Navigation: à Shawinigan de se mouiller

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Il a fallu des années de discussions et souvent de palabres pour en arriver à un partenariat aussi exemplaire que celui qui a conduit au balisage de ce long tronçon de la rivière Saint-Maurice.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y avait bien sûr un petit rappel que la saison de navigation est en cours sur la rivière Saint-Maurice, entre Shawinigan et La Tuque.

Il y avait aussi une petite entreprise de séduction pour le futur et un coup de clairon en direction de la ville de Shawinigan pour qu'elle aboutisse avec un projet de nouvelle marina, publique ou privée, avec descente et aire de remisage des remorques quelque part autour du pont de Grand-Mère.

C'est sur les berges du Saint-Maurice à Trois-Rives, donc à mi-chemin entre La Tuque et Shawinigan, peut-être dans les faits en terrain neutre, que le président de Nautique St-Maurice, Denis Lacerte, le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, le vice-président de BC2+Groupe Synergis, Philippe Courchesne, qui a dressé la bathymétrie de la rivière pour en tracer le chenal... et le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, ont rencontré la presse.

La présence du maire Beaudoin n'était pas sans signification, car au haut de la navigabilité de la rivière, on sent le besoin de tirer un peu sur le sud. 

Pour rendre bien réelle la navigation sur le Saint-Maurice, dans un tronçon long de 130 kilomètres, une fois le premier balisage fait, La Tuque a fait ses devoirs en construisant une marina pour accueillir les plaisanciers et en prévoyant une capitainerie pour leur offrir des services de base.

Par contre, Shawinigan, même si le maire Michel Angers a toujours été un promoteur convaincu de la navigation de plaisance sur la rivière, n'a pas encore livré tous ses engagements. La nouvelle marina promise avec ses commodités et les services requis pour le nautisme n'a toujours pas été mise en chantier... et on approche de la fin de l'entente entre les villes de la moyenne et haute Mauricie qui viendra à renouvellement l'an prochain.

Il n'y a pas vraiment de crainte à ce que tout ce même monde soit parfaitement bien disposé à poursuivre l'entente sur le balisage. Mais on aurait bien aimé que l'expérience génère son maximum de résultats avant la fin, ce qui n'est pas encore le cas. La fréquentation de la rivière n'a pas connu le plein coup de vent arrière qu'on en espérait.

On réalise que cela ne se produira pas tant que Shawinigan ne réalisera pas les infrastructures requises à cet élan. 

On peut bien souhaiter que les navigateurs d'eau douce s'y précipitent, mais ce ne sera pas possible tant qu'il n'y aura pas davantage de places à quai pour les accueillir avec une nouvelle descente plus facile d'accès et en pente plus douce que celle qui existe en ce moment sur la rive est du pont. 

C'est élémentaire. D'autant que Shawinigan est la voie d'entrée pour la navigation de plaisance sur le Saint-Maurice. Il y a bien des possibilités de mise à l'eau aux Piles et à Saint-Jean-des-Piles, des marinas à ces endroits comme à Saint-Roch-de-Mékinac et comme à Shawinigan. Mais c'est à cette dernière que tout commence et que tout se termine, quand on revient de sa croisière mauricienne. C'est l'entrée de la voie navigable.

Sous la plume de Benoît Aubin, le Canadian Geographic a déjà fait, auprès de ses 1,2 million de lecteurs, un éloge dithyrambique de la rivière Saint-Maurice. C'est une rivière extraordinaire à naviguer en raison de son caractère naturel, on pourrait dire sauvage, préservé sur une grande partie de son parcours, une rivière encaissée par une chaîne d'éminences, toute en méandres légers, coupée d'îles désertes, parcourue de hauts fonds sablonneux, de passages rocheux escarpés, de débits paresseux ou de courants vifs comme au Manigance.

Il faut une certaine habileté de navigateur pour la dompter parfaitement, mais c'est justement ce que les informations disponibles dans les marinas et un balisage maintenant éprouvé et sécuritaire permettent.

Il a fallu des années de discussions et souvent de palabres pour en arriver à un partenariat aussi exemplaire que celui qui a conduit au balisage de ce long tronçon de la rivière Saint-Maurice; à l'aboutissement de ce «rêve collectif» comme l'avait décrit le maire Angers, au lancement des opérations, en mai 2013.

Tous les acteurs présents avaient le sentiment qu'on était à écrire un grand moment de l'histoire mauricienne avec ce retour à la navigation sur la rivière, depuis sa «libération» comme l'avait écrit Aubin, de ses interminables estacades et de sa forêt flottante, la pitoune. 

Il manquait cette journée-là un joueur: Hydro-Québec, qui n'avait osé s'y présenter parce qu'on refusait de contribuer au financement du balisage, mais surtout, qui refusait de garantir le débit d'eau nécessaire à la navigation de plaisance.

Hydro-Québec a depuis révisé sa position et est devenue un précieux partenaire en s'assurant que suffisamment d'eau coule dans la rivière durant les week-ends de l'été. Il faut quand même se rappeler que la concession avait été faite à titre «expérimental» et qu'on allait éventuellement réexaminer la pertinence de cette contribution. 

Il serait dommage, bien dommage, qu'une fréquentation moyenne apporte un prétexte à la fin de l'entente. Pour éviter cela, il est temps que Shawinigan s'étire un peu plus le cou et concrétise ses promesses.

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