La faute à nos «no name»?

En dépit d'un titre allongé de ministre délégué... (Stéphane Lessard)

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En dépit d'un titre allongé de ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard n'a pas eu de quoi mettre sur la sellette Trois-Rivières et la Mauricie.

Stéphane Lessard

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Est-ce la faute de nos politiciens «no name»? Il serait tentant de croire que c'est effectivement en raison de nos «obscurs» si le poids médiatique de la région est si faible.

Dans son rapport annuel où elle mesure l'importance qu'ont occupée les nouvelles dans l'ensemble du Québec, la firme Influence Communication nous apprend que Trois-Rivières et sa région n'ont représenté que 2,27 % de l'actualité médiatique en 2015. 

Autant dire qu'on n'existe pas, ou si peu. 

Bien sûr, c'est Montréal qui domine l'espace médiatique avec 52,57 % des nouvelles diffusées au Québec la concernant ou en provenant. Québec, avec son parlement, son colisée, sa «Nordiques Nation» et son truculent maire Régis Labeaume suit avec 24,06 %. Après, c'est la disette médiatique... sauf pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, à 14,27 %. Pourquoi en est-il ainsi de la région des Bleuets et pas de la Mauricie? 

Le facteur qui a fait se distinguer Saguenay et le Lac-Saint-Jean, ce sont ses personnalités politiques. Entendons-nous que ce n'est pas le maire Jean Tremblay, avec ses incantations et ses onctions qui a fait seul se déplacer le regard médiatique important porté sur sa ville et sa région, mais il y a assurément contribué. Malgré ses échanges acrimonieux avec le maire de Québec et son claquage de portes à l'Union des municipalités du Québec, Yves Lévesque n'a quand même pu rivaliser avec les effluves publiques de sainteté de son homologue Tremblay. 

C'est l'ensemble de la brochette de personnalités politiques importantes et connues qu'on y trouve et qui est assez exceptionnelle qui explique que le Saguenay-Lac-Saint-Jean se distingue des autres régions du Québec dans l'intérêt médiatique qu'elle accapare.

On retrouve le premier ministre Philippe Couillard. C'est déjà un gros morceau. Mais il y a eu aussi l'ex-leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, qui a été un ministre péquiste actif aux Affaires municipales, aux Régions et à l'Occupation du territoire.

Mais aussi Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean, mais surtout candidat devenu vedette lors de la course à la direction du PQ. Et au fédéral, Denis Lebel, député conservateur de Roberval, qui en a mené large ces dernières années comme lieutenant québécois de Stephen Harper.

Il faut bien, en toute modestie, admettre qu'on ne dispose pas de l'équivalent parlementaire dans la région. Dans la députation régionale, celle qui demeure la plus connue et qui a fait le plus parler d'elle en 2015, c'est la députée de Laviolette, Julie Boulet.

Pas forcément pour les meilleures raisons, puisque si on s'est attardé à elle sur le plan médiatique, c'est d'abord parce qu'elle n'avait pas été réinstallée comme ministre et ensuite parce qu'elle a été invitée à la barre de la commission Charbonneau pour répondre comme ex-ministre des Transports à des questions sur le financement du Parti libéral.

En dépit d'un titre allongé de ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard n'a pas eu de quoi mettre sur la sellette Trois-Rivières et la Mauricie.

Ce n'est pas le ministre le plus bousculé par des questions agressives de l'Opposition à l'Assemblée nationale. Il est aussi un petit nouveau en politique active au Québec. C'est la même chose du député fédéral François-Philippe Champagne, fraîchement élu, qui ne peut encore revendiquer la notoriété d'un Denis Lebel et encore moins celle de Jean Chrétien, son prédécesseur dans Saint-Maurice-Champlain.

Ne leur en voulons quand même pas trop de leur anonymat involontaire qui fait que les réflecteurs médiatiques ne soient pas davantage braqués sur Trois-Rivières et la Mauricie. En dehors du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les autres régions du Québec sont restées en 2015 encore plus ignorées que la nôtre.

La région de Sherbrooke, par exemple, n'a représenté que 1,72 % des nouvelles québécoises. Ailleurs, ce ne sont plus que des traces, des poussières médiatiques. À moins qu'il ne se produise un drame, comme à Lac-Mégantic, les histoires des régions du Québec n'intéressent plus le Québec. L'intérêt régional est en constant déclin. Depuis 2000, le poids médiatique des régions pour l'ensemble des nouvelles diffusées a baissé de 88 %, a constaté Influence Communication.

S'il n'y a pas une super-personnalité politique qui émerge, il faut faire un mauvais coup ou vivre une tragédie pour capter l'intérêt général. On n'a plus de centrale nucléaire à fermer pour attirer l'attention.

Dans les événements sportifs qui ont marqué l'actualité... (Archives, Sylvain Mayer) - image 2.0

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Dans les événements sportifs qui ont marqué l'actualité québécoise en 2015, la Classique hivernale de la LHJMQ à Saint-Tite et le Grand Prix de Trois-Rivières se sont hissés dans les cinq premières positions.

Archives, Sylvain Mayer

Et on ne veut certainement pas donner à partager avec le reste du monde d'autres émotions aussi fortes que celles qui ont explosé avec le drame de la petite Cédrika Provencher. 

Il arrive quand même qu'on parvient parfois, à travers des événements plus heureux, à prendre notre part médiatique. Dans les événements sportifs qui ont marqué l'actualité québécoise en 2015, la Classique hivernale de la LHJMQ à Saint-Tite et le Grand Prix de Trois-Rivières se sont hissés dans les cinq premières positions. Tout un exploit!

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