C'est l'aura du maire qui va s'effriter

Michel Angers, maire de Shawinigan.... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Michel Angers, maire de Shawinigan.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Bien malin qui pourrait prédire comment va se conclure, au moins dans les détails, le litigieux dossier des services supralocaux de l'agglomération de Shawinigan.

Même si le maire Michel Angers souhaite l'intervention de la Commission municipale du Québec pour dénouer l'impasse, et on peut le soupçonner parce qu'il ne peut que présumer que ça serait forcément à l'avantage de sa ville, même si elle n'obtient pas tout ce qu'elle réclame de ses voisines, on peut penser que l'organisme va se traîner les pieds avant d'intervenir.

D'autant que la coalition des maires de la périphérie, qui s'est révélée jusqu'ici d'une solidarité sans faille, s'oppose fermement à un tel exercice.

Politiquement, le dossier est devenu délicat et plutôt risqué, au moins du côté du gouvernement et des députés provinciaux. Qu'on penche d'un bord ou de l'autre, on va infailliblement provoquer des irritations sévères qui deviendront dures à dissiper. Même si on aboutissait à une formule de compromis, ça restera quand même une source de frustrations difficiles à avaler.

C'est vrai qu'il existe beaucoup d'ententes à travers le Québec pour les contributions financières que doivent apporter les municipalités à proximité à leur ville-centre pour différents services supralocaux qu'elle leur fait partager. Mais elles sont tellement différentes d'un endroit à l'autre et négociées dans des contextes et dans un esprit qui varient énormément, qu'aucune de celles-ci ne pourrait constituer pour la CMQ une référence parfaite. Il y aura toujours de part et d'autre à redire.

Mais peu importe ce qui arrivera et on peut penser que pour un certain nombre de services que leurs citoyens puisent à Shawinigan, il est assez prévisible qu'on en arrive à imposer une certaine surtaxe aux citoyens de la périphérie ou une hausse tarifaire, si la formule utilisateur-payeur sur laquelle les «supralocaux» se sont repliés est retenue.

Sauf que dans le cas des maires de ces municipalités, peu en importe l'issue, ils seront auréolés par leurs citoyens, leurs électeurs. Car ils seront vus comme ceux qui ont énergiquement monté aux barricades et qui ont tout fait pour les défendre contre ce qui a été perçu par eux comme un assaut fiscal violent de la part de Shawinigan. On jugera que leurs maires se sont démenés tant qu'ils ont pu pour réduire les dégâts dans leur portefeuille.

Le maire Michel Angers ne pourra pas en dire autant. Certes, l'idée ne déplaît pas aux contribuables de Shawinigan de voir les villes voisines assumer une partie, même si elle n'était pas énorme, de leurs obligations fiscales. Les temps sont durs pour tout le monde.

Mais la capitalisation politique que peut en espérer Michel Angers apparaît limitée, très mince.

Il doit traverser l'épreuve d'un deuxième mandat, ce qui se révèle souvent la tâche la plus ardue et périlleuse pour un maire. On l'avait vu à Trois-Rivières avec Yves Lévesque qui, malgré une réélection costaude, a dû affronter une forte poussée de contestations venant tant du milieu que de l'intérieur même de son conseil municipal.

Les réélections aisées provoquent facilement des gonflements de torse.

Angers n'a pas à affronter comme Lévesque une opposition fomentée autour de la table du conseil. Mais on a vu dans quelques dossiers monter rapidement une forte grogne citoyenne. Qu'on pense seulement à l'uniformisation des noms de rues qui a provoqué des mobilisations populaires qui ne s'étaient pas produites dans d'autres municipalités fusionnées.

Sous le couvert d'exprimer un désaccord, il ne s'agit souvent que d'une occasion, un prétexte pour manifester une opposition politique latente à l'endroit de la personne ou du style d'un maire.

Bien sûr, les contribuables de Shawinigan sont loin de désapprouver leur maire dans ce dossier. D'autant que Michel Angers n'a rien à perdre. Même si sa grosse facture de 476 000 $ devait être réduite ou répartie sur une longue période, le moindre gain obtenu restera un gain bien réel.

Par contre, l'affrontement qu'il a provoqué avec ses dix municipalités voisines va entamer sa stature politique régionale.

Depuis son arrivée à la mairie de Shawinigan, l'homme a travaillé avec un certain succès à rétablir le rayonnement régional de sa ville tout en s'affirmant lui-même comme une personnalité politique mauricienne de premier plan.

Même incontournable.

Ce qui lui a valu une attention privilégiée de la part du gouvernement de Québec, tant de celui de Pauline Marois que de Philippe Couillard, dans plusieurs dossiers où on avait besoin de la compréhension gouvernementale alors même que son homologue de Trois-Rivières s'embrouillait fortement à ce niveau.

Avec la dissension qu'a fait naître le litige de ses services jugés supralocaux et l'isolement politique dans lequel il s'est retrouvé coincé, son aura a forcément perdu un peu de son éclat.

Ce qu'il risque de gagner en piécettes de monnaie, la cohésion de son agglomération le perdra en valeur et quelques plumes politiques échoueront au sol.

Coup de coeur:

C'est un profond coup de coeur à un collègue tellement apprécié. Salut, salut bien bas, Jean.

Coup de coeur

C'est un profond coup de coeur à un collègue tellement apprécié. Salut, salut bien bas, Jean.

Coup de griffe

Smily Sam, dit Hamad, vient de perdre son sourire. Pourrait-il perdre d'autres choses?

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