Mayweather-McGregor? Non, Lévesque-Labeaume!

Régis Labeaume... (Le Soleil)

Agrandir

Régis Labeaume

Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Qu'est-ce que vous admirez le plus à Trois-Rivières?», avait-on demandé à Régis Labeaume. «Votre maire», avait-il répondu du tac au tac, sans l'ombre d'une hésitation.

Le maire Yves Lévesque... (Sylvain Mayer) - image 1.0

Agrandir

Le maire Yves Lévesque

Sylvain Mayer

C'était en 2009...

On se doute que l'opinion du maire de Québec sur son homologue Yves Lévesque, à Trois-Rivières, a radicalement changé et que c'est le genre de questions qu'il ne faudrait plus lui poser sans risquer de provoquer un violent orage verbal.

On savait qu'il fallait attendre la mi-août pour que la fièvre électorale municipale manifeste ses premiers vrais signes d'emballement.

Ceux qui ont déjà annoncé leurs couleurs n'en peuvent plus de vouloir gagner le champ de bataille et les autres faux hésitants de mettre un terme à leur prétendue réflexion pour enfin céder aux «multiples pressions» dont ils assurent avoir fait l'objet pour annoncer leur candidature. 

On le constate un peu partout dans la région. Les candidatures se multiplient et les attaques contre les adversaires, surtout contre ceux qui sont les «sortants», fusent de toutes parts, y compris dans les lettres d'opinion du journal. L'heure aux vieux règlements de comptes est arrivée.

Le grand branchement électoral est bel et bien parti, mais on ne se serait jamais attendu à ce qu'on assiste à des affrontements verbaux entre maires comme on en a vus cette semaine entre Régis Labeaume et Yves Lévesque. 

On ne voit pas trop ce que chacun a à gagner de l'exercice. On peut reconnaître que c'est Labeaume qui s'est permis de porter les premiers coups, et à deux reprises plutôt qu'une. D'abord, on le sait, en suggérant à la Meute et à leurs opposants d'aller s'affronter ailleurs que dans sa ville, comme à Trois-Rivières ou à Lévis.  

Labeaume a eu beau prétendre qu'il badinait, qu'il était simplement un peu sarcastique, ce n'était quand même pas un hasard qu'il ait désigné Trois-Rivières et Lévis. La preuve en a été qu'en réponse à Lévesque, qui lui avait quand même répliqué assez mollement, il a beurré encore plus épais en disant que celui-ci en avait profité pour exhiber ses «petits pectoraux préélectoraux». 

La formule ne manquait pas de couleur, mais elle était périlleuse pour Labeaume. Si dans sa grandeur, il ne s'en est pas encore rendu compte, il est plutôt petit de taille et qui sait de quel jeu de mots dont il aurait pu être affublé en faisant rimer genre Petit Régis avec une pièce de son anatomie. Heureusement pour lui, Lévesque n'a pas de grandes agilités littéraires. On ne le voit pas souvent au Festival international de poésie de Trois-Rivières alors que justement, Labeaume s'est déjà vanté d'apprécier l'événement et d'y avoir participé en quelques occasions.

C'était avant sa montée sur le trône de Québec.

On peut bien se demander quand le charme s'est brisé entre les deux hommes, qui semblaient sortis du même moule populiste, qui se donnaient des accolades, qui se vantaient mutuellement. 

Il n'y a pas dix ans, Labeaume avouait adorer la «main» de Trois-Rivières parce que ça y «swignait», se proposait d'assister au Grand Prix de Trois-Rivières, de revenir au Festival de poésie et peut-être même au Festivoix parce qu'on y avait programmé Creedence Clearwater... «Je pensais qu'il était mort».

Le maire de Québec recevait alors à son hôtel de ville une délégation du 375e dirigée par Yves Lévesque et promettait de faire tout ce qu'il pouvait pour contribuer au succès de l'anniversaire de Trois-Rivières. 

On ne le verra finalement pas au Festivoix et on ne le reverra pas davantage au Grand Prix, où Lévesque avait promis de l'inviter, pas plus qu'au Festival de poésie.

Il faut dire qu'en même temps que le maire de Québec était tout éloge pour Trois-Rivières et son maire «adoré», il avait causé une certaine frustration à la délégation trifluvienne. Il était arrivé en coup de vent à la rencontre prévue le matin pour la repousser dans l'après-midi. 

Il s'en excusa en invitant tout le monde à manger «sur son bras» au Château Frontenac. Sauf que l'organisation de Trois-Rivières avait investi quelques dizaines de milliers de dollars dans la présentation qu'elle devait faire qui ne put être reproduite dans l'après-midi. Mais on resta poli.

C'est probablement deux ans plus tard à Trois-Rivières que le grand froid s'est installé entre les deux hommes. 

Dans les corridors du Delta où se réunissaient les maires de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, Régis Labeaume s'était mis à vociférer à tue-tête après avoir quitté une séance de travail parce qu'il était en désaccord avec une résolution qui venait d'être adoptée.

Lévesque se permit d'aller le sermonner dans sa chambre en lui reprochant de traiter avec suffisance et désinvolture les 200 maires présents. C'était devenu du lèse-majesté. Le geste n'a pas été fait, mais dans leur tête, on peut être certain que cela a fini par des «fingers» réciproques.

On ne s'est pas étonné de leur échange aigre quelques années plus tard quand Lévesque a tenu Labeaume, en raison de son ton provocateur, responsable du climat acrimonieux qui sévissait dans les relations avec leurs syndicats dans plusieurs villes du Québec sur la question des fonds de pension.

Depuis, on rate peu d'occasions de se distribuer quelques mornifles. En général, Labeaume semble plus prompt que Lévesque à distribuer des jabs. Bien que dans son esprit, c'est Lévesque qui a porté les premiers coups.

«Je l'ai encore sur le coeur» avait-il dit en 2015, sur la place de l'Hôtel-de-ville de Trois-Rivières, où, avait-on commenté, il était venu narguer Lévesque.

On pourrait toujours demander un avis au Doc Mailloux sur les conflits de personnalité des deux hommes ou même ramener Clotaire Rapaille pour qu'il nous dévoile enfin le Code de Québec... On va plutôt laisser aux électeurs municipaux de coter cet automne le bulletin de leurs maires.

Coup de coeur

À Réjean Ducharme, parce que c'est au Nouvelliste qu'il accorda, en 1968, même si c'était avec réticence, l'une des très rares entrevues qu'il ait consenties dans sa vie... prouvant alors au monde que cet avalé des avalés existait bel et bien. 

Coup de griffe

Il faudrait peut-être prêter aux négociateurs canadiens de l'ALENA le bâton de baseball que George W. Bush avait offert à Jean Chrétien pour qu'ils s'en servent comme argument. De la façon dont ils jugeront utile de le faire.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer