Région: c'est le ronronnement municipal

Yves Lévesque... (Photo: François Gervais)

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Yves Lévesque

Photo: François Gervais

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Deux ans après leur élection ou leur réélection, on peut penser que s'il y avait un scrutin municipal en cours, tous les maires de la région seraient réélus.

Le maire de Saint-Tite, André Léveillé.... (Émilie O'Connor) - image 1.0

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Le maire de Saint-Tite, André Léveillé.

Émilie O'Connor

Évidemment, tous ne pourraient prétendre être portés par une popularité personnelle qui égalerait celle que les Montréalais accordent en mi-mandat à leur maire Denis Coderre.

Le vrai sondage, nous rappellent toujours les politiciens, c'est le jour des élections qu'on le connaît. 

S'il faut s'en reporter au dernier scrutin, il y a quand même trois maires qui avaient fait mieux que les 70 % d'appuis que reçoit en ce moment Coderre. Il y a d'abord le maire de Saint-Tite, André Léveillé, qui avait été réélu sans opposition. Difficile de mesurer son niveau réel d'appréciation dans un tel contexte. Sauf que dès lors que personne ne vient s'y opposer, c'est quand même une bonne indication qu'il aurait été très difficile à battre. Même s'il avait échappé quelques appuis depuis, il lui en resterait forcément encore beaucoup, car on n'a pas vu quelle controverse aurait pu survenir pour changer la donne à Saint-Tite.

Le maire de Nicolet, Alain Drouin.... - image 2.0

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Le maire de Nicolet, Alain Drouin.

À Nicolet, avec 95,5 % des votes qui lui ont été attribués, il faut reconnaître que la domination du maire sortant Alain Drouin a été totale. C'est dans son cas ce qu'on appelle un plébiscite. On n'a pas depuis senti depuis monter de grogne sérieuse à son endroit et la ville progresse bien dans une tranquillité sociale typiquement nicolétaine.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.... - image 3.0

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Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

Avec ses petits chapeaux, ses chemises presque fluorescentes et ses noeuds papillons aussi larges que satinés, mais surtout en dépit de ses déclarations explosives sur la peine de mort qu'il veut rétablir ou les femmes en niqab qu'il pourrait aller jusqu'à interdire de passage piétonnier sur la Saint-Laurent, la «main» de Louiseville, Yvon Deshaies a fait l'objet de quelques moqueries étouffées de la part de ses concitoyens, qui ne lui en tiennent cependant pas rigueur et qui pourraient au moins, à 60 % comme la dernière fois, le reporter sans hésitation au pouvoir à la mairie de la ville.

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste) - image 4.0

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Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

À La Tuque, Normand Beaudoin avait connu, pour le deuxième mandat qu'il réclamait, une certaine résistance. Mais depuis, si une opposition persiste, elle est très sourde car on ne l'entend pas et La Tuque vit une petite renaissance qui est appréciée des Latuquois et qui est susceptible d'avoir fait grimper le maire en popularité.

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 5.0

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Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Pour son retour à la vie municipale, Jean-Guy Dubois avait fait 10 % de mieux que son rival, l'ex-conseiller municipal Karl Grondin. Même s'il l'a eu difficile depuis deux ans en raison des grands projets industriels qu'on ne finit plus de promettre pour le parc de Bécancour, mais qui tardent désespérément à se confirmer, le maire Jean-Guy Dubois est bien en selle. On n'a pas vu encore l'ombre d'une contestation à son endroit.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 6.0

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Il y a bien eu un certain mouvement de contestation vigoureux, jusqu'à des marches citoyennes dans la rue, en raison du changement de noms sur un certain nombre de rues, mais il serait difficile de croire que cela ait pu entamer la popularité qui s'était manifestée aux élections de 2013 en faveur de Michel Angers, à Shawinigan. 

Pour son deuxième mandat, Angers avait reçu 76,9 % des votes, plus que ce que vaudrait à Montréal à Coderre son actuelle popularité. Dans une ville de 50 000 habitants comme Shawinigan, un tel niveau d'appuis est assez difficile à mériter. Or, Shawinigan bouge. Il y a des investissements qui ont déjà été annoncés, mais surtout, on sent que la ville s'est enfin engagée sur un nouveau versant, celui du progrès, après des décennies d'une agonie économique et sociale. 

Il a passé l'été sur le talus de son palace culturel de Trois-Rivières sur Saint-Laurent à triompher et à distribuer généreusement les poignées de main, en majorité à des visiteurs, convaincus qu'aux yeux du monde, tous ceux qui l'avaient critiqué dans sa ville avaient finalement été confondus. Il faut reconnaître que l'amphithéâtre est une pièce architecturale exceptionnelle et qu'on peut y présenter des spectacles prestigieux, presque «world class».

Mais ce n'est probablement pas là qu'Yves Lévesque a pu remonter dans l'estime de ses concitoyens. Il serait plus dur à battre s'il y avait des élections municipales aujourd'hui que la dernière fois. Ce n'est jamais facile d'obtenir un quatrième mandat, mais à 49 % et quelques poussières, c'était moins d'un électeur sur deux qui l'appuyaient encore. Dans une lutte à deux, c'aurait été corsé.

Yves Lévesque profite aujourd'hui, on ne dirait pas d'une harmonie parfaite à l'hôtel de ville autour de la table du conseil, mais d'une collaboration honnête et productive. Si, sur certains dossiers, des conseillers peuvent exprimer des réserves, il n'y a plus de conflit ouvert encore moins de crises politiques à répétition comme on en a connues. Là-dessus, il y a quelques mérites qui lui reviennent, car il a adouci ses aspérités naturelles et mieux contrôlé son tempérament sanguin. Son inclinaison à la confrontation, il l'a transportée vers le maire Régis Labeaume, de Québec et contre l'Union des municipalités du Québec. Des chicanes qui ne provoquent pas grands remous dans la ville. 

Bref, si on résume, ça ronronne dans la région. Il est vrai qu'on n'est qu'à mi-mandat et que les hostilités, si elles doivent reprendre quelque part, n'apparaîtront pas vraiment avant un an.

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