Rien n'est plus joué

Louis Plamondon peut à nouveau croire qu'il est... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Louis Plamondon peut à nouveau croire qu'il est en mesure de remporter sa dixième campagne électorale.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'euphorie des souverainistes québécois qui a accueilli dimanche la victoire des indépendantistes catalans a été de courte durée.

D'abord parce qu'il a vite fallu concéder que cette victoire en termes de sièges remportés par la coalition indépendantiste d'Artur Mas ne pouvait être interprétée comme un plébiscite accordant toute la légitimité nécessaire pour procéder à la sécession de la Catalogne d'ici 2017 comme annoncé, sans autre forme de procédure. 

Le parti de Mas a obtenu 41 % des suffrages exprimés tandis que l'autre parti indépendantiste d'extrême gauche, le CUP en a récolté 6,8 %. À 47,8 % en faveur de l'indépendance de la Catalogne, cela veut certes dire que le mouvement indépendantiste catalan est très réel et qu'il s'est exprimé à cette élection avec fermeté, mais qu'il lui en manque quand même encore un peu pour atteindre la majorité absolue dans la population.

Les souverainistes québécois peuvent se réjouir d'un tel appui populaire en faveur de l'indépendance de la Catalogne, chaque mouvement d'affirmation nationale forte apportant sa dose d'encouragement. 

On a ensuite appris que pour former le prochain gouvernement régional catalan, il faudrait au parti d'Artur Mas une coalition parlementaire avec le CUP. Sans les dix sièges que détient ce parti, la majorité parlementaire de Mas ne pourra pas être atteinte. Or, ce rapprochement est loin d'être accompli. 

On se retrouve donc avec un vote indépendantiste insuffisant pour déclencher en toute légitimité le processus sécessionniste et il n'est même pas acquis que c'est une coalition nationaliste qui s'installera à la tête du gouvernement catalan. Même si les deux formations arrivaient à s'entendre, les souverainistes québécois, qui ont profité de quatre gouvernements majoritaires et qui ont pu en conséquence tenir deux référendums, savent bien que rien n'est gagné parce qu'on occupe le pouvoir. 

Il leur a donc fallu retourner à la cave la bouteille de champagne qu'ils s'impatientaient de déboucher. D'autant que plusieurs analystes se sont empressés de rappeler qu'à la différence du Québec, qui est devenue la province la plus pauvre par habitant au Canada, la Catalogne est au contraire la plus riche région d'Espagne, comme c'était aussi le cas pour l'Écosse, qui a quand même raté sa tentative indépendantiste. 

Il reste qu'une victoire catalane décisive aurait pu apporter la pulsion dont auraient désespérément besoin à ce moment-ci de la campagne électorale les troupes bloquistes de Gilles Duceppe. Une petite montée de fièvre souverainiste inoculée par la Catalogne aurait peut-être pu permettre au Bloc de rapatrier une bonne partie du vote néodémocrate qui s'est détaché, selon ce qu'indiquent les plus récents sondages. Ce sont d'abord les conservateurs qui ont profité de la désertion néodémocrate, au point que, lorsqu'on inscrit dans les simulateurs le pourcentage d'intentions de vote détenu par eux, selon la firme ontarienne Abacus Data, ils peuvent maintenant espérer remporter une dizaine de conscriptions au Québec, le double de ce qu'ils détenaient.

Ce sont malgré tout les libéraux de Justin Trudeau qui ont fait le meilleur bond en avant et le Bloc traîne encore en queue de peloton. Malgré que ce dernier n'obtienne que quelques points de mieux, cela change la donne dans la région. Louis Plamondon, par exemple, qui selon les sites de projections, ne faisait plus le poids avec le NPD, peut à nouveau croire qu'il est en mesure de remporter sa dixième campagne électorale dans Bécancour-Nicolet-Saurel. Mais c'est encore le seul bloquiste qui serait élu au Québec. 

Il n'en faudrait par contre pas beaucoup pour que le Bloc se redresse. Déjà, quand on inscrit en simulation le pourcentage d'intentions de votes que récolte chaque parti selon Abacus, même à 20 %, le Bloc revient dans la bataille. Il faut se rappeler que la région compte un gros vieux fond bloquiste.

Robert Aubin ne serait pas menacé pour autant dans Trois-Rivières, lui qui avait remporté une majorité absolue en 2011. Ce ne serait pas non plus le cas de

Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé. Mais elle se ferait souffler dans le cou par le bloquiste Yves Perron. Et même si le candidat libéral François-Philippe Champagne, en campagne depuis deux ans dans Saint-Maurice-Champlain et qui a monté une puissante organisation, ne pourrait pas l'admettre, on en serait à une lutte... à quatre dans ce comté.

On peut s'entendre que les sites de projections n'ont pas raison à 100 %, mais presque.

On doit surtout constater que si le NPD n'arrête pas sa glissade, tout reste possible, selon la direction que pourraient prendre les migrants du NPD, s'ils s'en rajoutait.

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