Entrée de Julie, exit J-D?

On ferait remonter sur le socle ministériel Julie... (Sylvain Mayer)

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On ferait remonter sur le socle ministériel Julie Boulet et on déboulonnerait du sien Jean-Denis Girard.

Sylvain Mayer

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On ferait remonter sur le socle ministériel Julie Boulet et on déboulonnerait du sien Jean-Denis Girard.

Il faut espérer que l'hypothèse avancée par le chroniqueur parlementaire Denis Lessard, de La Presse, ne relance pas les hostilités larvées, toujours plus ou moins habilement dissimulées, qui finissent infailliblement par s'installer au sein d'un caucus politique régional, peu importe le parti, et davantage encore quand celui-ci est au pouvoir.

Dans une analyse des forces et des faiblesses des ministres québécois, anticipant un prochain remaniement, Lessard évoque des nominations probables, des déplacements de sièges et quelques démotions.

Ainsi, jugeant le ministre Jean-Denis Girard trop effacé, camouflé dans l'ombre de son ministre de tutelle Jacques Daoust, lui-même instable sur sa chaise ministérielle, Lessard sort ce qu'il appelle sa carte-surprise: «la populaire députée de Laviolette, libérée de la menace d'un "blâme" de la Commission Charbonneau», qui à son avis n'a jamais été remplacée comme ministre de la Mauricie. Ce qui n'est pas gentil pour le député de Trois-Rivières.

Pour le réputé chroniqueur parlementaire, le retour de Julie Boulet au sein du Conseil des ministres «est prévisible». Il y installe aussi l'ancien député adéquiste de Trois-Rivières, Sébastien Proulx, élu depuis sous la bannière libérale dans Jean-Talon. 

Bien sûr, Denis Lessard peut laisser l'impression d'aller un peu à la pêche. Ce ne sont que des spéculations. Mais c'est un journaliste de grande expérience parlementaire, qui a ses entrées dans tous les partis politiques ainsi que dans l'appareil gouvernemental et dont les prédictions dans le passé se sont plus souvent qu'autrement révélées exactes.

Analyse fine du cheptel politique de Philippe Couillard ou chuchotements stratégiques à son oreille pour préparer le terrain, on ne sait trop. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a eu beaucoup d'émotion jeudi matin d'un bout à l'autre de la rivière Saint-Maurice.

On l'a vu au lendemain du dépôt du rapport final de la Commission Charbonneau. Dès qu'elle est apparue disculpée, le retour en grâce ministérielle de Julie Boulet a immédiatement été souhaité par beaucoup de monde, dont plusieurs maires de la région.

L'impression générale a toujours été que la députée n'avait pas été nommée ministre par mesure de précaution, du fait qu'elle était assignée à témoigner devant la Commission Charbonneau et qu'on ne pouvait présumer de la tournure des choses. Cette hypothèse en apparence levée, il est clair qu'elle redevient ministrable.

Il persiste quand même un doute en raison du préavis de blâme qu'elle avait reçu, auquel on doit comprendre qu'elle a répondu de façon satisfaisante, mais dont le contenu est jusqu'ici demeuré inconnu. Mais peut-être que comme Tintin disait devant la grande pyramide, la Commission n'a pas encore livré tous ses secrets.

Est-ce que le retour possible de Julie Boulet au Conseil des ministres devra se faire au détriment de l'actuel ministre responsable de la région, c'est ce que ces mêmes élus municipaux avaient pris soin de ne pas suggérer, vantant au contraire leurs relations cordiales avec celui-ci.

C'est vrai que Jean-Denis Girard n'a pas cassé la baraque. Beaucoup de dossiers ont piétiné depuis l'arrivée du nouveau gouvernement. Il suffit d'en parler au maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, qui grogne assez fort contre son ministre pour qu'on l'entende. 

Il reste qu'avec un gouvernement qui a aboli plein d'instances et d'organismes régionaux, qui coupe dans ses aides de toutes sortes, qui ponctionne les municipalités et rançonne les commissions scolaires et qui traverse une rude séquence de négociations avec les employés de l'État, la vie d'un ministre régional est loin d'être facile.

Il n'y a pas une semaine sans qu'un groupe n'aille manifester devant les bureaux du ministre et les propos qu'on y tient, ne sont pas toujours très délicats. On ne connaît pas de ministres, pas plus que de députés, qui puissent contester ouvertement les décisions de son gouvernement. On peut avoir la nostalgie des années d'opulence gouvernementale. 

On a trop l'impression que ces élus sont davantage les représentants de Québec dans leur région que l'inverse. Le ministre responsable du Centre-du-Québec, par exemple, Laurent Lessard est demeuré muet cette semaine à la suite des déclarations de son chef qui souhaite la disparition du gaz naturel au Québec, alors que d'importants projets dans le parc industriel de Bécancour reposent sur l'utilisation de cette source d'énergie. Puisque ça ne relevait pas de son ministère, ça ne le concernait pas et semble-t-il pas davantage en sa qualité de ministre régional. À quoi ça sert d'abord?

Bien sûr, les remarques viennent du caquiste Éric Caire, mais le ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad s'est aussi fait traiter mercredi de «ministre décoratif» parce qu'il ne réglait pas selon lui les vrais problèmes de Québec. Et le ministre Jean D'Amour, par des maires de la Gaspésie, de pratiquer le chantage, de faire des menaces, d'être autoritaire, bref, à botter au derrière. 

Par les temps qui courent, ministre régional, ce n'est pas le bon job pour se faire aimer.

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