Le ciel grisonnant des verts

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Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie s'oppose toujours à l'utilisation de la centrale thermique TransCanada à Bécancour.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie a déposé une demande en révision de l'autorisation accordée par la Régie de l'énergie à Hydro-Québec de réutiliser la centrale thermique de TransCanada pour lui permettre de combler ses besoins lors des pointes hivernales.

Faut-il s'en étonner? Le ROEE avait déjà manifesté son opposition à ce projet lors des audiences de la Régie cet été. Il faut donc conclure que la Régie n'avait pas retenu les arguments invoqués par ces organismes environnementaux.

Pour tenter malgré tout de faire échec au projet, le ROEE prétend maintenant que la Loi sur la Régie de l'énergie ne lui conférait pas le pouvoir d'autoriser l'entente de gré à gré conclue entre Hydro-Québec et TransCanada Energy, le propriétaire de la centrale thermique de Bécancour.

Faut-il rappeler que cette centrale au gaz naturel n'a produit de l'électricité que quelques mois après son ouverture et qu'en raison de ses surplus de production, Hydro-Québec doit verser depuis 2008 en compensation à TransCanada pour l'énergie qu'elle ne lui achète pas, autour de 150 millions $ par année. C'est un peu moins depuis quelques années, mais la compensation devra être acquittée jusqu'en 2026. Une facture salée qui au total avoisinera les 2 milliards $, ce qui a fait crier beaucoup de monde au scandale.

La centrale thermique a une puissance installée de 570 MW, mais les besoins de pointes d'Hydro n'en nécessiteront pas autant. On parle d'une utilisation qui variera entre 100 et 300 heures durant l'hiver, mais qui va permettre à la société d'État d'économiser beaucoup d'argent, Car les moindres MW acquis lors des conditions extrêmes lui coûtent une petite fortune. Avec son nouveau protocole avec TransCanada, Hydro-Québec pense couper de moitié ces achats ponctuels.

Pour Bécancour et la région, ce n'est pas une mauvaise affaire. Pour fournir en gaz naturel la centrale, il faudra construire un site d'entreposage pour recevoir le gaz naturel liquéfié que lui livrera Gaz métro. Un petit chantier qui créera un peu d'emplois à un moment bien utile et il en sera de même pour les futures opérations temporaires de la centrale, à compter de l'hiver 2017. 

L'ennui pour ROEE, c'est que le redémarrage de la centrale de TCÉ entraînera des émissions de gaz à effet de serre. Pas autant que si la centrale opérait à pleine capacité, mais quand même quelques dizaines de milliers de tonnes de GES seront diffusées chaque hiver dans notre air nordique. 

Il ne s'agit pas de retourner à nouveau le fer dans une plaie qui se cicatrise bien lentement, mais si la centrale de TCE doit reprendre un peu de service et polluer l'air alors même qu'on veut tout faire pour réduire les émissions de CO2, c'est beaucoup à cause des groupes environnementalistes comme ceux que regroupe le ROEE.

Ils ont tous applaudi à tout rompre lorsque le gouvernement fraîchement élu de Pauline Maurois a décrété la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2. Outre le fait qu'une centrale nucléaire ne produit pas de GES, celle de Gentilly avait aussi la propriété de stabiliser le réseau d'Hydro-Québec, en particulier l'hiver quand les grands froids frigorifient le Québec. Comme une centrale nucléaire doit fonctionner au maximum de ses capacités, Gentilly 2 permettait d'emmagasiner de l'énergie hydroélectrique en prévision des moments durs en laissant se gonfler d'eau les réservoirs de ses barrages.

Quand le débat sur la fermeture de Gentilly-2 faisait rage, les groupes environnementalistes ont fait peu de cas de ces avantages comme ils avaient rejeté du revers de la main les avertissements de certains spécialistes qui prédisaient en conséquence le recours éventuel inévitable à la production de la centrale thermique et les nouvelles émissions de gaz qu'elle allait générer. 

Même aujourd'hui, ils pourraient malgré tout se réjouir qu'Hydro-Québec se tourne vers la centrale à gaz. Non seulement c'est plus économique pour les Québécois, mais l'énergie de compensation qui provenait de l'extérieur de la province était souvent produite par des sources d'énergie fossile plus polluante que le gaz naturel.

En plus, avec le site de stockage de gaz liquéfié qui a été autorisé par la Régie de l'énergie, on évitera la construction d'un gazéoduc pour l'approvisionnement, comme c'était prévu au départ. Un pipeline de plus. Quand on sait ce que les écologistes en pensent.

On apprécierait cependant que ceux-ci reprennent un certain discours qu'ils tenaient il y a quelques années à peine quand ils promettaient, pour convaincre le monde de fermer G-2, le développement d'une expertise internationale en démolition de centrales nucléaires et de faire en sorte de ramener le site de G-2 au niveau de pré-vert. Une fois la fermeture acquise, on ne les a jamais plus entendus là-dessus.

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