore inconnu, un projet cher au maire Yvon Deshaies, qui ferait de Louiseville une capitale du pot thérapeutique. 

Il est vrai que Louiseville est dans Berthier-Maskinongé, une circonscription néo-démocrate. Un facteur qui jouerait? Le maire Deshaies n'est parfois pas loin de le penser et de le dire. Quoiqu'on ne sache pas où il se loge politiquement, lui qui admire Donald Trump.

Trois-Rivières est aussi néo-démocrate au fédéral. Il y a quand même eu plusieurs annonces d'aide gouvernementale par le fédéral, mais pas vraiment dans des dossiers municipaux sur lesquels le maire Yves Lévesque se serait peinturé.

Il est vrai qu'avec quelques bonnes annonces du secteur privé dans Trois-Rivières sur Saint-Laurent ou au District 55, et avec le nouveau colisée dont on fera bientôt la levée symbolique de la première pelletée de terre, Lévesque a moins besoin politiquement des chaleureuses accolades ministérielles distribuées plus haut sur la rivière.

Dans le passé, Québec tenait jalousement éloigné le fédéral des dossiers des municipalités, ses créatures. Ce n'est plus le cas. On n'invoque plus jamais l'ingérence fédérale. Au contraire, on avance main dans la main. Et, en cette année de grand rendez-vous électoral au municipal, il ne se trouvera pas de maires sortants dans la région pour se plaindre de quoi que ce soit.

Ça tombe donc ben!

Coup de coeur

C'est le bon week-end pour redécouvrir les beautés naturelles de la Mauricie avec la Classique internationale de canots. 

Coup de griffe

Air Transat: Ça devait ressembler un peu à ça une prise de contrôle d'avion par des terroristes. Tout le monde se la ferme. Pas de nourriture. Pas d'eau. Pas d'air.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer