Économie: et si 2017 vengeait 2016

Plusieurs grands chantiers vont entraîner des investissements majeurs... (François Gervais)

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Plusieurs grands chantiers vont entraîner des investissements majeurs à Trois-Rivières dont au port de Trois-Rivières.

François Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand on regarde dans le miroir pour passer en revue l'évolution de l'économie régionale en 2016, il faut bien se résigner une fois de plus à mettre de côté les statistiques économiques qui nous rappellent que le grand décollage tant attendu ne s'est pas encore produit.

On avait prédit que 2016 allait d'abord être au début une année de transition qui allait rapidement évoluer vers une économie en accélérée. Si la table apparaît de nouveau mise, ce sera pour 2017, qui s'annonce déjà remplie de promesses, dans la mesure où ce qui est prévu se concrétise.

Les grandes déceptions de 2016 sont surtout venues du côté de Bécancour avec la mise sur la glace, mais malheureusement dans une bonne épaisseur de glace, de projets majeurs comme celui d'IFFCO, de Stolt LNGaz et, dernière grande déception, du projet de stockage de gaz liquide de Gaz Métro pour la relance, en période des pointes hivernales en demande énergétique d'Hydro-Québec de la centrale thermique de TransCanada Énergie. 

L'amertume a été d'autant ressentie dans ce dernier cas qu'après avoir été privilégié par Hydro-Québec et approuvé par le BAPE,  l'organisme de réglementation environnementale du Québec s'est ravisé sous la pression des groupes d'écologistes et a bloqué le projet.

Sans aller jusqu'à dire que le grand parc industriel et portuaire de Bécancour est devenu une vraie farce, il faut bien constater qu'on n'y arrive systématiquement plus à mener un projet à terme. 

La lourdeur réglementaire du Québec ajoutée aux interventions structurées, spectaculaires et très médiatisées des groupes environnementaux ne sont pas uniquement en cause, mais elles occasionnent des délais qui ruinent souvent les grands projets industriels, parce qu'ils peuvent faire exploser leurs coûts de réalisation, rendre leur financement plus difficile ou simplement faire en sorte que le marché pour le produit que l'on se proposait de fabriquer devienne moins propice. 

C'est ce qui a été vécu à Bécancour. Rassurons-nous, il reste encore de bons projets sur les tablettes comme Minéraux rares Quest, mais ce n'est pas encore cette année qu'on pourra agrandir jusqu'à Sainte-Gertrude, comme on le croyait il y a quelques années à peine, le parc de Bécancour.

C'est ce genre d'aléas qui explique peut-être que le Conference Board révise un peu à la baisse chaque année les perspectives, toujours positives, qu'il esquisse au départ pour la grande agglomération de Trois-Rivières et la Mauricie.

Il faut par contre reconnaître que malgré la morosité des statistiques, l'impression générale est que les choses vont beaucoup mieux dans la région. Il y a plus que de l'espoir, il y a des certitudes qu'on n'est pas loin d'un grand élan. On ne voit pas pourquoi il ne se produirait pas. Peut-être qu'on s'en tient trop, dans les analyses, à de vieux schèmes de référence. On attend un grand élément déclencheur, comme aurait pu l'être IFFCO ou Stolt LNgaz. 

Alors que les économies modernes se déploient bien autrement, les sources de développement sont plus diffuses, car elles passent par des entreprises de petites ou de moyennes tailles, moins visibles mais bien réelles et dont les expansions peuvent être surprenantes dans les faits. 

Si l'on ne s'en tient qu'au connu ou au déjà annoncé, si 2017 demeure une année de transition, elle sera plutôt solide.

De La Tuque à Trois-Rivières, en englobant Bécancour, il y aura dans la prochaine année beaucoup d'activités.

À Shawinigan, ça bouge déjà  beaucoup au Centre d'entrepreneuriat Desjardins. Le Digihub recèle de bonnes promesses et pour peu que CGI débloque quelques contrats, l'environnement économique pourrait changer rapidement. Il y a surtout que l'avenir du Centre fiscal, avec sa nouvelle vocation, est acquis, ce qui garantit de nouveaux investissements et plusieurs centaines d'emplois maintenus ou à être créés. 

Sans compter les potentiels que recèle Nemaska Lithium avec une première usine expérimentale de production d'hydroxide et de carbonate de lithium, des produits pour lesquels la demande mondiale est exponentielle.

Mais c'est à Trois-Rivières que la meilleure impression va se dégager. 

Plusieurs grands chantiers  comme celui de l'agrandissement du centre hospitalier (près de 50 millions $), ceux du port de Trois-Rivières (encore 50 millions $) ou la fin de travaux de transformation de la machine numéro 10 de Kruger (250 millions $) pour produire du carton vont se poursuivre pour une bonne partie de l'année. 

On assistera aussi à la mise en chantier du nouveau colisée de Trois-Rivières (une cinquantaine de millions $) et à la construction d'un centre de congrès et à l'ajout d'un nouvel hôtel au Delta Marriott (une autre cinquantaine de millions $).

Le groupe Olymel a pour sa part déjà annoncé, avec ses partenaires, un investissement de 80 millions $ à l'usine d'abattage de porcs de Yamachiche et en projette de nouveaux à La Fernandière, à Trois-Rivières. Au total, ce sera environ 500 emplois additionnels qui seront créés. C'est loin d'être négligeable.

Il faudra voir sur le plan commercial. Mais il fait aujourd'hui peu de doute que le Groupe Robin va donner un sens à son power center promis au pied du pont de Trois-Rivières. Après Mercedes-Benz, Ameublements Tanguay et un futur hôtel Holiday Inn, on sait qu'il reste d'intéressants prospects commerciaux dans les cartons du groupe de Saint-Hyacinthe. On devrait assister au grand déblocage commercial du District 55.

Il faudra voir ce qui va se produire sur le plan de la construction résidentielle. Car les promoteurs immobiliers ne cessent d'annoncer de prochaines mises en chantier de maisons ou de condos, même si la croissance démographique n'est pas encore explosive et que la SCHL, en raison des nouvelles restrictions d'accès au financement hypothécaire, prédit un certain ralentissement du marché.

Le promoteur Jean-Claude Fortin a déjà annoncé la construction d'une nouvelle phase devant contenir une centaine de logements et une vingtaine de condos à Place Belvédère.

Au District 55, l'entreprise Paris et frères s'est aussi engagée dans un immense développement de condominiums d'une centaine de millions $, étalé sur une dizaine d'années. 

Du côté est de Trois-Rivières, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, Construction Novatec prévoit mettre en branle sa Cité Nova, un colossal projet de 550 unités d'habitation.

En regardant tous ces projets qui vont être amorcés ou complétés durant la prochaine année, il est difficile de ne pas croire qu'un vent nouveau va souffler sur Trois-Rivières et dans toute la région... et qu'on va le sentir.

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