Quand la région se fait «in the navy»

Le NCSM Toronto... (François Gervais)

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Le NCSM Toronto

François Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Le château Frontenac est à terre. Le maire Labeaume est mort. Québec capitule.»

Compte tenu des résultats, le maire Yvon Deshaies de Louiseville a immédiatement prévenu qu'il prenait possession de la capitale et qu'il l'intégrait sur-le-champ à sa ville.

En commentant ainsi, avec tout l'humour dont il est capable, la puissante canonnade de vingt et un coups du NCSM Toronto, à son arrivée devant la ville de Québec, le maire de Louiseville a déridé toute la délégation régionale qui prenait place à bord de la frégate de Marine royale canadienne.

Si le Toronto a signalé ainsi son arrivée, ce n'était évidemment pas pour détruire la ville, pas même des coups de semonce. Au contraire. Les vingt-et-un coups de canon signifiaient que le navire en était à sa vingt-et-unième visite de la ville et pour chaque coup tiré de sa part, un coup de canon répliquait à terre.

C'est une vieille tradition militaire. Pour démontrer ses intentions pacifiques, un navire armé qui arrivait autrefois devant une ville devait vider son armement pour prouver qu'il ne représentait pas un danger. En contrepartie, on devait faire la même démonstration à terre. On se désarmait mutuellement.

Quand le navire a largué ses amarres mardi matin, après une escale de quatre jours à Trois-Rivières, une délégation d'une quarantaine de personnes de la région avait déjà pris place sur le vaste pont arrière.

En quelques occasions dans l'année, les Forces canadiennes organisent ce genre de visites afin de sensibiliser, en particulier le milieu des affaires, mais aussi politique, aux responsabilités qui sont confiées aux réservistes qui sont ou qui peuvent devenir d'excellents employés dans le civil.

Si certains réservistes sont des étudiants sur le point d'entrer dans le marché du travail, beaucoup occupent déjà un emploi. Ce sont des ingénieurs, des magasiniers, des gestionnaires, des mécaniciens, des fonctionnaires qui une fois par année deviennent de véritables militaires accomplissant des tâches de militaires. 

Ce n'est pas la première fois que des gens de la région sont appelés à vivre une telle expérience et que la délégation régionale qui était montée à bord du Toronto pour le trajet Trois-Rivières-Québec était si importante. 

C'est que depuis une douzaine d'années, le président pour le Québec du Conseil de liaison des Forces canadiennes responsable d'organiser ces événements est un Trifluvien, Jean Fournier.

L'escale trifluvienne du NCSM Toronto a été très appréciée car il a été visité par quelques milliers de personnes. Il faut dire que le bâtiment, amarré au quai en même temps que l'Europa, un superbe bateau de croisière et six grands voiliers, s'est révélé extrêmement populaire. 

Ce qu'on ne savait pas, c'est que la frégate devait en principe quitter Montréal et se rendre directement à Québec pour l'arrivée des grands voiliers. C'est le NCSM Québec qui devait venir à Trois-Rivières, pendant seulement deux jours. Mais le navire a éprouvé des ennuis mécaniques qui l'ont forcé à annuler son engagement trifluvien. 

Il a fallu que le président Fournier exerce toute son influence pour qu'on accepte à la dernière minute de remplacer le Québec par le Toronto. 

Ces visites portuaires de la marine canadienne sont organisées dans le contexte du 150e anniversaire de fondation du Canada.  

Au cours du trajet, les invités à bord ont été conviés à des séances d'information sur le fonctionnement du navire, à différents endroits stratégiques. Si le poste de pilotage est toujours un lieu apprécié, entre autres pour la vue qu'on y a sur le fleuve, c'est la salle de commandement qui reste la plus impressionnante.

Bien protégée, au coeur du navire, la  salle renferme en fait deux postes de commandement, selon que le bateau doit intercepter une torpille ou un missile qui le menace.

Comme l'ensemble des forces navales canadiennes, le Toronto a plus une mission de défense que d'attaque. Certes, après un an et demi de travaux de modernisation, il est loin d'être mal équipé. Le bâtiment a plus de vingt-cinq ans, mais son armement est ultramoderne. Il est d'ailleurs encore en ce qu'on appelle «en montée en puissance», ce qui veut dire qu'on va atteindre les standards internationaux les plus élevés en matière d'équipements.

Certes, il est interdit de photographier certaines zones sensibles et il faut même abandonner son cellulaire avant d'entrer dans la salle de commandement. On s'étonne quand même du peu de secrets qu'on fait de l'armement installé à bord, même du type, du nombre et de la portée des torpilles et des missiles dont on dispose, comme des mitraillettes et autres canons.  

Les espions n'ont pas à se casser la tête car ces renseignements sont disponibles sur le web. 

Il faut dire que la marine militaire canadienne remplit rarement des missions de combat. 

Il peut arriver que des navires soient déployés à l'étranger, lors d'opérations multinationales, en général sous l'égide de l'OTAN, comme ce fut le cas pour le Toronto en 2013, en mer d'Oman ou en mer Noire, l'année suivante, quand il a été survolé par un chasseur russe. 

Depuis Halifax, son port d'attache, le Toronto navigue sur l'Atlantique où il est principalement affecté à la surveillance territoriale du Canada.

Il lui appartient de faire respecter les interdictions, lorsqu'il y en a, mais aussi d'empêcher la contrebande par voie de mer ou d'expulser des chalutiers étrangers qui viennent parfois pêcher illégalement dans les bancs poissonneux des eaux territoriales canadiennes.

Le Toronto possède une équipe d'interventions très bien formée et particulièrement bien équipée pour procéder à des arrestations ou à des arraisonnements. La démonstration qui en a été faite sur le navire a été à cet égard très convaincante.

Les vingt-et-un coups de canon, avec l'épaisse fumée qui sortait de la bouche des deux canons du Toronto, marquaient la fin de la croisière pour la délégation régionale.

Rassurez-vous. Québec n'a pas capitulé. C'est plutôt les visiteurs qui ont déposé leurs armes devant sa beauté, vue du fleuve. 

Le maire Deshaies ne pourra donc pas remplir sa promesse et annexer à Louiseville la capitale québécoise.

Coup de coeur

Tout n'est pas perdu. ÉducAlcool nous prévient que le comportement des buveurs de la région, du sud comme du nord, pourrait être différent quand l'étude de 2015 à laquelle on faisait référence la semaine dernière sera mise à jour dans les prochains mois.

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Difficile de ne pas donner un coup de chapeau bien bas au Cirque du Soleil, qui nous apporte l'été, puisqu'il nous est arrivé justement avec le soleil, et qui rend stone tous ses spectateurs.




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