Grand décrochage électoral?

À la lumière de ce qui se passe... (François Gervais)

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À la lumière de ce qui se passe actuellement, les maires Yves Lévesque et Michel Angers ne devraient pas avoir trop de difficulté à se faire élire à nouveau lors des prochaines élections municipales.

François Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À moins que quelque chose ne se produise, et à ce moment-ci, on ne peut pas vraiment voir d'où cela pourrait provenir, les prochaines élections municipales dans les principales villes de la région s'annoncent, on ne dira certainement pas au beau fixe, mais à tout le moins d'un calme plat.

On peut penser qu'il est un peu trop tôt pour se préoccuper de la prochaine grande rencontre électorale municipale, mais on y est à peine à plus d'un an. Dans treize mois exactement.

Or, même si l'effervescence électorale ne commence généralement à prendre forme qu'au printemps pour atteindre la surexcitation à la fin de l'été, c'est à l'automne précédent que les jeux de coulisses commencent à prendre forme et, pour les intéressés à faire le saut, à sonder le terrain.

Que ce soit à Trois-Rivières, Shawinigan, La Tuque, Louiseville ou Saint-Tite, on ne perçoit encore aucun brassage significatif sur le terrain qui pourrait nous faire entrevoir quelques luttes costaudes à venir, au moins à la mairie de ces villes.

Pour la plupart, les grandes batailles, avec leurs lots de victimes et d'espoirs déçus, ont eu lieu en 2013. C'est comme si les aspirants défaits ne s'en étaient pas encore remis. L'éponge a été jetée.

On a beau chercher, à Trois-Rivières, par exemple, on ne voit toujours poindre aucun adversaire au maire Yves Lévesque. Certes, d'anciens opposants vous assureront qu'il en aura un. Mais personne, non pas n'ose pas, mais ne parvient même à chuchoter un nom potentiel.

Il ne reste à peu près plus rien de la forte contestation politique qui avait préparé la campagne de 2013. Yves Lévesque s'était retrouvé avec cinq adversaires et les électeurs avaient le choix entre 69 candidats aux postes de conseiller municipal.

Il faut dire qu'un parti politique, Force 3R, avait inlassablement attisé le feu de la contestation pendant quatre longues années dans les estrades de la salle du conseil comme sur la place publique. Une opposition qui s'ajoutait à celle particulièrement vive et relevée qui s'était consolidée à la table du conseil avec le Groupe des 7. 

Tout cela avait créé une ambiance propice aux protestations populaires de toutes sortes générant des assemblées publiques du conseil souvent survoltées, remplies de citoyens revendicateurs et contestataires.

Cela n'avait pas empêché Yves Lévesque, à la faveur d'une division des votes, de l'emporter pour une quatrième fois d'affilée, même si c'était avec un peu moins de 50 % des voix exprimées, donc, privé de l'auto-satisfaction d'une majorité absolue. 

Il reste que les rangs de ce qui était à l'origine le Groupe des 7 avaient été décimés et que Force 3R s'en était trouvée éradiquée. Sans bras politique pour faire un peu d'activisme, le feu de la contestation s'est éteint. Il reste certes quelques conseillers municipaux qui à l'occasion prennent des distances sur certains dossiers, qui peuvent faire des alliances ponctuelles, qui auraient des dispositions naturelles pour s'allier, mais cela ne se concrétise pas dans une action politique concertée.

Il faut dire qu'après sa quasi-hégémonie électorale, Yves Lévesque s'est appliqué dans la pratique à avoir le triomphe plus modeste et qu'il s'est fait beaucoup plus conciliant envers tout le monde, y compris avec les adversaires appréhendés. Au mieux, il brandit en bravade le succès estival de son amphithéâtre comme la preuve de sa pertinence politique et porte comme une médaille émérite le passage électrisant de Céline Dion, même si c'est un an trop tôt pour espérer en capitaliser toute la reconnaissance électorale.

Pour l'instant, tout le monde se couche.

On n'entend pas non plus qu'à Shawinigan, le maire Michel Angers puisse craindre d'être ébranlé. Il y a bien eu quelques bonnes protestations citoyennes, en particulier lors des changements orageux des noms de rues. Certains expriment leurs douleurs à propos de leurs comptes de taxes, de certaines évaluations explosives de la valeur de leur propriété, d'un endettement inquiétant de la Ville.

Rien pour penser pouvoir terrasser un maire qui avait obtenu pour son deuxième mandat 76 % des votes. La vraie bataille électorale pour lui, c'est en 2009 qu'il avait dû la livrer. Quand ils se détendent sur leur 5e revampée, les Shawiniganais haussent la tête. On ne demande plus, comme on l'a déjà fait, au dernier citoyen à quitter la ville d'éteindre les lumières en partant. 

Même chose à La Tuque. Les choses vont plutôt rondement dans la plus nordique des villes mauriciennes. Alors, s'il y a une contestation sourde qui se manifeste contre le maire Normand Beaudoin, elle est si sourde qu'on ne l'entend pas. 

Le vrai test électoral, le maire de La Tuque l'a traversé aux dernières élections en affrontant Line Pilotte, personnalité connue et très respectée, venant du milieu communautaire.

À Saint-Tite, on peut bien se tirailler un peu sur le déplacement du terrain de balle pour permettre la construction d'une résidence pour personnes âgées, ce qui manquait terriblement dans la place.

Ce n'est pas un dossier suffisant pour faire chanceler le maire André Léveillée. La question qu'on se pose est est-ce qu'il pourra une seconde fois se faire élire sans opposition. Il faut dire que cela avait été assez particulier aux dernières élections, car il n'y en avait justement pas eues à Saint-Tite. Tout le monde, maire et conseillers, avait été élu «par acclamation». C'était peut- être un peu excessif.

Bien sûr, il y a eu cette embarcation de sauvetage dont Louiseville s'est départie pour réaliser de symboliques économies qui a fait jaser. Même l'ancien maire Guy Richard s'en est mêlé.

Mais à moins que les amis des gros chiens non muselés et des petits chiens pas en laisse durant le Festival de la galette, les «têtes de cochon» comme il dit, soient légions, le coloré maire de Louiseville semble encore n'avoir rien à craindre.

Il pourra multiplier les déclarations excentriques et porter tous les chapeaux veloutés phosphorescents avec chemises assorties de son inépuisable collection, on ne devine pas encore qui pourrait venir le déboucler.

C'est le portrait pour l'heure. Reste quand même un an à ces élus bienheureux pour commettre un beau gros mauvais coup... mobilisateur. Il n'y a rien qu'une trop grande assurance pour que cela arrive. Un orage, c'est souvent imprévisible.

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