Pas si mal, pour un «parti de pourris»

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Tant qu'il y aura trois partis d'opposition actifs, comme c'est le cas, il sera toujours difficile de déloger le Parti libéral du pouvoir.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On ne peut pas dire qu'il y avait là une grande surprise.

Deux sondages nationaux, l'un de CROP, l'autre de Léger Marketing, nous ont appris cette semaine que le gouvernement libéral de Philippe Couillard a encore une fois perdu en popularité dans l'opinion publique. Au point que s'il y avait eu des élections, la victoire lui aurait échappé en faveur d'un gouvernement, probablement péquiste, mais minoritaire.

Il ne faut pas s'étonner qu'il en soit ainsi à la mi-mandat, après deux ans d'une austérité budgétaire menée sans trop de délicatesse, surtout dans les régions du Québec qui ont été durement secouées par plusieurs de ces mesures hussardes.

La surprise jusqu'à il y a peu, s'il y en avait une, c'était que malgré tout, contre vents et marées, le gouvernement Couillard restait juste assez apprécié pour être reporté au pouvoir, à défaut d'un grand emballement à son endroit.

À la différence du budget fédéral rempli de «candies», celui du Québec adopté il y a deux semaines ne comportait aucune douceur pour les contribuables. Cela a pu jouer dans l'humeur des Québécois, mais on s'entend que c'est davantage l'effet Normandeau qui a fait culbuter les libéraux.

Sans que cela ne profite vraiment au PQ et à la CAQ, selon Léger, mais d'une façon appréciable pour la CAQ, selon CROP. Et les coups de sonde ont été menés avant même que François Legault ne traite l'actuel gouvernement libéral de «parti de pourris». Au fait, comment se sentent nos cinq députés libéraux de la Mauricie?

Selon Léger Marketing, les libéraux auraient perdu trois nouveaux points pour descendre à 33 % alors que les péquistes et les caquistes auraient mérité un maigre point pour se situer à 30 et 22 %. Rien dans leur cas pour sauter avec enthousiasme dans le jambon de Pâques. Crop fait descendre les libéraux à 32 %, le PQ à 30, mais fait bondir la CAQ de six points à 24 %. La CAQ serait donc devenue la saveur du moment. Il faudra malgré cela à ses partisans garder le triomphe modeste. Car la CAQ n'est seulement revenue qu'au niveau d'avril 2014 alors qu'elle avait obtenu 23 % des suffrages exprimés. Qu'on le veuille ou non, c'est un genre de surplace. Un simple retour au bercail des brebis caquistes égarées.

Dans les faits, ce que ces deux sondages nous rappellent, c'est que la base de vote libérale se situe toujours autour des 30 %, peu importe l'appréciation générale qu'on peut en avoir. Le PLQ se retrouve donc accoté sur ses appuis traditionnels, sans plus. Lui reste deux budgets de charme pour remonter un peu.

Tant qu'il y aura trois partis d'opposition actifs, comme c'est le cas, il sera toujours difficile de déloger le Parti libéral du pouvoir. Les insatisfaits peuvent s'éparpiller. Ils ont du choix. C'est une réalité qui s'impose de sondage en sondage et d'élection en élection.

C'est peut-être pourquoi Léger Marketing a eu la curiosité d'aller vérifier ce qui arriverait en cas d'alliances. La donne change radicalement. Avec le PQ-QS, le PLQ serait battu et il serait au coude à coude face à une fusion PQ-CAQ. Il ne serait cependant pas déclassé. Mais compte tenu de la concentration de son vote et sa faiblesse chronique chez les francophones, dans chacun de ces deux cas de figure, le PLQ serait renvoyé dans l'opposition.

Tant qu'il y a division, les libéraux règnent. Il aurait été plus éclairant que les sondeurs de Léger aillent plus loin et notent les réactions advenant un PQ-CAQ, non pas dirigé comme on a pu le présumer, par Pierre Karl Péladeau, mais par François Legault. Car des deux, c'est lui qui tire en ce moment.

Les péquistes ne peuvent que constater les limites de leur chef actuel à relancer leur parti dans les sphères payantes de l'électorat. Ils se le font signifier d'un sondage à l'autre. Leur plafond électoral reste bas, souverainement trop bas.

Pour l'instant, il n'y a rien de dramatique. Tout le monde a du temps devant lui, au moins deux ans avant les prochaines élections. Mais il faudra à l'opposition bouger quelque part si elle veut arriver quelque part.

La seule conséquence à la mauvaise humeur des francophones à l'endroit du gouvernement libéral se fera peut-être sentir dans l'élection partielle de Chicoutimi. Les libéraux pensaient bien jusqu'à cette semaine remporter cette élection haut la main.

Il faut dire que la région est comme sous protectorat gouvernemental. Quand vous avez un premier ministre dans le comté voisin et qu'il s'est désigné responsable de la région, vous êtes un peu beaucoup dorlotés. Qu'on pense seulement aux 26 millions $ accordés pour améliorer le confort de quelques ours polaires au zoo de Saint-Félicien, presque autant que les 30 millions $ que le gouvernement de Québec, avant le fédéral, a consenti aux victimes de la pyrrhotite.

La circonscription de Chicoutimi virée libérale, une forteresse péquiste d'apparence imprenable, ce serait tout un trophée à exhiber pour Philippe Couillard. Le comté n'est pas encore sauvé pour les péquistes, qui s'attendaient pourtant à le perdre. La lutte est redevenue serrée, car le sondage de Segma Recherche concède maintenant une légère avance à leur candidate.

Si les péquistes échappent une circonscription aussi enracinée péquiste que Chicoutimi, aux mains d'un «parti de pourris» comme le pense aussi sans l'avoir dit tout haut leur chef, c'est qu'il y a un gène qui a détraqué leur ADN d'origine. Ou un greffon qui ne prend pas.

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