Ce FestiVoix qui nous laisse sans voix

Plusieurs des amphithéâtres naturels du FestiVoix, dont principalement... (Andréanne Lemire)

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Plusieurs des amphithéâtres naturels du FestiVoix, dont principalement la grande scène et celle des parterres des Ursulines, n'ont pas suffi à la demande certains soirs.

Andréanne Lemire

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le band de The Wall Theatre Experience a fait tomber jeudi soir le fameux mur de la chanson aussi mythique que ne l'a été le groupe qui l'a popularisée. Au grand ravissement et éblouissement des spectateurs qui ne pouvaient concevoir autrement la finale de ce spectacle.

Mais si Pink Floyd, ou ceux qui les reproduisent, n'ont pas manqué leur coup, c'était loin d'être le premier mur à tomber durant ce festival.

En plusieurs occasions, l'organisation du FestiVoix a ébranlé cette année des murs, les siens, ceux de ses enceintes.

On s'en doute déjà. Il est plus que vraisemblable que la présente édition fracasse tous les records d'assistance de son histoire. Plusieurs des amphithéâtres naturels du festival, dont principalement la grande scène et celle des parterres des Ursulines, n'ont pas suffi à la demande certains soirs. 

Pour la grande scène, on n'a qu'à penser aux Cowboys Fringants, à The Wall ou comme ce sera infailliblement encore le cas samedi soir à Busty and The Bass, il ne restait plus, pour les tardifs, qu'à se percher sur les branches des arbres, si cela avait été possible, pour espérer apercevoir ne serait-ce qu'un bout d'écran géant. 

Même si on avait déplacé la scène de la cour des Ursulines afin d'y ajouter quelques centaines de places, cela a été nettement insuffisant. C'est dire le succès que remporte aussi cette scène. On a parfois l'impression que les goélands qui viennent planer au-dessus de l'enceinte battent des ailes en guise d'applaudissements et que les saules, loin d'être pleureurs, font balancer leurs longues branches pendantes pour se laisser bercer par les voix et les musiques qui les caressent. Cela fait oublier les petites chaises noires de plastique plutôt molles qu'on offrait aux festivaliers ou ces parapluies, les mauvais soirs, qui se déploient et qui obstruent la vue des voisins arrière, de beaucoup de voisins arrière. Une pratique interdite dans plusieurs grands festivals, dont celui d'été de Québec.

Ces succès d'assistance, c'est peut-être un beau problème, mais ça risque d'en devenir un sérieux dans la mesure où l'événement continuera de gagner en popularité, comme ça semble vouloir être le cas. Ce qui est sûr, c'est que l'élan est donné.

Le FestiVoix a beaucoup travaillé ses lieux de présentation en privilégiant partout le cadre champêtre naturel qui ne demandait qu'à apporter sa contribution et en cherchant à en maximiser ses effets. La scène du bistro, et c'est le cas de toutes les autres, en est un très bon exemple. Pour peu qu'on puisse choisir sa chaise, au-dessus de la scène enserrée dans les arbres, se profile dans toute sa splendeur la rotonde du couvent des Ursulines, à une heure où le soleil encore en grande forme vient allumer sa majestueuse coupole argentée. 

Il reste que s'il faut satisfaire tous ces festivaliers qui se sont procurés un billet pour un, des, ou même la totalité des spectacles, on risque d'être au bord de la crise de nerfs chez ceux qui ne peuvent en profiter, parce qu'il y a plus de monde que les capacités d'accueil.

Un beau problème, mais un moyen casse-tête aussi. On se doute déjà que ce serait un sacrilège que de transporter ailleurs la scène de la cour des Ursulines. Autant que les artistes qui s'y produisent, l'environnement enveloppant de la place a largement contribué au succès de la scène.

Quant à la grande scène, ce serait là aussi un cas de conscience de la réaménager autrement. Il serait facile de l'installer perpendiculaire plutôt que dos au fleuve, comme on l'a déjà fait. Ce qui permettait d'y entasser plusieurs milliers de spectateurs additionnels.

Guy Mercure, un ancien directeur général du FestiVoix, l'avait même transportée sur Saint-François-Xavier, dans le stationnement de l'édifice Capitanal. Avec quelques demeures ancestrales en bordure et la vieille prison en fond de décor, ce n'était pas mauvais.

Malgré tout et malgré leurs avantages au niveau de la foule qu'on pourrait y recevoir, c'est une grande partie du cachet unique qu'offre présentement la grande scène, avec son talus qui sert d'amphithéâtre naturel, qui serait balancé. Des cargos glissent en filigrane sur le fleuve et parfois même, des palais des mers tout illuminés. Même la lune vient certains soirs y faire de la représentation, au-dessus de la scène, comme pour voler un peu du show qu'on y présente.

On ne peut pas voir qui oserait lever la main pour que cette grande scène soit déménagée. Il y aurait un prix élevé en termes d'estime perdue pour ces décideurs.

On laissera finalement la direction du FestiVoix à ce nouveau casse-tête du succès.

Dire qu'on avait pu craindre à un certain moment que l'organisation du FestiVoix soit cannibalisée par la Corporation des grands événements et que ses principaux spectacles soient réquisitionnés pour soutenir une programmation à l'amphithéâtre Cogeco. 

Le Cirque du Soleil est peut-être venu empêcher une telle issue et tout le monde ne peut aujourd'hui que s'en réjouir. On a doublé les succès plutôt que de les fondre en un seul.

Il y a deux ans, l'actuel directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire, qui succédait à Stéphane Boileau dont il était l'adjoint, pouvait être perçu comme un transitoire, un intérimaire, le temps qu'on procède au rapt du festival. Il serait bien délicat aujourd'hui de prétendre qu'il n'a pas, avec son équipe et ses 400 bénévoles, relevé le défi au-delà des attentes, même les plus démesurées.

Coup de griffe

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Coup de coeur

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