Quand le charme de TR opère

Le directeur général d'IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly.... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le directeur général d'IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sa conjointe et lui en avaient les larmes aux yeux après avoir assisté à la représentation de la 9e Symphonie de Beethoven interprétée par l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, sous la direction du maestro Jacques Lacombe, à la salle J.-Antonio-Thompson.

Le couple n'en revenait pas de sa chance d'assister à un tel concert donné par un orchestre de si haut calibre, accompagné d'un choeur aussi impressionnant que celui de l'OSTR... «à un prix incroyablement raisonnable, si on compare à ce qu'on aurait dû débourser pour un semblable événement à Montréal», racontera Mario De Tilly, le directeur général d'Innovation et Développement économique de Trois-Rivières.

Ils ne sont pas les seuls à avoir éprouvé de grandes émotions au concert de l'OSTR. Mais pour le couple De Tilly, ç'en n'était qu'une de plus.

L'homme est entré en fonction il y a six mois à la tête du bras de développement économique de Trois-Rivières et c'est avec passion qu'il parle aujourd'hui de sa nouvelle terre d'accueil. Il ne cache pas que sa conjointe et lui vont de découvertes en découvertes et qu'ils sont fascinés par la vie trifluvienne et régionale, la qualité et l'aisance qu'elle procure.

Le plus surprenant c'est qu'en acceptant, sous les pressions du maire Yves Lévesque qui s'était transformé en chasseur de têtes pour trouver un successeur à Yves Marchand, l'ancien directeur qui allait prendre sa retraite, Mario De Tilly, s'était d'abord montré hésitant. «L'image qu'on se fait parfois à l'extérieur de Trois-Rivières est un peu grise. Il y a une perception que c'est difficile à Trois-Rivières, que son économie n'est pas reluisante.»

La fièvre estivale trifluvienne, avec ses multiples événements, ses soirées chaudes au centre-ville, ses rassemblements communautaires, son offre généreuse en divertissements de toutes sortes et en bons restaurants, a séduit le couple De Tilly. Tant mieux pourrait-on dire, si la petite séduction a fait mouche sur eux. C'est déjà ça de pris. Mais il appartient maintenant à l'homme, en raison de ses responsabilités, que la ville soit charmée par ses accomplissements.

C'est bien sûr à ses fruits qu'on jugera l'arbre. Les preuves restent à venir, même si Mario De Tilly est débarqué à Trois-Rivières avec un passé professionnel émérite en matière de développement économique. Il a un c.v. lourd qui contient de multiples reconnaissances pour ses réalisations, y compris au niveau international. La Communauté économique européenne, entre autres, a déjà classé le parc technologique de Saint-Hyacinthe, dont il avait la responsabilité, parmi les plus performants dans le genre dans le monde, au niveau de ceux de Paris, Oslo, Osaka et Munich. Il a reçu en 2013 le prix Alphonse-et-Dorimène-Desjardins qui est remis à la personnalité ayant le mieux représenté le Québec sur le plan international. L'Assemblée nationale du Québec lui a aussi remis en 2013 une médaille pour l'ensemble de sa carrière.

Mais de son propre aveu, s'il nourrissait quelques inquiétudes à son arrivée à Trois-Rivières, elles se sont totalement dissipées depuis. «Je pense qu'on est à un point tournant à Trois-Rivières et qu'on pourrait être surpris de ce qui nous attend en termes de développement.» Facile à dire. Si ce n'est qu'il s'est forgé une telle conviction à la lumière des multiples rencontres qu'il a faites depuis son arrivée. Il est entré en contact direct avec 150 dirigeants d'entreprises. «On ne soupçonne pas la qualité des entreprises que nous possédons», raconte-t-il. Surtout, il a appris que dans presque les deux-tiers d'entre elles on caressait des projets d'investissement pour l'année à venir. C'est un indice de l'état d'esprit actuel des entrepreneurs d'ici et de l'état sain de leurs entreprises.

Trois-Rivières repose aujourd'hui sur une économie beaucoup plus diversifiée que dans le passé et qui s'est tertiarisée. Qui est donc moins fragile, d'autant que les chocs économiques pouvant venir de la fermeture de grandes entreprises sont moins risqués, puisqu'il n'en reste plus beaucoup.

Mario De Tilly est aussi allé au devant de partenaires et d'intervenants dans le milieu économique. Il en a rencontrés 80. Autant dire qu'il a fait beaucoup de travail de terrain en à peine six mois. Il est aussi allé voir les milieux économiques de Bécancour et de Shawinigan. «Il y avait des tensions inutiles qu'il fallait faire disparaître.» Pour lui, on est dans le même univers économique où ce qui est bon pour l'un l'est aussi pour l'autre. «Notre concurrence, c'est avec d'autres villes du Québec et d'ailleurs dans le monde qu'elle s'exerce.»

Le directeur d'IDÉ Trois-Rivières doit présenter cet automne son plan de développement stratégique et procé-der à l'annonce de projets d'investissement qui vont surprendre.

Cela ne peut pas lui être attribuable, du moins pas encore, mais les statistiques mensuelles sur la population active publiée vendredi nous apprenaient que le taux de chômage était toujours relativement bas, à 6,9 %, à Trois-Rivières, mais plus révélateur d'un fond économique consistant, que le taux d'activité avait enfin refranchi le cap des 60 %.

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