La ville des heureux et des bienheureux

Trois-Rivières est une ville où il fait bon... (Sylvain Mayer)

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Trois-Rivières est une ville où il fait bon vivre. C'est une ville où l'esprit créatif et artistique est tellement vif, qu'on a déjà évoqué que Trois-Rivières était comme une petite Florence des temps modernes.

Sylvain Mayer

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On savait déjà qu'on était une ville d'heureux, voilà que l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques nous apprend qu'on pourrait aussi prétendre être la ville par excellence des bienheureux, selon une expression populaire.

Plus gâtés que ça, on ne se pourrait plus.

On avait constaté avec une certaine délectation qu'après avoir longtemps occupé les bas-fonds du palmarès des villes du bonheur de l'Indice relatif du bonheur, Trois-Rivières avait fini par se hisser dans le Top 10 de ce palmarès, coiffant même Shawinigan qui narguait un peu à cet égard sa capitale régionale année après année.

Comme si ce n'était pas suffisant pour nourrir l'autosatisfaction des Trifluviens, voilà que l'an passé, Statistique Canada, selon un sondage conduit à travers le pays, hissait même Trois-Rivières au deuxième rang des villes du bonheur, au Canada, loin devant quelques bleds urbains comme Victoria, Vancouver, Kelowna, St. John ou Saint-Jean, Québec comprise.

Dans un cas comme dans l'autre, différents facteurs ont été pris en considération, mais surtout l'appréciation exprimée par les citoyens à propos de leur ville et des conditions de vie dont ils profitent ou telles qu'ils les perçoivent.

Malgré tout le chialage qu'il faut bien entretenir si on veut que nos dirigeants continuent de les marcher serrées et qu'ils ne sombrent dans la complaisance, il faut bien admettre qu'on profite d'une certaine indolence qui est loin d'être désagréable et d'une douceur générale de vivre bien réelle.

Ce n'est quand même pas toutes les villes qui sont traversées en leur centre par une rivière aussi gentiment turbulente, mais qui s'apaise pour devenir presque lascive avant de se jeter en finale dans le grand Saint-Laurent qui vient comme la border.

En dehors de cet enviable cadre champêtre, Trois-Rivières est aussi une ville où il fait bon vivre. C'est une ville où l'esprit créatif et artistique est tellement vif, qu'on a déjà évoqué, en raison de son grand nombre de scènes, de salles de spectacles, d'ateliers d'artistes, de centres d'expositions ou de musées dans son centre-ville et dans son pourtour, mais aussi parce qu'elle est en plus une puissante pépinière d'artistes, de musiciens entre autres, que Trois-Rivières était comme une petite Florence des temps modernes.

Mais ce qui restait un secret plus ou moins bien gardé, c'est que le coût pour y vivre demeurait plus qu'accommodant.

Si le doute à cet égard persistait, la mèche vient d'être éventée par la dernière étude de l'IRIS. Dans son étude, l'Institut s'évertue à démontrer que le salaire minimum viable qui passera à 10,75 $ devrait plutôt être majoré de 40 % pour atteindre en quelques années 15 $ l'heure.

On peut convenir que le salaire minimum actuel ou idéalisé par l'IRIS, ce n'est pas l'opulence.

Ce qui surprend par contre dans son analyse, c'est qu'à Trois-Rivières, que ce soit avec l'exemple d'un couple avec deux enfants, celui d'une personne seule et d'une famille monoparentale, on arrive presque déjà à Trois-Rivières à la «viabilité», selon ses normes.

Dans les cinq villes examinées, c'est à Trois-Rivières que les gens à revenus modestes s'en tirent le mieux au Québec. Il en manque parfois un peu, même au salaire minimum actuel, pour permettre à tous de profiter du minimum d'aisance souhaité par l'IRIS qui consiste en simplement avoir quelques maigres surplus pour s'offrir un café à l'extérieur, s'acheter un journal à l'occasion et peut-être même un petit verre, la journée du grand jour mensuel.

C'est surtout parce que les loyers sont plus faibles qu'ailleurs et qu'on juge qu'une seule voiture par ménage est suffisante à Trois-Rivières, ce qui n'est pas le cas partout, mais aussi un peu, en raison du prix de la nourriture. Ce qui ne veut pas dire que même s'il reste populaire, le super bologne trône en maître sur la table quotidienne des Trifluviens.

C'est vrai que le coût de la vie est relativement abordable à Trois-Rivières et qu'il est facile d'y vivre et de s'y distraire à bon compte. Il suffit de regarder le prix des consommations ou des repas de plusieurs établissements pour réaliser, même si on les trouve toujours trop élevés, qu'ils sont plus que raisonnables, dans la mesure où on les compare avec ailleurs. Sans compter qu'il se trouve que les quartiers dits populaires, là où les revenus ne sont pas explosifs, sont tous situés au bas de la ville, ce qui donne à leurs résidents un accès facile aux multiples gratuités festives qui ponctuent l'été trifluvien au centre-ville. Un peu de pain et beaucoup de jeux, qu'est-ce qu'on veut de plus?

Ça tombe bien, car on le sait, que ce soit pour le salaire brut ou net, moyen ou médian, par ménage ou par habitant, celui de la Mauricie dans lequel Trois-Rivières compte pour beaucoup, est toujours parmi les plus bas du Québec. Tout le monde n'est pas radiologiste. Et sur le plan de tout ce qui s'appelle transferts gouvernementaux, comme les pensions, les suppléments de revenu garanti, les chèques de sécurité sociale, alléluia, Trois-Rivières et sa région se classent presque toujours au dernier rang québécois.

Et pourtant... Qu'on analyse leurs conditions générales ou qu'on les consulte là-dessus, les Trifluviens sont les plus heureux et bienheureux du Québec... et du Canada. Le bonheur total. Maintenant qu'on l'a dit, qu'on tienne ça mort.

Coup de coeur

À l'artiste Annie Pelletier, pour ses beaux personnages inspirés et enjoués qui habitent maintenant les alcôves de l'église Saint-James. Ça nous change du sonotube Goldorak à tête en cabane à moineaux de plastique planté devant le palais de Justice.

Coup de griffe

À cette «coopérative» financière née des épargnes du petit peuple qui largue une fois de plus son passé à Saint-Prosper et Saint-Luc-de-Vincennes dans l'espoir de devenir un jour prochain la Desjardin's Bank of America.

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