La région a voté arc-en-ciel

Robert Aubin attendait avec impatience les résultats de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Robert Aubin attendait avec impatience les résultats de l'élection de lundi.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Avec un député libéral, deux néo-démocrates et un bloquiste, la région s'est révélée lundi politiquement plutôt arc-en-ciel, sans touche de bleu toutefois, mais passablement à l'image de l'ensemble du Québec.

La déferlante libérale qui a surgi lundi dans les provinces de l'Atlantique, traversé le Québec sans vraiment ralentir pour garder sa hauteur jusqu'en Colombie-Britannique et élire ainsi un gouvernement libéral majoritaire a donc fait rougir la région, même si c'est partiellement.

La poussée libérale a généré une incroyable lutte à deux entre le député sortant de Trois-Rivières, le néodémocrate Robert Aubin et son adversaire libéral Yvon Boivin, à ce point qu'il a fallu attendre tard en soirée pour que l'élection de Robert Aubin soit confirmée.

Ce sera certes pour Robert Aubin la plus faible majorité régionale.  

La lutte dans Trois-Rivières n'a vraiment été qu'à deux car jamais le bloquiste André Valois n'a été menaçant et encore moins le conservateur Dominic Therrien, dont on attendait pourtant une plus forte performance électorale, compte tenu de la longue campagne qu'il avait menée. Son chef Stephen Harper s'était même arrêté à deux reprises à Trois-Rivières durant la campagne, dont jeudi de la semaine dernière.

Mais il n'y a que dans cette circonscription de Trois-Rivières que le suspense de la soirée électorale a été long. Car tant dans Saint-Maurice-Champlain, Berthier-Maskinongé que Bécancour-Nicolet-Saurel, les vainqueurs ont été connus très tôt, sans même que l'on doive se rendre au dépouillement d'au-delà des cent premières boîtes de scrutin sur une moyenne de 270. L'issue victorieuse a été dans chaque cas rapidement acquise.

Même si tout donnait à entendre qu'on pouvait assister à des luttes à trois et à quatre partout dans la région et que les résultats demeuraient en conséquence hautement imprévisibles, sauf dans Trois-Rivières, il n'y a pas eu de véritable bataille.  

La vague libérale a fait en sorte que le premier candidat proclamé élu dans la région a été le libéral François-Philippe Champagne, nettement dominant dès le début du dépouillement du vote dans Saint-Maurice-Champlain. La circonscription était certes déjà libérale, mais c'était en raison du changement de parti de l'ancienne députée Lise St-Denis, qui s'était faite élire pour le NPD en 2011. Il fallait donc au candidat Champagne mériter le comté. Sa majorité s'est accrue sans fléchir toute la soirée. Ses adversaires néodémocrate, bloquiste et conservateur se disputant, mais loin derrière, la seconde position. Il faut donner au crédit du nouveau député de Saint-Maurice qu'il s'était investi très tôt dans la course comme rarement un candidat le fait et qu'il était parvenu à convaincre Jean Chrétien de faire une sortie publique à ses côtés, ce que ce dernier évitait généralement de faire.

Dans Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon est aussi allé chercher, pour une dixième fois, une confortable majorité. On lui attendait une opposition du candidat néodémocrate Nicolas Tabah. Elle est plutôt venue du libéral Claude Carpentier. Mais ce dernier ne lui a jamais soufflé dans le cou, suivant toujours avec un écart de 15 % des voix exprimées. Avec la remontée qui était perceptible des bloquistes au Québec, même si elle était faible, il était difficile de ne pas prévoir la réélection de Louis Plamondon. 

C'était devenu moins acquis pour Ruth Ellen Brosseau dans Berthier-Maskinongé, compte tenu de la chute dramatique au cours des dernières semaines des intentions de vote qui allaient au NPD. C'est donc dans son cas une victoire personnelle puisque, non seulement elle a résisté, mais elle a amélioré le pourcentage de votes qu'elle a obtenu par rapport à celui des dernières élections. C'est peut-être ce qui explique que la vague libérale s'est comme affaissée en traversant sa circonscription, car l'opposition, très peu menaçante, est d'abord venue du candidat du Bloc québécois, Yves Perron plutôt que du libéral Pierre Destrempes, qui est resté marginal. 

Avec plus de 42 % des voix exprimées, la députée néodémocrate de Berthier-Maskinongé est celle qui a obtenu le plus fort pourcentage de votes des élus de la région. C'est dire tout le chemin parcouru en quatre ans.

La question qui va maintenant se poser: avec un Parti libéral élu et majoritaire et un député que l'on peut qualifier de ministrable, la région va-t-elle avoir un ministre à Ottawa?

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