Le bon sénat de P.-H. Vincent

L'ex-député de Trois-Rivières Pierre-H. Vincent était l'invité, mardi,... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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L'ex-député de Trois-Rivières Pierre-H. Vincent était l'invité, mardi, du club Richelieu, présidé par Pierre Dubillard.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est un bon coup», n'a pas hésité à affirmer mardi l'ex-ministre conservateur Pierre-H. Vincent à la tribune du club Richelieu de Trois-Rivières où il était le conférencier invité, à propos de l'entente de Partenariat Transpacifique que vient de conclure le Canada avec onze autres pays.

Il faut dire que l'homme a une bonne expérience de ce que génère pour l'économie ce genre d'entente, puisqu'il avait été aux premières loges en 1988 alors que le gouvernement de Brian Mulroney dont il faisait partie avait procédé à la signature de l'Accord de libre-échange nord-américain. Les craintes exprimées, entre autres par le Parti libéral du Canada et le Parti néodémocrate , mais aussi des syndicats, avaient été nombreuses sur les conséquences d'une telle entente.

Le Québec, a-t-il rappelé, s'y était montré par contre très favorable. L'expérience a d'ailleurs démontré depuis que cet élargissement des échanges entre le Canada, les États-Unis et le Mexique avait grandement profité à l'économie canadienne. Le Canada a signé depuis trente-huit ententes semblables avec différents pays dans le monde, ce qui démontre selon lui que l'Aléna avait tout son sens et a montré le chemin à suivre. 

Pierre-H. Vincent est tout autant convaincu qu'il en sera de même avec le nouveau pacte, puisqu'il ouvre des potentiels d'exportation considérables pour le Canada, un pays dont une large partie de la richesse dépend de son commerce extérieur. Le marché global du Partenariat Transpacifique touche 800 millions de personnes dans des régions en forte croissance, mais aussi déjà très établies comme le Japon, qui constitue encore la troisième économie mondiale en importance et bien sûr, les États-Unis, nos voisins et premier partenaire économique.

Il est vrai que la protection qu'apporte aux producteurs laitiers, d'oeufs et de volailles du Québec, le système unique de gestion de l'offre, a été réduite. «Mais d'une façon très minime», analyse-t-il. Surtout, l'avocat-fiscaliste de formation, devenu homme d'affaires, juge que le soutien de 4,3 milliards $ qui sera consenti à ces producteurs, sur une période de quinze ans, permettra de «voir venir» et de s'ajuster en conséquence. En contre-partie, 60 % de l'agriculture du Québec et de grands pans de production industrielle pourront, si on s'y met, y trouver de grands bénéfices. Même les viticulteurs, dont certains exportent déjà une partie de leur production à l'étranger, pourront tirer avantage de l'entente. Ce sera aussi le cas du secteur minier. L'unique mine en développement au Québec en ce moment est celle de Stornoway Diamond, au nord de Chibougamau, a-t-il fait observer.

Pour bien se défendre dans ce nouveau libre-marché, il faudra cependant aux entreprises canadiennes améliorer leur productivité.

Même s'il admet prêter main-forte selon les besoins au candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, Pierre-H. Vincent a évité de tenir des propos partisans. Ce n'est pas la nostalgie, ou «les pieds qui le démangeaient», comme l'a avoué l'ex-premier ministre Jean Chrétien à Shawinigan lundi, qui l'a incité à prendre une tribune. «L'invitation du Richelieu m'avait été faite en juin et je devais parler de ma vision des 25 dernières années du Canada.» Ce qui n'a pas empêché le candidat Therrien de profiter de l'assistance qu'allait attirer l'ex-ministre pour distribuer les poignées de main, mais seulement dans le corridor.

Pierre-H. Vincent devait quand même éprouver un peu de nostalgie, car il a rappelé quels étaient les cinq grands points de l'accord jamais ratifié de Meech parce que les parlements de deux provinces, Terre-Neuve et le Manitoba, ne l'ont pas signé. Après trois ans de pourparlers, son gouvernement avait dû se résigner à y renoncer.

Il croit aussi qu'on ne devrait pas abandonner le Sénat canadien. «Car c'est la seule poignée que l'on a au Québec», compte tenu du fait que le poids démographique de la province diminue alors que 25 % des sièges sont toujours par la Constitution garantis à la province, comme en 1867. Il faudrait plutôt rétablir le rôle du sénat qui était de protéger les droits des provinces. «L'idée des Pères de la Confédération s'est perdue dans le voyage», a-t-il regretté.

Il devrait aussi appartenir, dans son esprit, à chaque province de désigner ses sénateurs. Ce qui aurait pu signifier dans le passé récent que des gouvernements péquistes auraient pu y faire nommer des sénateurs souverainistes. «Je n'ai pas de problème avec ça», a-t-il dit.

Pierre-H. Vincent a été le dernier ministre fédéral représentant la circonscription de Trois-Rivières. Des souvenirs politiques, il en a. Les meilleurs chefs politiques pour un débat: Brian Mulroney, en 1984, quand il avait désarçonné le chef libéral John Turner avec son «You had an option, sir» à propos des nominations partisanes faites en fin de mandat par son prédécesseur Pierre Elliot Trudeau dont il se défendait d'avoir eu le choix de les accepter. 

L'autre, c'est... Jean Chrétien, en 1993, quand profitant d'un vif échange entre la chef conservatrice Kim Campbell et le chef bloquiste Lucien Bouchard, un ancien conservateur, il avait lancé: «Les conservateurs, ça se chicane tout le temps. Moi, je vais passer à l'action.» Il les avait déstabilisés.

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