Le party d'anniversaire a été ruiné

Sam Hamad et Philippe Couillard... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Sam Hamad et Philippe Couillard

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On n'a pas entendu cette semaine beaucoup de bruits de cocktails qui s'entrechoquent. Pourtant, après l'atteinte du déficit zéro, l'une de leurs grandes promesses électorales, les libéraux auraient normalement dû avoir des raisons de fêter avec macarons, flûtes et petits chapeaux leur deuxième anniversaire de retour hâtif au pouvoir.

C'est dans la discrétion la plus totale que l'événement a été souligné par Philippe Couillard et ses troupes. À moins que ce ne soit dans la gêne que l'anniversaire ait dû être traversé.

Il est vrai qu'il y avait comme une «affaire» embarrassante qui a occupé tout l'espace politique à Québec et qui a occulté tous les bons coups dont aurait pu tenter de se vanter l'actuel gouvernement.

Deux ans d'austérité qui ont fait culbuter une progression devenue anémique des emplois, il n'y a pas là de quoi trop festoyer. Les citoyens auraient eu la main plutôt molle si on leur avait demandé d'applaudir aux taxes et impôts additionnels qu'on les a contraints d'absorber et à la diminution de leur pouvoir d'achat qui en a découlé. D'autant qu'on l'a vu avec Ottawa, les citoyens aiment maintenant mieux voir leur gouvernement sortir la carte de crédit collective et s'en servir avec allégresse pour leur redistribuer des bonbons que de tenir à zéro le solde de celle-ci. On aime mieux les prodigues que les avares, c'est même suggéré dans la Bible. Ce qui a avant tout ruiné le petit party d'anniversaire, c'est bien sûr le tsunami d'indignations provoqué par les partis d'opposition avec le rocambolesque esclandre floridien de l'ex-président du Conseil du Trésor, Sam Hamad.

Cela a permis aux membres de l'opposition une charge d'outrances rarement égalée jusqu'ici contre le gouvernement. Il faut dire qu'il est difficile pour un vacancier choqué qui a fui en catastrophe, on pourrait presque dire à la faveur de la nuit, dans l'espoir d'éviter la tempête, d'adoucir les violents vents contraires qu'il a fait se soulever contre lui.

Il n'était pas là pour se défendre. Il a cependant pu rapidement constater sous ses palmiers qu'il n'y avait pas grand monde dans sa famille libérale pour le protéger en son absence. Ses collègues ont plutôt rasé les murs de l'Assemblée nationale pour ne pas avoir à se mouiller en sa faveur.

La parole était laissée au chef. S'il y a quelque chose qui a été révélée par cette poussée de fièvre dévastatrice pour le Parti libéral, c'est bien la mollesse de Philippe Couillard à défendre, une fois de plus, un de ses ministres, proche en plus.

À force de chercher à vouloir rester au-dessus de la mêlée, de se présenter comme le pur parmi les impurs, tout le monde dans ses troupes doit commencer à comprendre qu'il n'est pas le genre d'homme à prendre les balles, même pour protéger ses plus irréductibles alliés.

Il a défendu Hamad avec la même énergie défaillante qu'il avait démontrée à l'endroit de son ex-ministre Yves Bolduc. S'il était convaincu que son ancien chef de campagne à la direction du parti était parfaitement innocent, et la faiblesse des éléments rapportés jusqu'ici à l'encontre de son ministre le lui permettait, il avait le devoir moral de monter aux barricades et de fustiger une opposition devenue en liesse. Philippe Couillard n'avait pas non plus levé le petit doigt pour défendre Julie Boulet lors de sa comparution devant la Commission Charbonneau. On ne s'étonnera donc pas qu'après la curie de cette semaine, l'opposition péquiste ait eu le goût de passer au dessert en s'attaquant à la députée de Laviolette et ministre du Tourisme.

On s'en est pris encore une fois à son intégrité en ramenant l'ignorance qu'elle avait inlassablement affirmée pendant deux jours à la Commission Charbonneau de savoir qu'elle devait remplir la caisse du parti de 100 000 $ par année, un «objectif» qu'elle a atteint au moins une fois. De le savoir ou pas n'aurait pas changé grand-chose. Il n'y avait pas matière criminelle là.

Mais maintenant que Bolduc a démissionné, qu'Hamad, peu importe les conclusions favorables à son endroit que les enquêtes en cours pourraient éventuellement établir, est brûlé politiquement, l'opposition n'a pas attendu pour se débusquer une nouvelle proie ministérielle.

Il n'est pas nécessaire que des fautes graves aient été commises pour que l'opposition, plus enhardie que jamais, vide son chargeur sur une nouvelle tête ministérielle. La chasse est permise dans l'enclos libéral, sous le regard distrait du chef du territoire. La faille libérale que les partis d'opposition ont décelée, c'est justement qu'on pouvait frapper l'entourage du premier ministre sans risquer de se rompre les os. Alors, on ne s'en prive plus. Cela a même permis au chef péquiste Pierre Karl Péladeau de se découvrir des muscles qu'on soupçonnait qu'il n'avait pas en politique ou à tout le moins, qu'il ne parvenait pas à gonfler.

Laissons les politiciens à leur sort. En attendant, ils nous offrent un beau spectacle politique. À défaut de pain, le peuple a des jeux.

Coup de coeur

À une petite Trifluvienne qui nous a procuré tant de plaisir et d'émotions et qu'on affectionnait tant: Rita Lafontaine, une tellement grande dame et si simple.

Coup de griffe

Il arrive qu'on pense vraiment qu'on doive aller au-delà d'une poursuite civile. C'est le cas avec le troublant dossier de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy concernant d'anciens dirigeants du CSAD.

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