Champagne: son bureau sera achalandé

Qu'on lui attribue un poste de ministre, un... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Qu'on lui attribue un poste de ministre, un strapontin ministériel comme secrétaire parlementaire ou qu'il demeure tout simplement député, François-Philippe Champagne deviendra, qu'il le veuille ou pas, un homme très occupé au cours des quatre prochaines années.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Qu'on lui attribue un poste de ministre, un strapontin ministériel comme secrétaire parlementaire ou qu'il demeure tout simplement député, François-Philippe Champagne deviendra, qu'il le veuille ou pas, un homme très occupé au cours des quatre prochaines années.

Il héritera, et il en est consentant, de la responsabilité d'au moins les trois circonscriptions de la Mauricie. 

La région, on le sait, a plus ou moins résisté lundi à la vague libérale qui a balayé le pays en n'élisant qu'un seul député libéral. 

Toutes les demandes venant de la région, entre autres des maires, vont désormais être dirigées vers le bureau du député de Saint-Maurice-Champlain. Chaque fois qu'il y aura un dossier dans lequel le fédéral est impliqué ou pourrait l'être, c'est avec le député Champagne qu'on va d'abord devoir faire affaire pour en obtenir l'appui et pour qu'il le plaide à Ottawa.

C'est la première fois depuis douze ans que la région peut compter sur un député au pouvoir. La dernière fois qu'il y en a eu un, et il était de taille, c'était Jean Chrétien, le premier ministre du Canada et il avait assumé son rôle de répondant politique régional. 

Bien sûr, les deux députés néo-démocrates, Robert Aubin dans Trois-Rivières et Ruth Ellen Brosseau dans Berthier-Maskinongé, vont continuer d'être tenus occupés dans leur bureau de comté. Mais pour les gros dossiers, ceux qui ne sont pas statutaires ou programmés ou qui demandent un coup de pouce politique pour être reçu et interprété favorablement, il est clair qu'on va préférer faire affaire directement avec le député au pouvoir. 

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, n'en a d'ailleurs pas fait cachette cette semaine en avouant que depuis qu'il est en politique municipale, que ce soit à l'époque comme conseiller ou maire de Trois-Rivières-Ouest puis comme maire de Trois-Rivières, il n'a jamais appelé son député parce qu'il était dans l'opposition. Le bloquiste Yves Rocheleau et la bloquiste Paule Brunelle n'ont donc jamais été achalés par le maire Lévesque et il semble bien qu'il en ait été de même avec le néodémocrate Robert Aubin et que cela va se poursuivre.

Il est plus que probable qu'Yves Lévesque ne se serait pas précipité chez Aubin, lundi soir, pour le féliciter et lui faire l'accolade, comme il l'a fait avec le libéral Yvon Boivin, parce qu'il le présumait gagnant. Il n'a pas davantage sauté sur le téléphone mardi matin pour s'en excuser auprès du réélu, encore moins pour le féliciter. 

Les deux hommes ne sont pas en guerre. Mais chacun fait ses petites affaires sans se soucier de l'autre. Aucun d'eux ne distille discrètement de venin sur l'autre. Sauf que pour les atomes crochus, on repassera.

L'élection d'un gouvernement libéral et du candidat libéral dans Saint-Maurice-Champlain a rendu les maires du comté très heureux. Ils l'ont tous signifié avec empressement. 

Les plus soulagés de l'élection de François-Philippe Champagne doivent être en premier lieu les 1500 employés du Centre fiscal, dont l'avenir était devenu plus qu'incertain avec un gouvernement conservateur. Aux côtés de Jean Chrétien et entouré de quelques centaines d'employés du Centre, l'homme s'était engagé à tout faire pour garder ces emplois à Shawinigan, laissant entendre qu'il avait l'assentiment de son chef Justin Trudeau pour s'étirer le cou comme il le faisait dans ce dossier. 

La pression sera forte sur lui pour qu'il réalise sa promesse. Ce serait un véritable drame humain, mais aussi économique pour Shawinigan et la région, s'il fallait que ces emplois soient perdus.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne se frottait pas les mains pour rien mardi matin. Il en était jubilatoire. Depuis le départ de Jean Chrétien, on n'avait plus vraiment d'alliés sur qui compter à Ottawa. Sa liste d'épicerie sera bien remplie. 

À Trois-Rivières, le dossier de la pyrrhotite aboutira rapidement sur son bureau. On peut penser qu'il aurait fait beaucoup de chemin si Yvon Boivin, «monsieur pyrrhotite» en personne, avait été élu. Aucune esquive n'aurait été possible. Certes, Justin Trudeau est toujours resté plutôt ambiguë sur la question, mais c'est François-Philippe Champagne qui avait recruté Bovin pour être candidat dans Trois-Rivières et dès le lendemain de son élection, il s'est fait rassurant en disant qu'il n'allait pas laisser tomber les gens de Trois-Rivières aux prises avec ce problème. Il s'est donc pas mal peinturé. Yves Lévesque a aussi un dossier fédéral qui traîne à l'aéroport et un projet au port.

Les opposants au passage de l'oléoduc Énergie Est, nombreux dans Berthier-Maskinongé, n'auront peut-être pas une oreille aussi attentive. La position libérale durant la campagne est restée plutôt imprécise sur ce projet. 

Avec la réélection du bloquiste Louis Plamondon, dans Bécancour-Nicolet-Saurel, on peut dire qu'il y en a eu dans la région pour presque tous les goûts politiques. Mais à l'évidence, il y aura un député qui sera plus débordé que les autres. Ça devrait lui justifier des moyens... ministériels.

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