GP3R: un gênant sous-financement 

La question se pose maintenant plus que jamais... (Olivier Croteau)

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La question se pose maintenant plus que jamais à savoir si le GP3R reçoit le financement qui devrait correspondre à sa dimension actuelle.

Olivier Croteau

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Depuis au moins une décennie, la météo a toujours flirté avec le Grand Prix de Trois-Rivières, comme si elle tenait à garder des privilèges de VIP.

Avec le dernier week-end qui s'est amorcé vendredi, elle a fait une petite bouderie. On verra bien son humeur dans les heures qui viennent, mais on comprend déjà qu'elle est disposée à se réconcilier avec l'événement pour permettre à la population de jouir du grand feu d'artifice de samedi et aux bolides du NASCAR de rouler à fond de train ce dimanche.

Peu importe les petits caprices de vedette de Madame Météo, le Grand Prix de Trois-Rivières s'est imposé cette année comme un événement de très grande envergure.

L'étalement sur deux week-ends des compétitions a poussé les courses automobiles de Trois-Rivières à un niveau supérieur sur le plan touristique au Québec, alors que l'événement était déjà d'une très forte stature. Qu'on aime ou pas les bruits des moteurs qui rugissent, les effluves de gaz enrichi et de caoutchouc calciné qui s'en échappent, il faut reconnaître au Grand Prix de Trois-Rivières sa grande valeur festive, économique et sportive.

On a contribué à animer les rues du centre-ville de Trois-Rivières, on y a fait parader et pétarader, parfois dans des nuages de poussière, les gros chars de la piste, la ville n'a jamais été aussi grouillante que depuis une semaine.

La question se pose maintenant plus que jamais à savoir si le GP3R reçoit le financement qui devrait correspondre à sa dimension actuelle. 

Même si on n'a pas fait d'esclandres ou piqué de crise de nerf et même si Québec a un peu rehaussé sa contribution, l'organisation a la conviction qu'elle n'obtient pas ce qu'elle mérite.

Son budget d'opération a explosé depuis quelques années, mais la contribution du gouvernement du Québec est loin d'avoir suivi le même rythme, surtout quand on compare l'aide qui est apportée à certains autres grands événements, de Québec et de Montréal, bien sûr.

Lors d'un récent passage à nos bureaux du Nouvelliste, la députée de Laviolette et ministre du Tourisme, Julie Boulet, a reconnu que l'actuel programme de subventions aux événements de son ministère, doté de 15 millions $, crée des injustices. Sur les 130 événements qui réclament leur part du gâteau, 45 se révèlent sous-financés par rapport à ce qu'ils devraient obtenir en vertu de ce programme. Le Grand Prix de Trois-Rivières, même s'il en intègre tous les paramètres, fait partie des «négligés», pour ne pas dire des victimes. Dans la région, seul le Festival western de Saint-Tite a pu obtenir sa juste part des fonds québécois.

Comme l'argent est limité, les grands événements martèlent que les plus petits festivals et événements devraient être exclus du financement de Québec. Heureusement, la ministre est en total désaccord avec une telle façon de voir les choses.

Le ministère du Tourisme a donc mis en place des comités pour réévaluer son programme de subventions et le rendre plus réaliste avec les besoins exprimés. 

Pour les grands événements comme le Grand Prix de Trois-Rivières, Julie Boulet pense qu'on devrait les considérer comme on le fait avec les grandes entreprises et leur accorder des subventions en fonction de leur force innovatrice, leur valeur ajoutée, le retour fiscal qu'ils dégagent et les retombées économiques qu'ils engendrent dans leur communauté et dans l'ensemble du Québec.

«Il faut les juger sur leur performance et pas seulement sur la base de leur budget d'opération», explique-t-elle. Une façon de répondre en douce au GP3R qui exhibe la croissance de son budget.

On trouve quand même frustrant la situation quand on compare avec ce que le Grand Prix de Montréal reçoit en argent public. Il faut bien remplir les poches profondes de l'insatiable Bernie Ecclestone, qui rafle 17 millions $ au passage.

Québec verse au GP de Montréal 4,6 millions $ et Ottawa, 5,8 millions $, pour moins de 100 000 spectateurs. C'est plus de dix fois l'aide de 275 000 $ qui a été consentie cette année au GP3R qui avait atteint presque 150 000 entrées l'an passé.

Ce n'est pas vrai que le GP3R est dix ou même quinze fois moins gros, à tous égards, que le GP de Montréal. 

On peut bien sûr invoquer la portée internationale de la course de Montréal. Mais avec l'arrivée du rallycross, le GP3R, qui avait déjà une solide dimension nord-américaine, peut se réclamer d'un fort rayonnement international, car la course de Trois-Rivières est diffusée dans 155 pays et elle profite d'une incroyable couverture médiatique à l'échelle mondiale.

La Ville de Montréal soutient bien son Grand Prix en lui versant, avec Tourisme Montréal, 6,8 millions $.

La Ville de Trois-Rivières n'est pas en reste, car elle soutient son GP à hauteur d'au moins 1,2 million $, en contributions directes et indirectes. C'est quatre fois plus que ce qu'apporte Québec à l'événement. Autant dire que c'est Trois-Rivières qui a sur ses épaules le plus gros du fardeau financier du GP3R, qui est au total d'environ 6 millions $.

«Il faut développer à l'international», a plaidé la ministre Boulet. «Il faut voir loin, il faut voir grand.»

À l'allure qu'a prise le Grand Prix de Trois-Rivières cette année, on peut penser que l'équipe du président Joël Saint-Pierre et de son directeur général Dominic Fugère pense aussi gros que le souhaite la ministre. Encore faudrait-il leur en donner les vrais moyens pour y arriver. La démonstration de capacité à y arriver est déjà faite.

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