Le reflet du Canada, mais sans François-Philippe Champagne

François-Philippe Champagne aux côtés de Jean Chrétien lors... (Archives, Olivier Croteau)

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François-Philippe Champagne aux côtés de Jean Chrétien lors d'une conférence devant le Centre des données fiscales à Shawinigan le 5 octobre dernier.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) ll faudra finalement au nouveau député libéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, patienter avant de pouvoir accéder à un siège ministériel à Ottawa.

Il faudra surtout à la région, et à Shawinigan en particulier, se consoler de n'avoir pas une entrée directe au conseil des ministres du nouveau gouvernement libéral dirigé par Justin Trudeau, comme on l'espérait tant. 

Personne n'a oublié comment il était plus facile d'attacher des dossiers avec le gouvernement fédéral quand la circonscription était représentée par Jean Chrétien, qui était, il est vrai, premier ministre. Il reste qu'on a toujours l'impression que l'écoute devient beaucoup plus attentive quand on peut passer par un ministre de chez soi qui peut favoriser des interprétations plus favorables des programmes gouvernementaux dans les dossiers qu'on lui soumet, mais qui restent autrement strictement évalués selon les critères de programmes normés et loin d'être toujours adaptés aux réalités régionales.

Même si beaucoup de monde se croisait les doigts pour que le député de Saint-Maurice-Champlain soit nommé ministre, il apparaissait de plus en plus ces derniers jours qu'une telle nomination serait difficile à obtenir. 

Ce n'est pas que François-Philippe Champagne n'ait pas tout ce qu'il faut pour accéder à un tel poste. Bien au contraire, il a un passé professionnel chargé, à l'étranger entre autres, qui l'y préparait totalement. Il parle plusieurs langues, il est issu d'une famille entrepreneuriale, il est toujours actif dans le milieu des affaires.

Ce n'est pas les compétences qui faisaient défaut dans son cas. Sans compter que la victoire libérale qu'il a livrée le 19 octobre au soir - la seule pour le PLC entre Québec et Montréal -, il l'a obtenue par un long travail de défrichage du terrain, on pourrait ajouter de pèlerin, en parcourant de long en large depuis deux ans déjà sa circonscription tout en assumant au travers une présence libérale dans Trois-Rivières. L'homme faisait aussi partie de certaines publicités nationales et était membre de l'équipe économique nationale du PLC.

Si son chef Justin Trudeau ne s'est pas arrêté dans Saint-Maurice-Champlain durant la campagne électorale, c'est que les sondages du parti avaient identifié la circonscription comme l'une des plus assurées, cela même quand le PLC avait calé dans les intentions de vote au Québec.

Un poste ministériel aurait donné des armes au député de Saint-Maurice-Champlain pour plaider le maintien à Shawinigan du Centre des données fiscales et pour obtenir une aide fédérale dans le dossier de la pyrrhotite qui touche principalement Trois-Rivières. Son chef Trudeau ne s'est jamais vraiment compromis dans ces deux dossiers, mais on a toujours laissé comprendre qu'il y avait une ouverture de sa part pour les régler. 

Dans le cas du centre fiscal, le député Champagne pourra profiter de l'appui de Jean Chrétien, qui a promis à ses côtés durant la campagne de faire jouer toutes ses influences à Ottawa pour que ce service gouvernemental demeure à Shawinigan. C'est déjà ça de pris. Dans celui de la pyrrhotite, François-Philippe Champagne a voulu, dès le lendemain de son élection, rassurer les victimes de Trois-Rivières en promettant de prendre sous son aile ce dossier.

À la différence des conservateurs, qui ont toujours prétendu qu'il s'agissait d'un dossier de juridiction provinciale pour se défiler, les libéraux ont déjà versé dans le passé des compensations à des victimes de la pyrite, ce qui est très semblable, dans la région de Montréal.

C'est évidemment certaines contraintes, comme la représentation au cabinet de toutes les régions du Canada, dont les provinces et certaines contraintes, comme l'engagement à former un conseil des ministres paritaire, hommes-femmes, mais aussi plus restreint en nombre et plus à l'image de la réalité ethnique canadienne, que s'était imposé le chef libéral, qui ont fait en sorte qu'il n'y avait plus de place pour le député de Saint-Maurice-Champlain. 

Avec un peu moins du quart de la population canadienne, dans un cabinet allégé, le Québec ne pouvait espérer que six ou sept ministres. Ce qui est le cas en ajoutant le premier ministre. Puisqu'il fallait nommer trois femmes, il ne restait plus que trois sièges ministériels venant du Québec à combler par des hommes. Autant  dire que les chances pour François-Philippe Champagne d'accéder au cabinet devenaient illusoires, en dépit de tous les espoirs qu'une telle nomination avait pu faire naître dans la région.

Il faut reconnaître par contre que le nouveau conseil des ministres reflète bien ce qu'est le Canada d'aujourd'hui, sur le plan territorial, mais aussi démographique et ethnique.

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