Les Radisson et son ombre grise

L'hommage à Denis Roy, de la firme Egzakt,... (Daniel Jalbert)

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L'hommage à Denis Roy, de la firme Egzakt, comme personnalité d'affaires masculine de l'année lors du Gala Radisson, a beaucoup fait jaser.

Daniel Jalbert

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Et si on en a avait simplement profité pour régler quelques vieux comptes en distribuant quelques camouflets...

On peut en effet se demander si certains des prix Radisson attribués par la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières justifiaient vraiment la poussée de fièvre qu'ils ont suscitée chez certains. On a assisté à des tirs groupés qui sont un peu suspects.

D'abord, on ne peut absolument pas mettre en doute la haute compétence, l'indépendance et la neutralité du jury présidé par le professeur en économie Frédéric Laurin.

S'il y a une démonstration qui a été faite par ce jury, c'est certainement qu'il n'attend pas l'imprimatur de l'hôtel de ville de Trois-Rivières pour faire ses choix. On n'aurait pas autrement assisté à la sortie offusquée du maire Yves Lévesque.

Celui-ci, on le sait, a plutôt mal digéré que le Radisson pour l'entreprise touristique de l'année ait été remis au musée Boréalis plutôt qu'à l'Amphithéâtre Cogeco. Bien sûr, le maire Lévesque s'est peinturé épais politiquement dans le dossier de l'Amphithéâtre et chaque commentaire favorable ou réussite reliés à l'équipement est perçu par lui comme la preuve aux yeux de tous qu'il avait raison et ses opposants, tort.

Que l'Amphithéâtre ait été désigné coup de coeur du jury, ce qui est généralement, dans les concours de ce genre, le prix le plus acclamé, n'était pas suffisant à ses yeux. Si on s'était arrêté là, on ne s'en serait pas trop formalisé. On est devenu familier, pour ne pas dire rompu, aux éruptions épidermiques du maire.

On ne fera pas de procès d'intention, mais on peut aussi se demander s'il n'a pas grondé son nouveau directeur à IDÉ Trois-Rivières, Mario de Tilly. Ce dernier a quand même senti le besoin de s'expliquer sur la place publique, parce qu'il était celui qui avait remis le prix à Daniel Beaulieu, le dirigeant de l'Entrepôt de la Lunette, le Radisson pour la nouvelle entreprise de l'année.

Il peut y avoir eu quelques frustrations légitimes à cette reconnaissance du fait que Beaulieu avait une créance, via une ancienne entreprise, de 125 000 $ avec IDÉ Trois-Rivières, le bras de développement économique de la ville, largement financé par celle-ci.

Le jury doit tenir compte du dossier qui lui est soumis et non de tout le passé d'affaires du lauréat. Il n'a pas à consulter le plumitif entrepreneurial. On ne compte plus les entrepreneurs qui ont déjà trébuché mais qui se sont relevés par la suite pour fonder des empires. On devrait applaudir dans les circonstances et non maugréer pour enlever du lustre à l'honneur reçu.

Le meilleur est quand même venu du prix de la personnalité d'affaires masculine.

Denis Roy, président-fondateur d'Egzakt, aurait peut-être dû éprouver une petite gêne à laisser porter sa candidature à ce titre, puisqu'il pouvait difficilement ignorer que son entreprise allait être contrainte de déposer son bilan dans les semaines suivantes.

Son entreprise a quand même été un fleuron à Trois-Rivières pendant trente ans, un exemple entrepreneurial et une inspiration pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, et Denis Roy, un homme très impliqué dans sa communauté. C'est l'ensemble de l'oeuvre qui a été reconnu.

Il n'aurait pas fermé boutique qu'il y aurait quand même eu quelques grimaces à son titre d'entrepreneur masculin de l'année... dans certains bureaux de l'hôtel de ville.

Il y a des souvenirs qui ne s'effacent pas facilement. L'occasion était donc belle pour certains de se questionner sur la pertinence, dans son cas, de sortir du gala de la Chambre en brandissant un Radisson. Il est loin d'être impensable qu'un chef d'orchestre politique ait agité sa baguette pour qu'un petit concert de reproches soit joué.

Tout le monde n'a pas oublié l'élection municipale de 2005. Un power point avait largement circulé dans la toile trifluvienne qui reprochait à l'actuel animateur-vedette Robert Pilotte une promiscuité prétendue avec le maire Lévesque. On y attaquait l'un et l'autre, sous le regrettable couvert de l'anonymat. C'était un peu cheap shot, même en campagne électorale.

Or, certaines recherches avaient donné à entendre que le brûlot anonyme originait des bureaux d'Egzakt. Ce dont Denis Roy s'était vivement défendu... sans convaincre pour autant tout le monde et surtout, les cibles du pamphlet.

Il faut dire qu'à ce moment-là, Egzakt était en forte croissance et que l'entreprise rayonnait à travers tout le Québec. Les contrats affluaient de partout, sauf de l'hôtel de ville de Trois-Rivières, où l'entreprise était ignorée, à vrai dire ostracisée. C'était frustrant de la part de Roy et de son équipe d'être hautement reconnus sur le plan professionnel, mais d'être boycottés à la Ville de Trois-Rivières pour raison de mauvaises accointances politiques. Coupable de délit par association.

Il y avait au moins alors une opposition qui se sentait posséder les muscles pour s'exprimer... mais qu'on n'entend plus, parce qu'elle en a payé le prix, et pas seulement dans les urnes.

Alors, quand on aime monter sur le ring mais qu'il n'y a plus d'adversaires qui osent s'y présenter parce qu'on les a tous knockoutés, on peut compenser ses petites nostalgies guerrières en tentant de dépolir, même des Radisson.

Coup de coeur

Aux vaillants lève-tôt de la Binerie Chik qui s'échinent à nous servir dès 5 h le matin de sacrés bons petits déjeuners, à très bon prix et réconfortants, tempête de neige ou pas, rue Royale déblayée ou pas, contraventions justifiées, mais surtout pas.

Coup de griffe

Un scoop? D'après des sources inspirées, après Marie la prof, Kim l'avocate-criminaliste, Marie-Gisèle la religieuse, 

il y aurait bientôt une nouvelle vedette à l'Unité 9: Lise la tête couronnée.

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