Un vieillissement seulement apparent

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, finira-t-il par avoir raison et... (Stéphane Lessard)

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Stéphane Lessard

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, finira-t-il par avoir raison et voir son rêve, à moins que ce ne soit sa prétention, de diriger une ville aussi populeuse que Trois-Rivières se réaliser.

Les plus récentes données de l'Institut de la statistique du Québec l'autorisent à quelque espoir en ce sens, mais il lui faudra assurément s'armer d'une grande patience, peut-être plus qu'il en a, pour que la chose se produise.

C'est vrai que les statistiques démographiques concernant la Mauricie sont peu reluisantes et que celles sur le Centre-du-Québec sont un peu mieux, mais quand même sans plus.

Il faut constater que la population des deux régions, qui ont déjà été unies pour n'en former qu'une, a tendance à vouloir s'égaler. La Mauricie comptait, en 2014, 266 794 habitants et le Centre-du-Québec, 239 990. L'écart rétrécit d'année en année. Mais le coude-à-coude démographique n'est pas prévu avant une vingtaine d'années, dans la mesure où la tendance actuelle se maintiendra.

Il reste que si Drummondville compte aujourd'hui 75 000 habitants, on dépasse à Trois-Rivières les 130 000 personnes. Trois-Rivières n'est donc pas «menacée», si l'on peut s'exprimer ainsi, même à moyen terme.

La Mauricie, sur le plan démographique, croît très lentement. Ce n'est pas le cas de Trois-Rivières dont la population est en progrès plus prononcé. Le maire Cusson a déjà reproché au maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, son flirt avec Trois-Rivières, «une ville en déclin» qu'il situait un peu moqueusement dans la «banlieue de Drummondville», parce qu'à moins de 90 minutes de route. À ce compte-là, Montréal, les villes de la couronne sud et Sherbooke sont aussi dans la banlieue de sa ville... ou de Trois-Rivières.

Là où c'est un peu plus embêtant pour la Mauricie et en partie Trois-Rivières, c'est que la population régionale est vieillissante. C'est à peine si elle parvient à se régénérer. Non seulement il y a plus de gens âgés de 65 ans et plus qu'il n'y a de moins de vingt ans, mais le taux de fécondité régional est parmi les plus faibles du Québec.

L'âge médian en Mauricie est de 48,2 ans comparativement à 41,8 ans pour l'ensemble du Québec. Cela peut être difficile à concevoir, mais il n'y a que le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine qui font plus vieux, et à peine. Même à Trois-Rivières, qui attire pourtant de nouveaux venus, l'âge médian, à 46,2 ans, reste au-dessus de la moyenne provinciale.

On a toujours voulu croire que Trois-Rivières et sa région étaient «avantageusement» situées entre Québec et Montréal, les deux grands pôles économiques et démographiques du Québec, et son solde migratoire positif (c'est-à-dire qu'on y attire plus de gens qu'il n'y en a qui quittent la région) aurait tendance à le démontrer. Sauf que si on se retrouve en vieillissement accéléré, c'est qu'il faut peut-être comprendre que la clientèle qu'on séduit avant tout est celle des retraités et pas suffisamment celle des jeunes travailleurs. Et peut-être pas seulement celle des retraités, en raison du faible coût de la vie, du bas prix relatif des maisons et des logements et des services facilement accessibles. On fait plus de chemin avec le même dollar qu'ailleurs. On dispose d'un genre de dolce vita à bon marché. Ça a fini par être su.

C'est ce qui peut expliquer que la Mauricie est aussi une région privilégiée pour tout ce qu'on appelle transferts gouvernementaux, soit les chèques de pension, d'assurance-emploi, de sécurité sociale...

Cela tire les revenus médians et moyens par le bas. Après impôt, le revenu disponible moyen par habitant qui s'établit à 23 474 $ est le plus faible du Québec, après celui de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Est-ce que la région apparaît malheureuse et misérable pour autant? Pas du tout et, pour peu que la reconversion économique dans les entreprises technologiques et du savoir qui a été amorcée se maintienne et même prenne de l'élan, on pourrait avoir bien des surprises dans les prochaines années. Pour les statistiques, on est vieillissant, mais c'est oublié qu'à Trois-Rivières, par exemple, on compte des milliers d'étudiants dans les deux collèges et à l'université qui viennent d'ailleurs, qui ne sont pas forcément inscrits comme habitants ici, mais qui y passent le plus clair de leur année. Ils rajeunissent la ville. Si on ne les compte pas, ici on les côtoie.

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