Ce sexe qui fait tomber les têtes

Gerry Sklavounos... (Archives La Presse Canadienne)

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Gerry Sklavounos

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nous venons de traverser une véritable semaine de c... Si encore on parlait de la météo automnale maussade qui nous est tombée dessus sans crier gare! Comme si avec le réchauffement de la planète, que l'on déplore socialement, mais dont on en apprécie tout autant socialement, mais hypocritement, les douces conséquences climatiques qu'elle nous génère, le mauvais temps ne devait plus se produire.

On a parlé, prioritairement et massivement dans les médias et dans les conversations de salon ou d'ailleurs, que de sexe. Il était devenu impossible, pour quiconque voulait s'intéresser un tant soit peu à l'actualité, de se soustraire du sujet. À croire que les grands réseaux médiatiques avaient tous muté ensemble, spontanément, pour se transformer en canal Bleu nuit en continuité.

Ils n'ont évidemment pas eu le choix.

Le mauvais exemple est venu de haut avec l'irrévérencieux candidat républicain à la présidentielle américaine, Ronald The Terrific Clown, pardon, lui là, Donald Trumptower, parce qu'il a tout haut: le toupet bleeché, le bec pincé, la langue fourchue, le menton napoléonien et... tout ce que vous inspirent ses histoires salaces.

Avec le dernier débat, il n'a fait que s'empêtrer dans ses aventures de femmes taponnées par ses soins. Elles n'en finissaient plus de lever la main pour dire «Moi aussi!», pour subir à la fin la même défense verbale qu'il avait réservée à sa grassouillette Miss Univers: «Trop moches pour que ça soit vrai».

Trump va découvrir le 4 novembre au soir qu'il n'avait rien de l'Apollon politique qu'il s'estimait être. Son égo-statue va être déboulonnée et, s'il y a le moindrement de cohérence dans les faits, son incertaine fortune financière devrait rapidement déboulée aussi.

Les affaires de moeurs, surtout lorsqu'il s'agit de femmes qui en sont victimes, même si ce n'est que présumément, sont impitoyables pour les «stars» qui en sont les suspects.

Le tribunal de l'opinion publique ne souffre pas de remises de cause et sa condamnation est aussi rapide que foudroyante.

On n'était pas encore sorti des truculentes alcôves de Trump que le Québec prenait la mise dans la surenchère des affaires de sexe.

C'est la virée nocturne d'une petite bande d'étourdis dans un pavillon résidentiel du campus de l'Université Laval qui a tout déclenché.

On ne sait pas encore exactement ce qui s'est produit, ou jusqu'où on est allé, mais il y a eu des mains plus que baladeuses qui ont abusé de plusieurs étudiantes plongées dans leur sommeil.

De quoi révolter une opinion publique déjà surchauffée par toutes ces affaires de sexe qui défraient la chronique politique. 

On n'a toujours pas attrapé ces abrutis et on ne connaît pas encore la gravité des accusations à connotation sexuelle qui seront portées contre eux. 

Là encore, le public n'a pas attendu pour faire rouler une tête dans cette affaire, si ce n'est dans les faits, au moins dans les esprits: celle de l'ineffable recteur de l'Université Laval qui a été décrochée de son auguste personne pour être jetée comme pitance pour nourrir un mépris populaire affamé. 

Une tête avidement dévorée mais vite abandonnée. Des manifestants réclamaient en scandant la démission du recteur qu'on leur annonçait qu'une nouvelle tête politique allait être extirpée du placard sexuel. Il a suffi qu'Alice Paquet fasse savoir qu'elle avait été victime d'une agression sexuelle violente, même de ce qui pourrait être apparenté à un viol, par un député de l'Assemblée nationale, pour qu'une nouvelle machine infernale s'emballe. Un député du parti au pouvoir, en plus. Un régal!

On a heureusement révélé rapidement qui était ce présumé agresseur dangereux. Car les spéculations allaient bon train. On avait même commencé à passer à l'analyse nos quatre hommes députés libéraux de la Mauricie, au cas où, sans il est vrai parvenir à une conclusion positive, pour toutes les raisons que vous pouvez concevoir.

Le nom de Gerry Sklavounos, député de Laurier-Dorion, à peine connu, est sorti. Il s'est dressé un portrait peu édifiant de l'homme... disons de l'individu: courailleux de jupon, mal embouché avec les jeunes femmes, la main leste évidemment, un émule de Marcel Aubut. Un profil qui autorise tous les soupçons.

C'est avant tout les faits relatés par Alice Paquet qui ont été dévastateurs pour Sklavounos. Même si beaucoup de points dans tout ce qu'elle a raconté demeurent énigmatiques et sujets à un questionnement un peu plus poussé, et même si le député nie fermement tout, politiquement, ce n'est déjà plus qu'une dépouille. 

S'il en doute, il peut toujours consulter Yan Ghomeshi pour savoir comment ça se passe ces affaires-là et comment ça finit. 

Ce n'est pas parce qu'un tribunal éventuellement vous acquitte que celui de l'opinion publique révise sa condamnation et sa sentence.

Coup de coeur

Il est où le ciel des témoins de Jéhovah? On va continuer à donner de notre sang et à céder nos organes, par amour de l'humain. Le ciel, ça viendra bien quand même.

Coup de griffe

C'est quand la dernière fois qu'on a entendu un train siffler en bordure de Trois-Rivières sur Saint-Laurent? On va quand même voir à travers.

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