Bécancour: campagne philosophique?

Jean-Guy Dubois... (Stéphane Lessard)

Agrandir

Jean-Guy Dubois

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Le rêve fait avancer, mais on n'avance pas en rêvant.»

C'est cette réflexion, souvent prononcée à l'époque par René Lévesque, qui concluait le feuillet d'informations schématiques sur ses accomplissements, son état de santé et d'esprit actuel et sur une esquive de ce que sera l'avenir rapproché, tel qu'il l'entrevoit, qu'a remis mercredi aux journalistes le maire Jean-Guy Dubois.

Peut-être le maire de Bécancour, qui nous a souvent habitués aux grandes et petites citations comme «bien faire et laissez braire» voulait-il apporter un caractère subliminal à l'annonce de son intention de solliciter un nouveau mandat à la direction de sa ville.

On doit dire que dans le genre philosophique, il s'est plutôt surpassé en citant l'économiste allemand Klaus Schwab et en invitant par la suite les journalistes à relire, en présumant qu'ils l'ont déjà lu, Franz Kafka.

Ajoutez à cela une gestuelle qui figure les courbes de l'obsolescence humaine et de la jeunesse qui se juxtaposent dans son cas d'une façon positive, et on aurait pu se demander si on n'assistait pas à une session privilégiée d'un cercle philosophique.

Qu'on se rassure. Si les images se voulaient un peu recherchées, c'est seul et dans la plus grande des simplicités que Jean-Guy Dubois a confirmé, au foyer du lobby de l'Auberge Godefroy, son désir d'effectuer un autre et, a-t-on pu comprendre, fort probablement dernier mandat à la mairie de Bécancour. Si bien sûr, son souhait est exaucé par ses électeurs. 

Car il y aura bataille à la mairie de Bécancour. La directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Martine Pépin ne fait pas cachette de ses intentions d'aller au front municipal.

Son annonce publique devra se faire dans les prochains jours. Il sera intéressant de connaître ses appuis et d'où viennent les fondements de l'opposition au maire sortant, qui s'était lancé en campagne en 2013 entouré d'une puissante équipe, en particulier à caractère économique.

Il faudra voir s'il y a des transfuges... 

Avec ses récentes positions, dont son refus récent de permettre tout nouveau forage par fracturation hydraulique afin de trouver du gaz sur le territoire de Bécancour, Jean-Guy Dubois s'est certainement allié les écolos de sa ville... ce qui est moins évident du côté de la Chambre de commerce où on se retrouve presque toujours en porte à faux avec ceux-ci, pour des raisons faciles à comprendre.

Or, non seulement le maire Dubois fera plaisir aux environnementalistes en battant campagne à bord d'une silencieuse voiture à propulsion électrique, mais il se proclame maintenant plus vert que les verts... ou presque. Il rêve tout haut de son parc technologique environnemental et ne cache pas qu'il voit dans Bécancour, une «green country». 

Schwab, le fondateur de la Fondation World Economique Forum de Davos, apparaît déjà dépassé avec sa quatrième révolution industrielle, celle des nanotechnologies et de l'intelligence artificielle qui est en train de se mettre en place. 

«On est déjà rendu à la cinquième révolution», estime le maire de Bécancour. «Moi, je suis déjà rendu là», insiste-t-il. C'est la révolution de l'environnement. Elle est à son avis irréversible et il faut s'y précipiter sans hésitation.

Cela veut-il dire qu'on verra Jean-Guy Dubois militer dans les rangs écolos et partager leurs oppositions systématiques à tous les grands projets industriels qui n'en finissent plus de ne jamais aboutir dans le parc industriel et portuaire de Bécancour? 

S'il est rendu dans la 5e révolution, son affirmation verte ne va pas jusque-là. 

Au contraire, le maire de Bécancour ne cache pas son exaspération dans les délais qui n'en finissent plus et les lourdeurs réglementaires qui font que le moindre projet industriel prend six, sept ou même huit ans avant d'obtenir toutes les autorisations requises à sa réalisation. Des délais attribuables à des excès de fonctionnarisme qui font que la plupart des grands projets industriels agonisent dans leur long chemin.

D'où sa référence kafkaïenne. Dans Le Procès, un des grands romans de Kafka, l'accusé, dont la culpabilité est acquise, ne pourra jamais vraiment se défendre, car il ne saura jamais de quoi au juste on l'accuse. Il finira même par mourir sans savoir ce qu'on lui reprochait. Il était forcément coupable de quelque chose, puisqu'il était accusé. Mais de quoi?

C'est un peu ce qui se passe avec tous les grands projets. Ils sont sûrement coupables de quelque chose à l'encontre de l'environnement.

Est-ce que la campagne à la mairie de Bécancour sera caractérisée par un ton philosophique? C'est possible, mais c'est peu probable. 

Il devrait y avoir un peu de mordant dans les débats. Car il y en aura. À la Chambre de commerce... ou ailleurs. 

Coup de griffe

Maintenant qu'Hydro-Québec devra retourner à ses abonnés les trop-perçus qu'elle leur aura collectés, est-ce que la société d'État va en planifier autant que dans le passé? Hum... 

Coup de coeur

Souhaitons qu'André Drouin ait amené avec lui un exemplaire de son Code de vie d'Hérouxville... au cas où!




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer