Débat de TR: sans gagnant ni perdant

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si le débat de Radio-Canada Mauricie avec les candidats des quatre principaux partis politiques à s'affronter dans Trois-Rivières a permis de rappeler qu'ils étaient tous de bon niveau, il ne devrait cependant pas avoir fait en sorte d'en dégager un qui soit au-dessus de la mêlée.

Il faut dire que les candidats ont très largement repris les lignes de presse de leurs partis respectifs et même, plus souvent qu'autrement, les phrases prononcées par leur chef lors du premier débat en français de la semaine dernière. Même sur les questions locales, aucun n'a sorti un lapin de son chapeau. Tous ont réaffirmé des propositions qu'ils avaient déjà rendu publiques plus tôt dans la campagne.

La situation devait évidemment être plus délicate pour le député néodémocrate sortant, Robert Aubin qui avait à défendre son mandat, mais aussi pour le candidat conservateur Dominic Therrien qui, lui, devait répondre de l'exercice du pouvoir du gouvernement conservateur et des décisions qu'il a prises... ou pas prises. Il serait cependant difficile de dire qu'un candidat, peu importe le parti, a reçu plus de coups qu'un autre. Le bloquiste André Valois, par exemple, s'est souvent fait rappeler que peu importe ses intentions, son parti ne prendrait jamais le pouvoir à Ottawa, Il a aussi été celui que l'animateur Jean-Philippe Nadeau a dû le plus souvent rappeler à l'ordre. L'homme s'y est cependant soumis chaque fois sans difficulté et il a souvent laissé l'impression, par ses nombreux sourires, qu'il était celui qui s'amusait le plus dans le débat.

Il faut dire que la formule retenue, qui autorisait les adversaires à intervenir à tout moment, favorisait les échanges incisifs mais comportait en même temps de grands risques de cacophonie, ce qui s'est produit à quelques moments. Il fallait de la discipline de la part des candidats. Elle n'a pas toujours été totale, mais il n'y a quand même pas eu de dérapages.

Le débat avait été enregistré la veille, sans public. Les sondages rendus publics hier, qui placent maintenant les quatre principaux partis presque au coude-à-coude au Québec, ce qui apparaissait plutôt improbable il y a quelques semaines à peine, n'ont donc pu jouer dans l'atmosphère du débat, qui aurait pu facilement dans ce contexte devenir explosive. Car chacun aurait pu prétendre être celui qui est en avance. Ils ne se sont quand même pas privés de se vanter un peu.

Le libéral Yvon Boivin a invoqué ses années de combat pour les victimes de la pyrrhotite qui ont fait ressortir sa «persévérance» et son «courage» et démontré qu'il était, selon ses propos, un «leader influent» qui avait arraché 30 millions $ dans ce dossier et obtenu un plan de garantie des maisons neuves. Le conservateur Therrien a pour sa part dit qu'il voulait «ramener du leadership à Trois-Rivières» et une «voix forte à Ottawa», et fait valoir qu'il était le seul à avoir été en affaires et qu'il avait une formation d'avocat, ce qui lui permettrait de défendre mieux que quiconque le dossier de la pyrrhotite à Ottawa.

Pour Robert Aubin, à qui on demandait ce qu'il avait bien pu réaliser en quatre ans, l'homme a répondu qu'il avait réglé des centaines de dossiers de citoyens aux prises avec des problèmes, souvent créés par les politiques mises de l'avant par le gouvernement conservateur et que c'était là la chose dont il était le plus fier dans son mandat.

Bien sûr, le dossier de la pyrrhotite comme l'état de l'économie trifluvienne et les solutions que chacun pourrait leur apporter ont fait l'objet de discussions et de confrontations.

C'est malgré tout la question du niqab qui a le plus fait réagir les adversaires, C'est devenu un sujet presque incontournable depuis qu'il s'est inséré dans le débat électoral national. C'est la question qui a fait bouger les électeurs dans les intentions de vote. Les candidats étaient tous sur le bout de leur chaise. Tout le monde sait maintenant que c'est là qu'on peut marquer des points, en perdre ou en faire perdre. Même si libéraux et néodémocrates occupent la même position, c'est le NPD qui semble avoir payé jusqu'ici le prix le plus fort. Sans s'éloigner de la position de son chef Thomas Mulcair, le député Aubin a quand même pris un peu de distance en admettant que «tous les politiciens ont pris acte de la volonté de la population» dans ce dossier. Il n'est pas allé plus loin dans sa confession.

Cette seconde partie du débat n'était cependant télédiffusée que sur le site Web, dont l'audience était forcément réduite.

Malgré tous leurs efforts et toute leur bonne volonté, c'est davantage le débat des chefs qui allait suivre à TVA, qui pourrait le plus avoir joué sur leur avenir politique.

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