Le futur Trois-Rivières On-the-Creek

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La plus grande salle de réunion du futur Centre d'événements et de congrès interactifs de l'hôtel Delta devrait être baptisée au nom du maire Yves Lévesque.

Puisqu'il s'est inspiré du partenariat qu'avait conclu l'ex-maire Gilles Beaudoin avec l'entrepreneur Pomerleau pour le convaincre de construire un hôtel et un premier centre de congrès à Trois-Rivières, l'actuel maire mériterait lui aussi de voir la salle d'exposition la plus prestigieuse du futur complexe porter son nom... à défaut d'avoir pu l'accoler à l'Amphithéâtre Cogeco.

Ça reste un détail et ce n'est assurément pas une clause du protocole qui lie la Ville à la Société immobilière G3R, le groupe trifluvien qui est devenu il y a quelques mois propriétaire du Delta.

L'annonce de l'agrandissement et de la modernisation de l'actuel centre de congrès et l'ajout d'un hôtel boutique de 80 chambres ont fait exploser de satisfaction, et peut-être de soulagement, le centre-ville et une grande partie du milieu des affaires.

C'est vrai que l'arrivée du Delta, stimulée par une aide sonnante de la Ville et la construction du garage étagé Badeaux, en partie financé par les membres de l'ancienne SIDAC, avaient insufflé un nouvel élan à un centre-ville qui n'en finissait plus d'agoniser.

Il suffit de constater l'effervescence actuelle, avec l'ouverture en cascades de nombreux nouveaux commerces, surtout des restaurants, des bars ou des resto-bars, pour réaliser qu'il se passe quelque chose en ville. 

Mais pour que la nouvelle offre globale de divertissement tienne, il faudra ajouter à la demande. L'achalandage doit être plus que saisonnier. Il doit s'exprimer toute l'année, ou presque. Il faut nourrir la bête.

En ce sens, un centre de congrès moderne, qui attire davantage de congrès, d'expositions et d'événements, ne peut être que bénéfique. On s'adresse à une clientèle aisée qui a presque toujours l'avantage de disposer de comptes de dépenses.

Ça reste un sérieux défi malgré tout pour la Société immobilière G3R. Le marché des centres de congrès est florissant. En même temps, il est de plus en plus encombré, car toutes les villes d'une certaine taille veulent s'en doter d'un ou bien agrandir celui qui existe. 

Le CECI de Trois-Rivières compte rivaliser avec Montréal, Québec et Gatineau. C'est un peu utopique de croire qu'on pourrait accoter ces villes. Certes, on pourra leur souffler quelques congrès de moyenne envergure, mais pour le reste, la concurrence sera inégale. Par contre, Trois-Rivières devrait pouvoir facilement détourner en sa faveur des congrès qui lui échappaient et qui se tenaient dans des villes de moindre taille. Ça devenait un peu gênant de s'être fait coiffer en quelques années par des villes comme Drummondville, mieux équipée que jamais, Victoriaville ou Saint-Hyacinthe. 

Passer du neuvième rang au Top 5, comme on nous le promet, ça demeure très possible.

Maintenant, il a fallu que Trois-Rivières allonge en soutien financier au projet beaucoup d'argent, 35 millions $ en vingt ans en plus d'un congé de taxes de 25 ans, soit cinq fois plus que ce qui est généralement accordé pour de nouveaux projets et qu'autorise le ministère des Affaires municipales.

On peut se questionner sur la pertinence d'une telle générosité. On fait bien sûr valoir les retombées économiques, réelles mais toujours un peu beaucoup idéalisées, de 15 millions $ par année. Ce serait peut-être à coût nul pour la ville, dans quinze ou vingt ans. 

Si ce n'est pas le cas, qui aura à en rendre compte alors? 

En faisant construire le centre de congrès qu'elle souhaitait depuis des années par le privé, la Ville évite d'avoir à le faire elle-même, comme ce sera le cas pour le colisée. Elle évite d'avoir à rajouter quelques dizaines de millions à sa dette à long terme déjà élevée. Surtout, on peut penser qu'il en aurait coûté aux contribuables plus cher si la Ville avait été la maître d'oeuvre du projet et qu'elle avait dû l'exploiter elle-même. On peut facilement penser qu'il lui en aurait coûté bien davantage que 1,7 million $ par année en remboursement de la dette et en frais annuels d'opération.

Par contre, tout espoir de subventions gouvernementales devient exclu. Drummondville avait quand même obtenu 13,2 millions $ de Québec et d'Ottawa pour son Centrexpo Cogeco, sur un projet de 26 millions $. Ça restera le gros rival de Trois-Rivières, avec une superficie presque semblable et son hôtel chic, le Times.

Il faut aussi espérer que le futur CECI relance l'ensemble de l'activité touristique en Mauricie. Le taux d'occupation en hébergement dépasse à peine les 50 %. 

Or, non seulement on ajoutera un hôtel de 80 chambres, mais Holiday Inn doit aussi installer un hôtel au District 55 et le promoteur Jean-Claude Fortin (Place Belvédère) pousse encore très fort sur son projet d'hôtel de luxe de 140 chambres de la société American Resort, lui aussi jouxté d'un centre de congrès, mais un peu plus modeste, avec un marché public, dans le port de Trois-Rivières. 

On peut penser que tout cela va créer une solide synergie qui va propulser Trois-Rivières, principalement son centre-ville, vers de nouveaux sommets sur le plan de la fréquentation touristique.

Pour que ça soit le cas, il faudra bien prévoir quelques stalles de stationnement additionnelles, plus que l'ajout projeté d'un étage au stationnement Badeaux.

De plus, le réaménagement de l'entrée de la ville va s'imposer. On pourrait y rapatrier le vieux moulin égaré sur le campus de l'université. Pas pour indiquer aux visiteurs qu'ils sont les bienvenus dans la ville des Don Quichotte. Simplement parce qu'il est beau et pour rappeler que Trois-Rivières est en plus une ville d'histoire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer