Julie a-t-elle des chances?

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La question qui se pose devient bien sûr est-ce que Julie Boulet va regagner le conseil des ministres à la faveur d'un prochain remaniement?

Sylvain Mayer

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est avec spontanéité et une totale unanimité que les maires de la circonscription de Laviolette ont exprimé leur espoir que leur députée Julie Boulet soit éventuellement réintégrée au conseil des ministres à Québec.

Ce n'est pas une grande surprise parce qu'en plusieurs occasions depuis la formation du nouveau gouvernement libéral de Philippe Couillard, la plupart de ces maires n'avaient pas caché leur déception que Julie Boulet ait été écartée du cabinet. Malgré toutes les mains que leur a tendues le ministre Jean-Denis Girard, responsable de la région, ces maires déploraient que les choses ne se fassent plus comme avant. 

Il faut dire qu'avec un gouvernement qui a dès son arrivée mis en oeuvre un plan d'austérité budgétaire, ou au choix de rigueur, les dossiers locaux qui demandent de l'aide gouvernementale ont été plus empilés que réglés.

On a plutôt sabré les programmes, aboli une foule d'organismes socio-économiques et exigé des municipalités qu'elles se serrent la ceinture. Quand la manne gouvernementale se tarit, on peut facilement avoir l'impression que c'était mieux avant que maintenant et en attribuer la conséquence à la perte d'un ministre dans le comté. 

On peut en moyenne et haute Mauricie trouver très gentil et sympathique le ministre régional, mais il est de Trois-Rivières et on ne peut pas dire qu'il a un gros portefeuille. Même si son titre est long comme le bras, c'est insuffisant pour l'autoriser à jouer du coude et exercer une forte influence auprès de ses collègues.

La carrière politique de Jean-Denis Girard est encore très récente et comme ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, on ne peut évidemment pas le qualifier de ministre «senior». Pas encore. Ce que Julie Boulet pouvait prétendre être devenue.

C'est en partie ce qui explique que même le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, qui n'a jamais caché s'ennuyer de Julie-la-ministre, se soit joint au concert des maires de Laviolette pour demander au premier ministre Couillard de la ramener au conseil des ministres. Est-ce que cela aurait pu offusquer «son» ministre?

Pas vraiment si l'on en croit Jean-Denis Girard qui a lui aussi mis en relief la grande expérience politique de Julie Boulet et affirmé que ce serait un «atout pour la région». C'est très gentleman de sa part et, présumons, plus sincère que diplomatique. Quoique, comme on le sait, en politique, les adversaires sont en face et les ennemis, tout autour de soi, c'est-à-dire dans le même parti.

Il faut dire que la circonscription de Laviolette a plutôt été gâtée dans le passé sur le plan ministériel. Julie Boulet a détenu un ministère dès 2003 et c'était encore le cas en septembre 2012, au moment de la victoire péquiste. Mais avant elle, Jean-Pierre Jolivet avait aussi été ministre pendant plusieurs années, ou occupé des postes d'influence comme whip en chef ou leader parlementaire.

Si le retour de Julie Boulet à des responsabilités ministérielles est souhaité par à peu près tous les élus de la région, on a quand même pris la précaution dans plusieurs cas de préciser que ce serait comme deuxième ministre et non en substitution au ministre Girard. Après tout, comme l'a relevé le maire Michel Angers de Shawinigan, la Mauricie a voté libéral «mur-à-mur» aux dernières élections, ce qui devrait mériter considération. 

La question qui se pose devient bien sûr est-ce que Julie Boulet va regagner le conseil des ministres à la faveur d'un prochain remaniement? On peut penser qu'il y a quelques ministres qui peuvent difficilement prétendre avoir jusqu'ici obtenu la note de passage. On aura la délicatesse, pour l'instant, de ne pas les nommer, mais il devrait y avoir des sièges ministériels à rafraîchir.

D'autre part, si Philippe Couillard veut s'inspirer de son prédécesseur Jean Charest et se mettre à la mode du jour fédérale de Justin Trudeau, il lui faudra faire monter un peu plus de femmes s'il veut rétablir la parité homme-femme dans son cabinet. Avec un tel esprit égalitaire, il lui serait difficile de laisser choir une fois de plus la députée de Laviolette sur les banquettes arrières.

Le problème, pour Julie Boulet, c'est peut-être que les gouvernements libéraux à Québec n'ont jamais été enclin à une grande générosité ministérielle à l'endroit de la région. Sous le dernier règne libéral de Robert Bourassa puis de Daniel Johnson, il n'y a toujours eu qu'un seul élu ministré, Yvon Picotte, dans Maskinongé. Ce qui a été tout le contraire avec les gouvernements péquistes. À l'exception du bref gouvernement Marois, il y a toujours eu au moins deux ministres péquistes dans la région et même trois durant de courtes périodes, 

L'occasion serait belle de briser l'indigence de la tradition ministérielle libérale en Mauricie. Faut-il rappeler que si les libéraux détiennent aujourd'hui les quatre comtés de la Mauricie, c'était le désert pour eux en 2001 quand Julie Boulet est allée ravir, dans une élection partielle, le bastion péquiste de Laviolette, détenu pendant presque 25 ans par Jean-Pierre Jolivet. Elle avait alors ramené une première présence libérale qui a permis par la suite de colorer en rouge la région.

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