Les ministrables de la région

François-Philippe Champagne... (Olivier Croteau)

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François-Philippe Champagne

Olivier Croteau

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On n'a pas vu à cette élection-ci de maires de la région demander l'élection d'un candidat qui aurait toutes les chances d'être nommé ministre à Ottawa. Même Yves Lévesque, qui réclamait haut et fort un ministre pour Trois-Rivières aux dernières élections provinciales, est demeuré silencieux sur la question.

Les maires se sont dans les faits peu mêlés de la campagne électorale fédérale, si ce n'est celui de Louiseville, Yvon Deshaies qui a pété sa coche en apprenant la candidature dans Berthier-Maskinongé de Victoria Cate May Burton, la fille de la chef du Parti Vert du Canada, Elizabeth May. Il est vrai qu'elle avait prévenu qu'elle ne mettrait pas un pied dans le comté, qu'elle connaissait vaguement pour l'avoir déjà aperçu à bord d'un train, lequel, elle ne le savait assurément pas, ne traversait justement pas Berthier-Maskinongé, puisqu'il passe sur la rive sud.

Il reste que parmi les vingt-deux opposants en lice dans les trois circonscriptions de la Mauricie et dans celle de Bécancour-Nicolet-Saurel, on peut identifier au moins cinq candidatures qui, en raison de leur fiche professionnelle ou de l'importance qui leur est accordée dans leur formation politique, auraient des possibilités d'accéder au futur cabinet fédéral. Comme il y en a dans les trois principaux partis susceptibles de former le prochain gouvernement, on pourrait presque déjà tenir pour acquis que le potentiel est élevé que la Mauricie ait son ministre.

On comprend que la région, qui a voté pour le Bloc québécois avant d'élire des députés néodémocrates aux dernières élections ne pouvait aspirer à obtenir une représentation ministérielle. Sur ce plan, la terre mauricienne a été asséchée en 2003 avec la retraite politique d'un certain Jean Chrétien. Non seulement la région avait pu compter sur l'influence d'un ministre à Ottawa, mais elle avait été plutôt choyée, puisque c'était le premier ministre en personne.

Autrement, il faut remonter à la fin des années 1980 et au début des années 1990 avec le conservateur Pierre-H. Vincent, député de Trois-Rivières.

Advenant la formation d'un gouvernement néodémocrate, même si c'est moins probable qu'en début de campagne, on peut penser que tant Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé que Robert Aubin, dans Trois-Rivières, pourraient prétendre à une banquette ministérielle.

Cela peut surprendre d'une députée qualifiée de «poteau» en 2011, élue dans un contexte presque rocambolesque dans une circonscription qui lui était parfaitement étrangère. Mais elle a rapidement pris de l'importance au sein du caucus néodémocrate dont elle est devenue la vice-présidente au niveau national. Elle a en plus été désignée critique du parti en matière d'agriculture. Tout cela démontre les considérations qu'on a à son endroit dans le parti. Mais il serait difficile d'imaginer qu'elle pourrait doubler dans un poste ministériel son collègue de Trois-Rivières, Robert Aubin, qui l'a prise sous son aile protectrice dès le départ, qui est perçu comme le patron régional du NPD et auquel le parti a confié des responsabilités majeures. Il est notamment le président du caucus québécois du NPD. On peut présumer que cela en ferait un incontournable advenant l'élection d'un gouvernement néodémocrate.

Du côté libéral, il serait difficile de croire que le candidat dans Trois-Rivières, Yvon Boivin n'a pas la mouture ministérielle. Son implication dans le pathétique dossier de la pyrrhotite en a fait ce qu'il a lui-même décrit comme une personne «d'influence» à Trois-Rivières. Mais il lui serait difficile de coiffer celui qui l'a recruté, son parrain politique dans un certain sens, François-Philippe Champagne, dans Saint-Maurice-Champlain. L'homme a de solides entrées au sein du PLC. Avec une partie de carrière menée à l'international, il a un c.v. bien garni. Il fait partie de l'équipe économique nationale du parti et il apparaît dans certaines publicités de son chef Justin Trudeau.

Avec une seconde visite ce matin de son chef Stephen Harper, on peut déduire qu'on souhaite fortement l'élection du candidat Dominic Therrien, dans Trois-Rivières, et qu'advenant le cas, d'importantes fonctions lui seraient réservées au sein d'un gouvernement conservateur. Ce qui doit forcément comprendre un siège ministériel.

Il y a donc des ministrables dans les trois principaux partis qui peuvent former le prochain gouvernement. Le comté de Trois-Rivières est particulièrement gâté puisque tous les candidats détiennent ce potentiel. Il reste à savoir comment les astres vont s'aligner.

C'est ce qui fait la beauté de la chose et durer le suspense.

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