Tremblay: des idées pour Lévesque?

Jean Tremblay ne se représentera pas comme candidat... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Jean Tremblay ne se représentera pas comme candidat à la fin de son présent mandat qui se termine dans deux ans.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«Finalement, Dieu existe!»

Si l'annonce de Jean Tremblay qu'il ne sollicitera pas un sixième mandat à la mairie de Saguenay lui a valu une symphonie de compliments sur sa page Facebook - l'éloge peut-être du mort annoncé pour le convaincre de ne pas penser à la ressuscitation -, les internautes ont plutôt rivalisé de sarcasmes à son endroit dans les réseaux sociaux.

Comme cette remarque: «C'est Infoman qui doit être déçu».

C'est vrai que le maire Tremblay, qu'on avait baptisé «LàLà Tremblay» parce qu'il commençait souvent ses interventions publiques par des «Là, là...», était une source abondante d'inspiration caricaturale pour Infoman. Il était à cet égard une bonne matière première avec ses batailles juridiques pour le maintien de la prière et des statues à son hôtel de ville et ses sorties intempestives comme celle contre les intellectuels pour lesquels on lui sentait du mépris ou les journalistes, des ignares patentés, s'il faut l'en croire.

Avec Infoman, cela nous rappelle qu'Yves Lévesque, le maire de Trois-Rivières, qui se réclame de sa bonne camaraderie avec l'animateur Jean-René Dufort, et qui s'est aussi révélé une source féconde de moqueries pour l'émission, comme la fois où il était allé se soulager sous un arbre à Gentilly.

Pour le maintien de ses cotes d'écoute, Dufort ne pourrait pas se permettre de perdre deux de ses meilleures têtes de Turc (nos excuses immédiates aux Turcs pour cette association involontaire et pas méritée).

D'abord, il reste un peu plus de deux ans encore à Jean Tremblay qui tournera sa page de la vie municipale, mais seulement à la fin de son mandat, en novembre 2017. Le maire de Saguenay dispose donc encore de suffisamment de temps pour se permettre quelques esclandres qui le vedettariseront à Infoman. Et il n'est pas dit qu'Yves Lévesque tournera lui aussi sa page de politique municipale à la même date, même s'il ne cache souvent pas qu'il jongle avec cette possibilité.

Comme Tremblay, Lévesque avait été courtisé tant par les libéraux de Justin Trudeau que par les conservateurs de Stephen Harper pour être leur candidat dans la présente élection. Le maire de Saguenay ne cache pas qu'il pourrait rebondir à un autre niveau politique ou ailleurs. C'est aussi le cas du maire de Trois-Rivières, qui ne ferme jamais la porte à une nouvelle perspective politique, comme à une carrière professionnelle différente s'il se présentait une belle occasion en ce sens ou à un retour aux affaires. Un Tim Hortons à La Tuque, un Cora à Shawinigan... Il lui arrive d'évidence d'avoir la nostalgie de la friteuse ou du flippage de boulettes.

En dehors des bénitiers, on pourrait avoir l'impression que les deux hommes, qui dirigent des villes comparables, fréquentent les mêmes sentiers, tellement leur cheminement public pourrait se comparer.

L'une des grandes réalisations dont les deux hommes se vantent, c'est la réussite de leur fusion municipale.

En dépit du fait qu'ils sont des politiciens populistes, Lévesque et Tremblay restent malgré tout d'une mouture bien différente. D'abord, Jean Tremblay aura 69 ans à la fin de son mandat alors qu'Yves Lévesque n'en comptera que 60. Cela peut faire une grosse différence. Il est vrai que Tremblay est à la tête de sa ville depuis vingt ans, si on compte les années d'avant-fusion, tout autant qu'Yves Lévesque, qui en sera à dix-neuf, mais les trois premières années, c'était comme maire de Trois-Rivières-Ouest, qui n'était pas comme Chicoutimi la ville principale de l'ancienne agglomération.

Il faudrait dans les faits à Lévesque aller chercher un cinquième mandat pour atteindre le prestigieux trophée de vingt ans à la mairie de Trois-Rivières. Un seul maire n'a réussi cet exploit et c'est Gilles Beaudoin, qui a régné de 1970 à 1990. Mais, comme c'est souvent le cas, son dernier mandat avait été difficile à vivre car le poids des années politiques commençait à peser lourdement. C'est aussi ce qui arrive à Jean Tremblay. Même s'il a récolté plus de 60 % des votes aux dernières élections, de récents sondages révélaient une chute draconienne de sa popularité. L'opposition, qui s'était installée à l'hôtel de ville, explosait aussi dans la ville.

À Trois-Rivières, depuis les dernières élections, elle s'est plutôt assagie. Même si Yves Lévesque n'a obtenu qu'à peine 52 % des suffrages exprimés, les résultats électoraux ont décimé l'opposition autour de la table du conseil et éteint la contestation dans les gradins aux assemblées municipales.

En plus, Lévesque a comme travaillé son tempérament sanguin, devenu presque zen, moins belliqueux à tout le moins. Que ça soit ou pas par résignation générale, il serait en ce moment en meilleure position de force pour affronter l'électorat, en tout cas, potentiellement plus gagnant que Tremblay ne l'est.

On peut bien se divertir à comparer les deux hommes. Ni l'un ni l'autre n'apprécierait qu'on leur trouve des ressemblances.

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