Ça fouette les troupes

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, livrant... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, livrant un discours sur la terrasse de Boréalis.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«Le vent tourne», a voulu convaincre et se convaincre le chef bloquiste Gilles Duceppe vendredi matin, en présence de ses candidats dans la région et de supporters.

C'est possible, mais sur la terrasse du musée Boréalis, à 9 h vendredi matin, le vent se faisait plutôt faible et il était un peu frisquet, car il venait du nord. Le chef du Bloc n'aurait probablement pas détesté l'arrivée d'une solide bourrasque d'air chaud pour faire image et soutenir son propos.

À trois semaines du scrutin fédéral, la partie semblait être déjà jouée avec des sondages d'opinion qui prédisaient une vague orange au Québec plus forte encore que celle de 2011, avec une récolte potentielle d'une soixantaine d'élus.

Quand on accorde près de 50 % des intentions de vote à une seule formation politique, cela ne laisse plus grand espoir aux candidats des autres partis de remporter une victoire. C'est dur, dur, dur sur le moral des troupes.

Alors que l'aiguille bouge à ce moment-ci, même si ce n'est qu'une vibration, c'est un grand réconfort et un puissant stimulant pour remettre les troupes en marche et retrouver un peu de fièvre électorale.

On peut comprendre le chef bloquiste d'interpréter un recul au Québec de la popularité du NPD et un gain de deux points pour sa formation politique suggérés par le dernier sondage d'Ekos comme le signal tant attendu, et de s'étirer le cou pour se rafraîchir de ce vent contraire.

Il serait quand même périlleux de prétendre que le parti de Tom Mulcair est en déroute. À 33 % des intentions de vote, le NPD est encore et d'assez loin le parti dominant au Québec. Et dans les sondages des derniers jours, celui d'Ekos est celui qui suggérait la plus forte glissade néo-démocrate, au Québec comme dans l'ensemble du pays, avant tout en faveur des conservateurs, qui se hissaient au premier rang sur le plan national et au deuxième au Québec.

C'est quand même un peu surprenant que les pertes néo-démocrates, si elles sont réelles, se feraient au profit des conservateurs, ce qui serait un curieux cheminement d'électeurs qui passeraient de gauche à droite sans sourciller. Il faut probablement se méfier du sondage d'Ekos, car le Nanos du jour recalait hier les conservateurs au troisième rang mais hissait les libéraux, pour la première fois de la campagne, en tête de la course nationale. Mais toujours dans un coude-à-coude à ce point serré qu'il ne permet pas vraiment de dire qui est véritablement en avance. Tout reste possible pour tout le monde.

Même si la «remontée» bloquiste apparaît encore plus que modeste, Gilles Duceppe veut y voir les premiers cristaux de sa revanche sur les dernières élections. Il ne peut qu'en rêver, même tout haut. Le Bloc caracolait en 2011 dans les sondages quand le NPD a commencé à donner des signes de progrès et que les premiers glissements du Bloc sont apparus. Cela s'est justement passé à ce moment-ci de la campagne électorale. On connaît la suite. Tout s'est soudainement mis à s'accélérer. Trois semaines plus tard, le Bloc avait presque été éradiqué de l'échiquier politique et le Québec s'était couvert d'une couleur politique qu'on ne lui avait jamais connue, qu'on ne soupçonnait même pas possible un mois plus tôt.

On invoque bien sûr la position du NPD sur le port de niqab lors de l'assermentation de citoyenneté canadienne pour expliquer la fissure qui est apparue dans le vote NPD. C'est ce qui expliquerait que les libéraux n'en ont pas non plus vraiment profité, puisqu'ils partagent le même point de vue sur la question. Même si la population québécoise est massivement (à plus de 90 %) opposée au niqab, il est difficile de penser que ce soit le seul facteur qui aurait incité des électeurs à changer de camp. Ça ne peut être qu'un prétexte.

Qu'il y ait en ce moment, ne serait-ce qu'une impression de mouvement dans les intentions de vote des électeurs, c'est une bonne chose, simplement parce que cela est susceptible de ramener un peu de ferveur électorale. Si tout le monde pense qu'il a soudainement des chances, si faibles soient-elles de l'emporter, c'est le meilleur dopant que puissent recevoir les candidats et leurs militants actifs... surtout après huit semaines de campagne.

D'ailleurs, peu importe les formations politiques, si vous les écoutez, vous devez savoir que c'est leur chef qui l'a emporté et haut la main au débat de jeudi soir.

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