Le boardwalk trifluvien

Il faut admettre qu'avec le parachèvement de la... (Photo: Francois Gervais)

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Il faut admettre qu'avec le parachèvement de la grande esplanade qui borde maintenant le bâtiment, au confluent du fleuve et de la rivière Saint-Maurice, l'ensemble est spectaculaire.

Photo: Francois Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il est difficile de dire si l'installation de la verdure manquante va parvenir à rompre les dernières résistances à l'Amphithéâtre Cogeco, mais il faut admettre qu'avec le parachèvement de la grande esplanade qui borde maintenant le bâtiment, au confluent du fleuve et de la rivière Saint-Maurice, l'ensemble est spectaculaire.

Les commentaires élogieux abondent de toutes parts chez ceux qui en ont fait la découverte et vécu une première expérience de s'y balader à pied ou en vélo. Le site, exceptionnel, livre ses promesses.

Nombreux sont les Trifluviens qui se bombent le torse devant ce complexe récréo-culturel et touristique. En fait, ils en perdent leurs complexes, s'ils en éprouvaient toujours. On n'ira pas jusqu'à dire que ceux-ci vivent les mêmes émotions que les Romains quand l'empereur Titus a inauguré leur Colisée, mais on peut les soupçonner de se laisser envahir par une certaine fierté.

C'est que les visiteurs de l'extérieur, attirés par le Cirque du Soleil, ne se privent pas non plus de faire connaître leurs impressions sur cet ensemble unique. On nage dans les superlatifs et on en oublie les grosses lettres noires importées d'Autriche, peut-être fabriquées avec des épinettes fraîchement coupées, car elles se fissurent déjà. 

«Régis Labeaume peut aller se rhabiller...», m'a lancé cette semaine un touriste de... Montréal, totalement ébloui. 

On n'est quand même pas engagé dans un concours de mégalomanie. On n'en est pas aux 400 millions $ du nouveau colisée de Québec, toujours en attente de ses Nordiques. L'amphithéâtre, avec tous les ajouts, les reprises de travaux et les aménagements qu'il a requis autour, a quand même coûté à ce jour autour de 80 millions $. En fait, un peu plus d'une cinquantaine de millions $ si on soustrait les subventions versées par Québec et Ottawa.

Il reste qu'à 80 millions $ au total, il faut bien que ça ait un peu d'allure. On ne pourra pas éviter un certain questionnement, comme qu'est-ce qu'on aurait pu faire d'autres avec un tel investissement.

La question ne peut et ne doit plus se poser de cette façon. L'équipement est là, il est rayonnant, il contribue et ce sera encore le cas dans les années qui viennent, à projeter une image prestigieuse de Trois-Rivières qui fait oublier les revenus moyens modestes de ses citoyens, parmi les plus bas du Québec et du Canada et une population très vieillissante.

Que ce soit une bonne oeuvre thérapeutique pour les Trifluviens qui refoulent un certain passé économique difficile ou qu'il agisse comme un puissant outil de marketing glamour à l'extérieur de la ville, tant mieux. Non seulement il faut vivre avec, mais on peut se sentir comme un devoir de le faire connaître, de le promouvoir et de s'en vanter autant qu'on veut.

À sa deuxième saison, il est difficile, si on fait exception de Québec et de Montréal, de trouver une ville au Québec qui met à l'affiche cet été sur sa grande scène des événements d'une même envergure qu'à Trois-Rivières. 

Non seulement le Cirque du Soleil s'est admirablement bien tout écartillé avec Charlebois, mais on va rajouter deux soirs de représentation qui, à n'en pas douter, vont faire salle comble en août. Et il y aura Céline, la grande Céline, pas un, mais deux soirs.

Ces spectacles apportent beaucoup de crédibilité à l'amphithéâtre et permettront probablement de convaincre dans l'avenir d'autres artistes de grand renom à venir s'y produire. Ce qu'on ne croyait pas possible au départ, compte tenu du nombre de places disponibles, plus limitées encore si on s'en tient à la section protégée.

Maintenant que tout l'aménagement paysager autour de l'amphithéâtre est complété, on se rend bien compte qu'il reste au moins une dernière grande réalisation à faire pour que tout l'ensemble se tienne: relier Trois-Rivières sur Saint-Laurent au parc portuaire, ce qui comprend au passage la réaffectation du hangar no 1.

On devrait finir par y arriver. C'est le chaînon manquant. On sait que le promoteur Jean-Claude Fortin caresse le projet d'y aménager un hôtel, avec un centre de foires et un édifice administratif. Le montage en 3D qu'il a fait préparer nous fait voir un complexe à la Dubaï.

Mais il y a aussi un autre projet intéressant dans les cartons de l'architecte trifluvien François Beauchesne. Il y travaille depuis un an et promet d'en dévoiler les grandes lignes dans les semaines à venir. Beauchesne y prévoit un hôtel, mais quelque chose d'assez spectaculaire puisqu'il a pensé faire de cette section portuaire un genre de station balnéaire avec grande plage sablonneuse urbaine. 

De son côté, le président du conseil d'administration du Port, Cléo Marchand, rêve d'installer plus à l'ouest un carrousel permanent. On retrouve de telles installations dans différents ports dans le monde, en particulier en Europe. Le port serait prêt à en payer l'achat et les frais d'installation, si la Ville consent en contrepartie à en assumer par la suite les coûts d'opération. 

Il suffit d'imaginer quelle allure prendra Trois-Rivières si tous ces projets aboutissent. 

Le public aurait accès à une promenade qui partirait de la rue Saint-Georges en bordure de fleuve pour longer la rivière Saint-Maurice jusqu'au pont Duplessis. Soit près de trois kilomètres de promenade.

Cherchez une ville qui pourrait prétendre alors en offrir autant que Trois-Rivières-la-bienheureuse. Cherchez!

Coup de coeur

Encore une fois au maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qui, sans complexe devant l'opulente Trois-Rivières qui lui fait face, a fait visiter cette semaine avec conviction ses «joyaux» touristiques. Il arrive que small is beautiful. Et il aura lui aussi ses grosses lettres... pour narguer Trois-Rivières?

Coup de griffe

Difficile de ne pas retenir une pointe de sarcasme à l'endroit du gouvernement fédéral qui doit rappeler à Shawinigan ses employés pour faire la job de paie qu'il avait transférée à Miramichi.

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