Quand Bob est raisonnable

Robert Trudel... (Sylvain Mayer)

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Robert Trudel

Sylvain Mayer

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Mon job est fait. Et plutôt bien fait. Maintenant, faites le vôtre.»

Le message du directeur général de la Cité de l'énergie, Robert Trudel, adressé cette semaine aux élus de la région, tant de Québec que d'Ottawa, était on ne peut plus clair et précis.

Ce n'est pas compliqué. Robert Trudel a besoin de 900 000 $ pour compléter le financement qui sera nécessaire pour renouveler le spectacle multimédia et l'exposition permanente à la Cité.

Ce n'est pas que l'offre actuelle manque d'intérêt. Bien au contraire. On sort de l'expérience toujours ébloui. On est dans la qualité world class, ce qui est requis pour le niveau de lieu et d'attrait auxquels appartient et doit se référer un complexe touristique comme celui de la Cité de l'énergie.

Mais quand on a fait cinq ans avec une présentation, même si elle est exceptionnelle, il faut en concevoir une nouvelle, si l'on veut que les dizaines de milliers de visiteurs annuels qui ont été satisfaits trouvent prétexte à y revenir. 

Un sondage réalisé en 2010 par Léger Marketing avait démontré un niveau d'appréciation de la part des visiteurs qui approchait de la perfection, soit près de 100 %. Difficile de faire mieux. La Cité livre la marchandise.

L'actuelle exposition permanente et le spectacle multimédia (très multisensoriel, en passant) en seront cet été à leur 9e année. On n'exagère donc pas en jugeant que le temps est plus que venu de mettre en place un nouveau concept, qui s'appellera Énergia et dont les contours sont déjà bien définis.

En réclamant pour son nouveau projet une contribution de 400 000 $ du ministère québécois de la Culture et de 500 000 $ de Patrimoine Canada, la Cité de l'énergie demeure plus que plus raisonnable. C'est à peine 30 % des 3 millions $ qui seront nécessaires à sa réalisation qui sont attendus de la part des gouvernements.

«Je ne leur demande pas des subventions. Je demande aux deux gouvernements de devenir des partenaires de la Cité», soutient Robert Trudel.

Partenaires? Ça demande explication... 

Le calcul du directeur de la Cité est simple. Avec trois millions $ en achats et en travaux, les gouvernements vont percevoir en impôts sur les salaires et en taxes de vente, TPS et TVQ, autour de 900 000 $. «C'est ce que je leur demande d'investir», dit-il, pour justifier sa notion de partenariat.

Bien sûr, durant les huit ou dix années qui vont suivre, ces mêmes gouvernements vont continuer de retirer des avantages économiques, en taxes sur les ventes de la Cité et en impôts sur les salaires des employés, mais aussi sur toutes les retombées générées par les visiteurs en dépenses de logement, de restauration, d'achats multiples.

Car la Cité s'est révélée au cours des vingt dernières années, avec les trois millions de visiteurs qu'on y a accueillis, un puissant moteur touristique pour Shawinigan et la région. Au Centre-de-la-Mauricie, c'est sans contredit l'attrait touristique numéro 1. 

C'est d'ailleurs ce qu'avait confirmé le sondage de Léger Marketing en attribuant à la Cité 80 % des touristes qui s'arrêtent à Shawinigan.

On peut comprendre que le maire Michel Angers ait accepté de verser en cinq ans un total de 500 000 $ pour permettre à la Cité de renouveler son exposition permanente pour la saison 2018. Et pour envoyer le signal aux gouvernements supérieurs que le milieu tient à la Cité et le leur prouver en consentant un effort ponctuel d'importance compte tenu des capacités financières limitées de Shawinigan, un effort qui est aussi élevé que ce qui est attendu de chacun des gouvernements.

Une autre façon de démontrer l'attachement que les gens de la région ont envers la Cité serait assurément de la fréquenter un peu plus. La Cité est sans conteste un bon «towing touristique», car 85 % de sa clientèle vient de l'extérieur de la région. C'est de l'argent neuf qui est répandu à Shawinigan et dans le reste de la Mauricie.

Il ne viendrait cependant pas moins de visiteurs de l'extérieur si les gens du coin, qui sont pourtant fiers de cet équipement, choisissaient d'en profiter davantage. «Les Shawiniganais doivent s'approprier la Cité», a exhorté le maire Angers. 

C'est vrai que s'ils n'y vont pas davantage, ils manquent quelque chose. C'est un joyau, qui se défend parmi les meilleurs attraits touristiques du Québec, et qui est dans leur cour. 

Il est vrai que cela se passe aussi comme ça ailleurs. 

Il reste une saison à l'actuel spectacle multimédia et à l'exposition permanente en cours. 

L'an prochain, si Bob gagne son pari, et on serait bien étonné qu'il ne le remporte pas, quand on connaît toute son opiniâtreté, sa pugnacité même, il sera trop tard. 

Il y a aussi que la Cité célébrera cette année ses 20 ans. Un tel anniversaire, ça doit aussi se fêter en famille.

Coup de griffe

Les quêteux endimanchés de Bombardier ont fait perdre beaucoup d'altitude à leurs avions. Il est vrai que quand on n'a pas de hauteur soi-même, ça doit être difficile d'en concevoir pour ses produits. Nous on crache, eux qu'ils crashent. 

Coup de coeur

On peut bien avoir la méfiance de l'uniforme, davantage quand c'est celui d'un policier, on va quand même regretter le départ du relationniste de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Michel Letarte.




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