Un petit coin d'Éden... pour elle

Depuis une semaine maintenant, des gens sont venus...

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Depuis une semaine maintenant, des gens sont venus chaque jour déposer là des fleurs, des petits anges, des chandelles, surtout des toutous, avec toujours un petit mot du coeur à l'intention de Cédrika. 

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans cet environnement gris, lourd de l'humidité des lieux, du temps aussi qui s'est voulu résolument maussade comme s'il avait lui aussi, à sa manière, voulu exprimer ses sentiments, se détache un petit jardin d'Éden.

Depuis une semaine maintenant, depuis qu'on a su, des gens, les yeux dans l'eau, sont venus chaque jour déposer là des fleurs, des petits anges, des chandelles, surtout des toutous, de toutes les couleurs, de toutes les grandeurs, avec toujours rattaché à l'offrande, un petit mot du coeur à l'intention de Cédrika. Comme si on voulait lui faire un câlin, lui apporter une petite douceur, celle qu'elle n'a pas eue un certain jour sombre de juillet 2007.

Ce tout petit coin rempli de belles fleurs et de peluches, parce qu'on sait qu'elle les collectionnait, détonne dans la broussaille avoisinante. C'est comme une réplique à l'inhumanité dont ces boisés tout autour ont été le théâtre. 

Il faut bien le constater, le grand élan d'affection qui a déferlé sur le Québec, une fois le choc de la découverte de restes du corps de la petite Cédrika Provencher ressenti, ne s'est pas affaibli.

Jour après jour, la population du Québec n'a de cesse de surveiller les nouvelles concernant les fouilles menées par la Sûreté du Québec, dans l'espoir d'apprendre qu'on a retrouvé d'autres parties de son corps, un bout d'étoffe qui lui aurait appartenu, un indice qui permettrait de confondre son meurtrier.

Ils ont été 200 policiers spécialisés dans ce genre de fouilles, à ratisser tous les jours de la semaine, dans des conditions météo qui étaient loin d'être idéales, le secteur boisé autour de l'endroit où l'on a retrouvé le crâne de la petite Cédrika.

C'est un déploiement d'effectifs et de moyens de recherche exceptionnel dans un dossier d'exception. Il en avait aussi été ainsi dans les jours et les semaines qui ont suivi sa disparition, quand la certitude de son enlèvement a été admise. 

On peut comprendre que l'actuel directeur de la SQ, Martin Prud'homme, se soit rapidement présenté sur les lieux et qu'il n'ait pas lésiné sur les moyens à mettre en oeuvre. C'était lui qui avait été le responsable de l'enquête en 2007. C'est une histoire qui a bouleversé le Québec, mais qui, pour le chef Prud'homme comme pour tout le Québec, reste inachevée. Tout le monde veut qu'il y ait une fin.

Cette fin, on la connaît tous, car il ne peut y en avoir d'autres. C'est l'arrestation du responsable de ce crime révoltant, son inculpation et sa condamnation. Il faut bien sûr, pour cela, des preuves qui soient solides. 

«L'enquête continue de progresser et nous sommes satisfaits de l'avancée des travaux», est venu raconter jeudi à la presse le chef des communications à la Sûreté du Québec, le capitaine Guy Lapointe. Cela a laissé tout le monde sur son appétit. Après cinq jours de cette grande battue policière, on espérait qu'une découverte cruciale soit rapportée au public. On en attendait peut-être trop, à ce moment-ci.

Le policier s'est voulu encourageant dans ses propos. Mais on a compris que si des éléments majeurs ont pu contribuer à l'avancement de l'enquête, c'est avant tout celle-ci qu'il fallait protéger. «Il faut prendre le temps de bien faire les choses», a-t-il insisté. Alors on ne saura pas trop si on a trouvé ou pas des choses qui parlent ou si on détient de nouveaux indices ou des renseignements qui permettraient de faire un grand bond en avant à cette enquête.

Ce n'est pas une course contre la montre, certes, mais il est normal qu'il y ait de l'impatience dans l'air. 

Cela fait quand même huit ans qu'on attendait de connaître le sort de Cédrika. Voilà autant de temps que son kidnappeur et meurtrier profite, lui, de sa liberté.

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