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Les écologistes ne pouvaient ignorer qu'on devrait éventuellement... (François Gervais)

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Les écologistes ne pouvaient ignorer qu'on devrait éventuellement repartir la centrale thermique de TransCanada Énergie en raison de la fermeture, qu'ils réclamaient à hauts cris, de la centrale nucléaire de Bécancour.

François Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean-Guy Dubois, le maire de Bécancour, ne cachait pas cette semaine une exaspération évidente après la décision de la Régie de l'énergie de débouter Hydro-Québec dans son projet d'entente avec TransCanada pour le redémarrage de sa centrale thermique dans le parc industriel et portuaire de Bécancour.

Une décision d'autant plus surprenante que cette même Régie avait plutôt au départ incité Hydro-Québec à chercher à s'entendre avec ses partenaires dans ce dossier.

On peut facilement comprendre la déception du maire de Bécancour qui voit bloquer l'un après l'autre les projets d'investissement dans le parc industriel, tous systématiquement soumis aux assauts des groupes environnementaux ou aux excès de procédures. On retarde tellement que les projets d'affaires finissent par ne plus tenir la route sur le plan financier ou perdent leur pertinence dans leurs marchés.

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, s'était lui-même offusqué de la situation il y a à peine trois semaines.

Il avait relevé qu'au lieu des 12,7 milliards $ de grands projets industriels annoncés, il ne s'est investi dans la réalité que moins de 200 millions $ depuis une dizaine d'années dans le parc industriel et qu'au lieu des 2695 emplois de bon niveau qui auraient pu y être ajoutés, il ne s'en est créé que 205.

On ferme plus d'entreprises qu'on en bâtit de nouvelles. Et pourtant, ce ne sont pas les projets qui ont fait défaut. Mais c'est devenu techniquement impossible d'en faire aboutir un tellement les opposants environnementaux sont actifs et influents et parce que les étapes et les permissions de toutes sortes, pour la plupart imposées par Québec et ses instances, ont pour conséquences d'épuiser tous les promoteurs.

On commence à avoir un sérieux problème, pas environnemental, mais d'environnementalisme.

Cette fois-ci, c'est le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) qui a eu raison du projet. Pour relancer les activités de la centrale, Gaz Métro devait y construire une aire d'entreposage et de regazéifaction, une facture d'environ 75 millions $.

On ne pourrait dire si c'est du cynisme, mais il y a une certaine incohérence dans le blocage de ce projet.

Hydro-Québec avait besoin de l'ajout énergétique de cette centrale pour combler ses besoins durant les pointes hivernales et éviter ou au moins réduire ses achats d'électricité, à des prix qui sont alors exorbitants.

Les écologistes ne pouvaient ignorer qu'on devrait éventuellement repartir la centrale thermique de TransCanada Énergie en raison de la fermeture, qu'ils réclamaient à hauts cris, de la centrale nucléaire de Bécancour.

Après révision de sa décision, à la demande du ROEE, la Régie de l'énergie a finalement conclu qu'Hydro-Québec se devait d'aller en appel d'offres pour combler ses besoins en énergie temporaires.

On peut penser bien sûr à l'éolien, deux fois plus cher, qui a cependant démontré ses insuffisances et son instabilité aux heures les plus cruciales de l'hiver. Ne serait-ce que ce n'est pas parce qu'il fait un froid à pierre fendre à l'extérieur que le vent souffle en conséquence.

Parmi les solutions suggérées par le ROEE pour régler le problème, on propose le stockage d'énergie.

C'est justement ce que permettait Gentilly-2, qui avait la propriété de stabiliser le réseau d'Hydro-Québec mais aussi de laisser se gonfler les réservoirs des centrales hydroélectriques, qui emmagasinaient ainsi du potentiel pour les périodes difficiles.

Il ne s'agit pas de tourner le fer dans la plaie, mais c'est parce qu'on a fermé la centrale qu'on doit trouver des mesures de remplacement, au moindre coût possible.

La solution la plus logique pour y parvenir, c'est de redémarrer la centrale de TransCanada.

Après sa mise en service en 2006, la centrale n'a été en opération que quelques mois. Les prévisions d'Hydro-Québec sur ses besoins futurs s'étant avérés faux, la société s'étant plutôt retrouvée en surplus d'énergie, il avait été décidé de la fermer.

Sauf que pour se soustraire à ses obligations contractuelles envers TransCanada, Hydro-Québec a dû verser en moyenne 150 millions $ par année en pénalités et droits compensatoires. C'était moins cher payé que d'acheter des kw/h dont elle n'avait plus besoin et qui étaient invendables à profit sur le marché extérieur.

Les évaluations varient, mais on estime que c'est entre 2 et 2,8 milliards $ qui seront ainsi perdus par la société d'État dans cette entente.

De telles pertes ont été jugées scandaleuses, entre autres par les environnementalistes qui ont comme toujours été ceux qui criaient le plus fort leur indignation.

Il apparaissait donc normal qu'Hydro-Québec, puisqu'elle est contrainte d'acheter au prix fort de l'énergie produite ailleurs durant les grands froids, calcule que la meilleure chose à faire est de réactiver la centrale au gaz naturel. On parle de 300 heures de production par hiver. Entre donner de l'argent pour rien ou pour des kw/h, la question ne devrait vraiment pas se poser. C'est une question de bon sens.

Mais voilà. Le gaz naturel, c'est de l'énergie fossile, le drame des drames, la catastrophe des catastrophes. Les pôles de la planète vont s'inverser dans la minute, c'est sûr. Le plus simple, finalement, c'est de geler l'hiver.

Coup de coeur

À J.-Jacques Samson, cet éminent collègue qui a mis un 30 à sa carrière. Un journaliste qui par son honnêteté professionnelle et le courage de ses convictions était hautement respecté de tous.

Coup de griffe

À ces policiers blancs qui ont la gâchette un peu trop nerveuse quand il s'agit d'Afro-américains et à ceux d'entre ces derniers qui justifient la crainte des policiers en leur tirant dessus à leur tour à bout portant.

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