Le papillon d'Yvon, les jumelles de Cate

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth...

Agrandir

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, en compagnie de sa fille, Victoria Cate May Burton, candidate verte dans la circonscription de Berthier-Maskinongé.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec son petit chapeau, une grosse boucle blanche sur une chemise rose fushia flamboyante, à moins qu'elle n'était fluorescente, Yvon Deshaies, le maire de Louiseville, perçait l'écran mercredi midi sur les ondes de TVA Mauricie. Comme c'est souvent son cas.

«On se moque de nous. On rit de nous», se plaignait-il, indigné. 

Cette fois, ce n'était cependant pas en raison de son look «petit mon oncle» ou de ses propos incendiaires, que Louiseville et toute sa région feraient l'objet de moqueries. Mais parce que Victoria Cate May Burton, la fille d'Elizabeth May, la chef du Parti vert, a confirmé sa candidature pour le parti de sa mère dans Berthier-Maskinongé. 

Il est vrai que celle-ci, dans les propos rapportés hier dans Le Nouvelliste, a prévenu qu'elle n'entendait même pas mettre les pieds dans le comté, qu'elle n'a déjà entrevu dans le passé qu'à travers la fenêtre d'un wagon de Via Rail, parce qu'il lui arrive de monter à bord du train à Montréal pour se rendre chez elle, à Halifax. Elle devait être équipée de puissantes lunettes d'approche, car ce train passe sur la rive sud. 

Il faut reconnaître qu'elle est d'une incroyable honnêteté quant aux raisons qui l'ont amenée à être candidate du Parti vert dans Berthier-Maskinongé. C'est comme «poteau», a-t-elle admise, que son nom sera inscrit sur les listes électorales afin d'aider à gonfler le vote national du parti et à recueillir l'argent fédéral qui est par la suite remis en conséquences du nombre de votes obtenus. 

«C'est pas des poteaux que je veux, c'est des tours», s'est-il choqué. Des tours? On imagine qu'il se comprend. Si, par le dernier des hasards, et ce n'est pas lui qui va contribuer à ce qu'il se produise, il était mis en sa présence, il prévient qu'il ne voudrait rien savoir d'elle. Le maire Deshaies est plutôt en général un gentilhomme, plein de délicatesse avec ses interlocuteurs, mais il a un franc-parler très carré et des opinions extrêmes qui ont fait se tourner vers lui les médias plus souvent que mérité. Les meurtriers, on le sait, il les pendrait haut et court et à l'entendre, il décapinerait sans autre forme de procès les musulmanes voilées, s'il s'en promenaient sur la Saint-Laurent, la «main» de Louiseville. Souhaitons qu'à l'Halloween, il n'entreprenne pas par méprise d'arracher la robe une jeune femme parce qu'il la soupçonnerait revêtue d'une burqa. Il devrait pourtant être conciliant là-dessus car comme bedeau de Saint-Antoine-de-Padoue, il doit bien voir que la Vierge Marie est toujours voilée sur les statues qui la représentent.

Le maire Deshaies n'a cependant pas à s'inquiéter. Il est plus qu'improbable que Cate May, comme candidate Verte, puisse espérer déloger Ruth Ellen Brosseau, une ancienne «poteau» du NPD, même si elle avoue rêver que le phénomène électoral qui a fait élire la néodémocrate se répète, mais en sa faveur.

À moins de vingt jours maintenant des élections fédérales, il n'y a pas de risque à avancer qu'il n'y a aucune vague verte qui se dessine dans l'horizon québécois. Alors qu'en 2011, à ce moment-ci de la campagne, il était déjà manifeste qu'une vague orange avait pris forme, sauf qu'il restait hasardeux de prédire à quelle hauteur au juste elle allait se fixer. 

À l'exception de l'élection de 2008 où il avait obtenu à l'échelle canadienne 6,8 % des votes, le Parti vert éprouve de la difficulté à franchir le cap des 4 %. C'est ce que lui accordent pour le Québec les différentes firmes qui ont sondé l'opinion publique. Il est vrai qu'en 2008, le NPD, avec pourtant un candidat local, André Chauvette, n'avait récolté que 10,4 % du vote. Il a fallu un bond prodigieux dans l'électorat pour faire élire trois ans plus tard une «poteau» du NPD, en vacances à Las Vegas, qui n'avait qu'une vague idée où était située la circonscription où le parti avait déposé sa candidature. Les électeurs ont fait pire que cela, si on pense à ce qui leur est arrivé dans Saint-Maurice-Champlain.

Victoria Cate May Burton a déjà une certaine avance sur Ruth Ellen Brosseau en ce sens qu'elle a une bonne idée où est située sa circonscription parce qu'elle l'a déjà entrevue à bord d'un train, on présume avec un télescope ou quelque chose du genre. Mais surtout parce qu'elle a pu être jointe au téléphone par mon collègue Olivier Gamelin, même si elle était à Vancouver et qu'elle a répondu à ses questions. Ce qui n'avait pas été possible avec Mme Brosseau. 

Que le maire Deshaies ne s'inquiète pas. La «verte» n'a pas le début d'une chance de se faire élire. En 2008, Georges Laraque n'a pas fait lever les verts au Québec et on peut douter que cette fois, leur vedette québécoise, Jici Lauzon, n'y parvienne davantage.

C'est possible que la circonscription de Berthier-Maskinongé, comme beaucoup d'autres, attire des «poteaux» politiques. Il devrait quand même noter que la circonscription attire aussi les femmes et plutôt jeunes. Ruth Ellen a maintenant 31 ans, Victoria Cate, 24 et la candidate conservatrice, Marianne Foucrault, qui ne vient pas d'ailleurs, n'a que 19 ans.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer