L'été trifluvien dans tous ses états

Le GP3R est débuté.... (Olivier Croteau)

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Le GP3R est débuté.

Olivier Croteau

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Catherine Paquette fait valser ses doigts sur son piano et Maude Fréchette l'accompagne en faisant chanter son violon.

Sur la Place Pierre-Boucher, une trentaine de chaises trouvent presque toujours preneurs pour profiter de ce léger concert en plein air. À la qualité de leur exécution, on comprend qu'elles étudient au Conservatoire de musique.

À quelques pas de là, les fontaines d'eau multicolore qui enserrent le flambeau grésillent et les cris des enfants qui y pataugent entrent en légère concurrence avec les mélodies classiques de nos musiciennes.

C'est comme ça. On aurait pu y croiser un saltimbanque, admirer les prodiges d'un magicien, s'éclater de rire devant les gaffes bouffonnes d'un clown généreusement malhabile. À chaque tournant sa surprise.

L'été va bien à Trois-Rivières. À moins que ce ne soit plutôt Trois-Rivières qui va bien à l'été.

Alors que vient de s'amorcer le premier week-end du Grand Prix de Trois-Rivières, il est difficile de ne pas constater que la ville est probablement en train de connaître la plus grande effervescence estivale qu'elle n'a jamais connue. 

Si ce n'est qu'en affluence touristique, elle est bien partie pour fracasser tous ses records passés. 

Partout où cela peut se mesurer, comme à l'Office de tourisme ou dans les restaurants ou les hébergements, tous à capacité constante et souvent à des tarifs ascenseurs, c'est l'explosion des demandes. De ce côté, Trois-Rivières est sold out, ou si vous préférez, à guichets fermés.

Depuis quelques années, les choses fonctionnent plutôt rondement l'été à Trois-Rivières. Mais cette année, il est facile de constater qu'on est entré dans une certaine démesure.

C'est comme ça depuis le début de la saison. Tous les événements ont généré jusqu'ici leur plein potentiel. On a eu beau se plaindre d'un printemps particulièrement pluvieux, le temps s'est quand même jusqu'à maintenant permis une certaine complicité. Il a fait beau et parfois plus que beau chaque fois que nécessaire.

On l'a vu en juin avec le Festival international de Danse Encore qui a permis à Claire Mayer de dresser un bilan très positif de son événement. Cela s'est répété avec le FestiVoix qui est allé presque tous les soirs aux limites de ses capacités d'assistance.

Les nuages se sont aussi dispersés quand les grands voiliers et la frégate NCSM Toronto de la Marine royale canadienne sont venus passer le week-end au port. 

Le succès trifluvien s'est poursuivi et imposé dès la première de Stone, un hommage à Luc Plamondon du Cirque du Soleil. 

À sa troisième saison, il faut admettre l'énorme contribution à l'économie touristique que génère le Cirque du Soleil, d'autant plus que ses représentations s'étalent sur plus d'un mois à raison de quatre soirs par semaine. Cela apporte beaucoup de consistance à l'offre touristique de Trois-Rivières. 

Le Cirque a fait une différence. Il est probablement venu concrétiser tous les efforts consentis jusque-là pour faire de Trois-Rivières une destination touristique courue. Comme le thème du spectacle change à chaque année, des milliers de personnes s'y sont abonnées. On y revient chaque année. Mais cela reste un jalon majeur par-dessus une série de jalons posés au fil des ans. 

Qu'on pense au Grand Prix de Trois-Rivières qui célèbre présentement ses 50 ans d'existence. L'événement qui était presque devenu un trademark pour Trois-Rivières tellement il est connu et reconnu dans le monde de la course automobile nord-américaine s'offre maintenant un rayonnement international avec le rallycross qui sera diffusé dans 155 pays. 

Lui a aussi ses irréductibles. Et ils se comptent par milliers. À lui seul, le Grand Prix faisait en sorte que tout l'hébergement régional était requis pour accueillir ses adeptes et il en manquait. On peut se demander comment les choses vont se passer durant les deux prochaines semaines avec le Cirque du Soleil qui va continuer de faire salle comble avec un très fort pourcentage de spectateurs qui proviennent de l'extérieur et le Festival de l'Assomption qui se glisse au travers avec ses milliers de pèlerins. Ça serait sans doute mal indiqué de dire que ça sera «l'enfer», mais on se demande bien comment tout le monde va parvenir à se loger.

On est mieux de s'habituer, car Trois-Rivières en Blues va suivre et tout laisse croire qu'il sera à l'image de ce qu'a été l'été trifluvien. 

Avec plein d'autres événements comme le Britishow, on va se rendre au week-end de la fête du Travail sans s'en être aperçu, pour se régaler sans réserve aux Délices d'automne et applaudir à l'arrivée des compétiteurs de la Classique internationale de canots de la Mauricie qui nous promet cette année de faire la fête avant l'arrivée des canotiers. 

Les événements sont là pour donner un prétexte aux touristes de venir passer un moment à Trois-Rivières. Le succès sera assuré si ces séjours sont appréciés au point qu'on ait hâte d'avoir une occasion de revenir dans la ville.

Or, c'est ce qui se passe. Les commentaires des visiteurs à l'endroit de Trois-Rivières sont très élogieux. Le charme de la ville avec son centre-ville, son animation, son parc portuaire, sa rue historique des Ursulines, ses musées, ses scènes, ses galeries d'art et son gigantesque amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, opère.

Trois-Rivières serait devenue glamour. On le croirait presque. 

Elle est loin aujourd'hui cette image de déclin que la ville avait traînée durant les années 1990 avec la fermeture de la PFCP. 

La ville s'est embellie de partout et aux yeux de ceux qui l'ont déjà fréquentée, elle leur apparaît transformée, méconnaissable. Pour ceux qui la découvrent, c'est une heureuse trouvaille. 

On peut se demander si on ne pulse pas l'été dans l'air trifluvien quelques fragrances grisantes qui induiraient, tant chez les visiteurs que chez les Trifluviens eux-mêmes, cette indolence bienheureuse qu'on les devine transporter.

Coup de coeur : Au grand chef du Conseil de la nation Atikamekw, Constant Awashish, pour la sagesse dont il fait preuve. 

Coup de griffe : Selon Statistique Canada, le Canada est devenu plus bilingue... parce que le Québec est plus anglophone. Cherchez l'erreur!




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