Le tour aux jeunes... femmes?

Pierre Karl Péladeau... (La Presse, Martin Chamberland)

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Pierre Karl Péladeau

La Presse, Martin Chamberland

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les larmes du chef péquiste démissionnaire Pierre Karl Péladeau n'avaient pas encore séché que la course au leadership du Parti québécois était déjà engagée.

Comme si son départ était vécu comme un soulagement à l'intérieur du parti qui n'attendait que cela pour se retrouver en famille.

Même si depuis son poing en l'air, l'ascension de PKP a été fulgurante à l'intérieur du Parti québécois qui l'a élu chef, où on le percevait comme un sauveur, il reste que malgré toutes les prétentions, la greffe n'a jamais bien prise. Sans compter que sondage après sondage, même si on lui concédait de bonnes améliorations comme bagarreur en Chambre, le PQ ne parvenait toujours pas à s'imposer dans les intentions de vote et son chef à déclasser l'autre challenger, François Legault, dont la CAQ soufflait fort dans le cou péquiste.

L'éloge du riche naufragé politique emporté par sa dérive conjugale n'aura donc pas été long. On évoque souvent le cynisme des électeurs. Il faut bien constater que ce cynisme est encore plus aigu chez ceux qui font de la politique.

Avec l'entrée en scène forcée du PQ, on assistera donc dans les prochains mois à trois campagnes à la direction d'un parti politique qui pourraient changer beaucoup de choses. Depuis son élection comme premier ministre du Canada, Justin Trudeau s'est imposé comme le nouveau modèle de chef à avoir si l'on veut séduire les électeurs et accéder au pouvoir. Que ce soit à coups de selfies, de sourires distribués à tout vent, de ton mielleux, d'esprit de compassion d'apparence sincère ou même de dandysme avec petits bas à la mode, le modèle Trudeau est devenu la référence si on veut un chef populaire.

C'est le tournant jeunesse. Et si, à la différence de Trudeau, on n'allait pas un peu plus loin avec de jeunes... femmes à la tête des grands partis politiques présentement décapités.

Il y a au moins deux femmes dans la course à la direction du Parti conservateur, Kellie Leitch, de Simcoe-Grey et Lisa Raitt, de Milton, toutes deux en Ontario, qui ne peuvent être négligées et qui peuvent assurément rivaliser avec le Beauceron Maxime Bernier.

Mais ce qui pourrait nous intéresser davantage au Québec, ce sera ce qui va se passer au Parti québécois, mais aussi au Nouveau Parti démocratique. Tout le monde reconnaît à Véronique Hivon un fort potentiel de victoire, si elle se décide à faire le saut, mais une autre surprise pourrait aussi venir du côté du NPD si la jeune députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, plongeait.

Car cette dernière y songe très sérieusement. Pour l'instant, elle se contente de dire qu'il lui faudra voir qui seront les autres candidats tout en comptabilisant les appuis qui lui arrivent. Son chef Thomas Mulcair n'était pas encore remis du choc de son renvoi que déjà, des invitations à briguer sa succession lui arrivaient de l'Ouest et de Colombie-Britannique.

On peut sourire quand on parle d'une telle candidature et se demander si elle a ce qu'il faut pour occuper un tel poste et, ce que cela peut aussi comprendre, devenir première ministre. Là-dessus on peut rétorquer que la gérance du Oliver's Pub, qu'elle occupait à l'Université Carlton lui a apporté une connaissance de la vie et des gens au moins aussi bonne que les cours de théâtre que donnait Justin Trudeau pour gagner sa vie, fils d'un ancien premier ministre, il est vrai.

Sa première élection comme poteau du NPD dans Berthier-Maskinongé où elle n'avait jamais mis les pieds avait fait beaucoup jaser, préférant Las Vegas à la plaine de Maskinongé. Mulcair l'avait même retenue, pour qu'elle puisse baratiner au moins un peu de français, à sa première apparition surprotégée dans le comté.

Ruth Ellen Brosseau, fille d'une mère anglophone et d'un père francophone, a grandi et étudié en marketing à Kingston. Elle est aujourd'hui bilingue. Ce qui peut convenir aux deux solitudes, puisqu'elle a aujourd'hui les pieds des deux côtés de la rivière des Outaouais. La jeune femme monoparentale (elle a un chum) sortie de nulle part est quand même devenue vice-présidente du caucus national du NPD et porte-parole de son parti en matière d'agriculture.

Elle a pris du galon dans son parti. Si sa première élection dans la poussée de la vague orange demeurait une surprise totale, il faut savoir qu'aux dernières élections fédérales, alors que le NPD a plié les genoux au Québec comme ailleurs au Canada, elle a accru sa majorité dans Berthier-Maskinongé, un exploit dans les circonstances.

Elle est populaire. Il fallait voir, il y a une semaine au fameux souper annuel de crabe et crevettes du Club Richelieu de Trois-Rivières, qui est devenu un des événements caritatifs et sociaux les plus courus, la curiosité et l'intérêt qu'elle suscite. Même les trois députés libéraux provinciaux de Maskinongé, Trois-Rivières et Champlain se sont pressés pour se faire photographier à ses côtés, Mme Brosseau trônant au centre. Maintenant, si la diplomate excuse familiale, bien commode quand les affaires ne vont pas comme on le souhaite en politique, n'est pas invoquée, ce sera intéressant de la voir aller dans une course pancanadienne exigeante. Il faut de l'énergie... et beaucoup d'argent.

Ce sera la même chose au Parti québécois si Véronique Hivon se lance dans l'aventure, même si on ne lui connaît pas la hargne politique qui plaît tant aux militants.

Alexandre Cloutier part, dit-on, en avance. Un premier sondage de Léger Marketing est venu le confirmer vendredi. Mais ce coup de sonde nous révélait aussi qu'elle ferait aussi bien que celui-ci dans une élection face à Philippe Couillard.

Si les péquistes reniflent une éventuelle victoire... il y aura de la femme dans l'air.

Coup de coeur

À tous ces 80 000 «réfugiés» de Fort McMurray et en particulier à tous ces Québécois, nombreux, qui y travaillaient.

Coup de griffe

À Elizabeth May qui s'est empressée de voir dans cette catastrophe une punition du réchauffement climatique... et à tous ceux qui l'ont applaudie.

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