T.-R.: la plus meilleure ville?

Le maire Yves Lévesque.... (Stéphane Lessard)

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Le maire Yves Lévesque.

Stéphane Lessard

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On s'est un peu bombé le torse en fin d'après-midi lundi à l'hôtel de ville de Trois-Rivières lors de la présentation des prévisions budgétaires pour l'année 2016.

Il y a bel et bien eu, avec le nouveau rôle d'évaluation, une hausse de 7,36 % de la valeur imposable à Trois-Rivières, ce qui pouvait laisser craindre le pire de la part des contribuables. Mais on n'a pas abusé de l'occasion.

Pour en tenir compte, on a plutôt baissé de 6,27 % le taux de taxation de l'an passé. Ce qui n'empêchera quand même pas le compte de taxe pour une maison dans la moyenne de monter de 0,96 %. Ce n'est pas beaucoup. C'est même mieux que ce qu'on nous présente dans une année d'élections municipales.

À ce niveau, la hausse du compte de taxes des contribuables trifluviens sera la plus basse parmi les grandes villes comparables du Québec. Alors oui, le maire Yves Lévesque était tenté de pousser loin vers l'avant ses bretelles. Il ne l'a presque pas fait.

Il s'est retenu, mais pas jusqu'au point de s'empêcher de donner quelques petites leçons de savoir-faire aux autres villes, qui à la différence de la sienne, «pelletent en avant» et pigent dans leurs surplus pour payer des dépenses courantes, de l'épicerie. 

À moins de 1 % d'augmentation, Trois-Rivières reste nettement en bas de l'inflation, que les villes présument faussement pour 2015, afin de se donner une zone de confort et de préserver une apparence de gestion rigoureuse, à 2 %. À 0,96 % à Trois-Rivières, c'est même un pour cent de moins que ce qu'a dû imposer son «ami» de Québec, Régis Labeaume.

Mais la plus belle comparaison pour le maire de Trois-Rivières, c'était évidemment Sherbrooke où là, ça a été le coup de massue à 4,6 %. Une ville, s'est empressé de relever Lévesque, qui n'est pas aux prises avec le problème de la pyrrhotite qui fait baisser à Trois-Rivières les revenus de taxation et qui reçoit 30 millions $ par année avec son Hydro-Sherbrooke. «Si on avait les mêmes conditions...», s'est pris à rêver tout haut le maire. 

C'est vrai que la pyrrhotite fera perdre cette année encore 2,1 millions $ de revenus de taxation. Même si la ville a rétabli à 40 % la valeur foncière de ces propriétés, comme il s'en est ajouté de nouvelles avec ce problème, on n'est pas parvenu à niveler les comptes. Sherbrooke profite effectivement de profits importants qui lui viennent de l'exploitation d'Hydro-Sherbrooke.

Mais cette dernière a quand même dû encaisser de sa compagnie d'électricité une baisse de revenus de 3,5 millions $ qui explique la moitié de la hausse du compte de taxes qui sera envoyé aux Sherbrookois. 

Il reste que ce n'est pas cette année que les contribuables de Trois-Rivières vont faire des ulcères à la réception de leurs comptes de taxes, en janvier. En comptant la taxe d'eau de 6 $ de plus, la seule qui change pour les services, pour une maison d'évaluation moyenne de 178 000 $, il en coûtera 30 $ de plus qu'en 2015. 

Il y avait pourtant des manques à gagner importants comme la pyrrhotite (2,1 millions $), le pacte fiscal (3,8 millions $) ou le schéma de couverture de risques qui coûtera encore 1,3 million $ en 2016. Ces seuls points budgétaires auraient pu représenter une hausse de 4 % puisque chaque point de pourcentage de taxation équivaut à une rentrée d'argent de 1,8 million $. 

Reconnaissons qu'on a travaillé fort à l'hôtel de ville pour limiter la croissance des dépenses. L'affectation des surplus budgétaires à la réduction de la dette à long terme commence à produire de bonnes économies annuelles. La Ville s'était engagée par résolution à consacrer à la dette 25 % des surplus. On a plutôt fait basculer dans la dette à long terme 100 % de ceux-ci.

Depuis 2013, on a ainsi allégé la dette (ou sa croissance) de 34 millions $. Encore en 2016, on y versera 2,7 millions $. Cela se répercute dans le service de la dette, soit le montant de remboursement annuel des emprunts qui représente quand même encore près de 20 % du budget annuel de Trois-Rivières.

On a aussi réalisé en 2015 d'appréciables économies sur les achats de carburant. Mais surtout, on a poursuivi la grande opération de réingénierie qui modifie certaines façons de faire et qui a impliqué jusqu'ici des réductions d'effectifs, en particulier au niveau de l'encadrement. La masse salariale de Trois-Rivières sera moins forte en 2016 qu'en 2015, en dépit des augmentations annuelles ou d'échelles d'environ 3 %. C'est un exploit.

C'est cet ensemble de mesures qui témoigne d'une gestion extrêmement serrée qui ferait de Trois-Rivières «la plus meilleure ville» du Québec, au moins pour la modeste croissance du compte de taxes de ses contribuables en 2016.

On pardonnera au maire Yves Lévesque de n'avoir pu se contenir depuis quelques jours en chuchotant à gauche à droite, même à des journalistes, «sa» bonne nouvelle budgétaire, incapable de patienter jusqu'au dépôt officiel du budget.

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