Wo! Wo! Wo! La petite Julie...

Marguerite Blais, tout comme ses collègues Yves Bolduc,... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Marguerite Blais, tout comme ses collègues Yves Bolduc, Gilles Ouimet et, tout récemment, Robert Dutil, ont décidé de quitter la vie politique, peut-être parce qu'ils ont fait le constat que leur tour n'allait donc pas venir ou revenir. La députée de Laviolette, Julie Boulet, ne peut aujourd'hui faire pour elle que la même analyse...

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Que pourrait faire Julie Boulet?

Avec l'annonce plus ou moins surprise du départ du député de Beauce-Sud, Robert Dutil, la question, qui était jusque-là latente, se pose.

Depuis la formation du conseil des ministres, en avril 2014, Robert Dutil ne semblait pas démontrer beaucoup d'enthousiasme à siéger comme simple député à l'Assemblée nationale, lui qui avait été ministre du Revenu puis de la Sécurité publique dans l'ancien gouvernement libéral de Jean Charest.

Le problème, c'est qu'il est le troisième député du gouvernement Couillard à quitter la vie politique en quelques semaines après avoir pourtant été réélu il n'y a même pas deux ans. Comme pour l'ex-ministre Marguerite Blais et le député de Fabre, Gilles Ouimet qui aspirait à un poste ministériel, Dutil n'était pas très heureux comme simple député.

C'est aussi le cas de la députée de Laviolette, Julie Boulet qui ronge son frein depuis que Philippe Couillard a décidé de l'écarter des rangs ministériels. Au lendemain de la présentation du nouveau cabinet dont elle ne faisait pas partie, Julie Boulet avouait ne toujours pas comprendre les raisons qui avaient amené son chef à prendre une telle décision et à lui préférer comme ministre un fraîchement arrivé dans le caucus libéral régional, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Elle n'avait alors pas caché en avoir été très affectée. Il faut dire que son élimination des rangs ministériels pouvait être perçue comme une terrible ingratitude à son endroit, compte tenu de son passé politique et d'une certaine dette libérale qui aurait normalement dû y être rattachée. C'est Julie Boulet qui, en 2001, lors d'une élection partielle, avait repris l'ancien bastion péquiste de Jean-Pierre Jolivet et apporté ainsi une première circonscription rouge dans une Mauricie qui semblait d'un bleu péquiste indélébile.

Julie Boulet a été réélue en 2003, 2007, 2008, 2012 et 2014 et toujours, même aux dernières élections, avec les plus fortes majorités dans la région. Ce qui témoigne de sa forte popularité et de sa stature politique. Pourquoi Philippe Couillard l'a-t-il ignorée? Il y a eu un certain nombre d'hypothèses avancées, dont celle qu'elle avait appuyé Pierre Moreau, lors de la course à la direction du Parti libéral. Ou qu'il était délicat de lui accorder le ministère des Forêts, qui lui semblait destiné, quand Produits forestiers Résolu se préparait à fermer l'usine Laurentide à Grand-Mère en faveur de sa papeterie de Roberval, dans le comté du premier ministre. La plus vraisemblable des explications est qu'on était prévenu qu'elle allait être assignée à la Commission Charbonneau pour répondre de certaines de ses interventions comme ex-ministre des Transports. Il fallait jouer de prudence.

La députée pouvait malgré tout espérer être rappelée au conseil des ministres. Tout le monde s'attendait à un remaniement ministériel au mois d'août. Le gouvernement ayant maintenu dans l'opinion publique une bonne cote de popularité, Philippe Couillard n'a pas voulu bouger. Ouimet, Blais et Dutil ont compris que leur tour n'allait donc pas venir ou revenir. Julie Boulet ne peut aujourd'hui faire pour elle que la même analyse.

La principale intéressée s'en doutait et ne peut qu'en être plus convaincue que jamais. Alors que faire? À l'oeil, on constate que la députée a de beaucoup réduit son travail de représentation et qu'une certaine froideur est perceptible dans ses relations avec d'autres députés du caucus libéral régional et, en particulier, avec le ministre régional, Jean-Denis Girard qui lui a comme soufflé le job de ministre.

Même si tout ce monde joue de doigté avec la députée de Laviolette, tout ce même monde constate qu'elle a toujours l'humeur dans les talons. Ce qui n'est pas pour apaiser sa frustration, c'est que le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel s'amuse à jeter de l'huile sur ce feu qui couve en affirmant que Julie Boulet «n'a jamais été remplacée au Conseil des ministres» et que «la voix de la Mauricie s'est perdue» avec son remplacement par Jean-Denis Girard. Ajoutez à cela qu'Yves Lévesque, le maire de Trois-Rivières, murmure assez fort pour qu'on l'entende, qu'il s'ennuie de Julie Boulet comme ministre régionale.

Rien pour faire baisser la pression de la députée de Laviolette dont on soupçonne qu'elle songe beaucoup à son avenir. Disons qu'avec quatre départs, si on compte l'ex-ministre Yves Bolduc, le gouvernement Couillard serait mal avisé de la pousser vers la sortie politique, pour manque d'ardeur partisane, si l'idée lui trottait dans la tête. En même temps, si elle quittait d'elle-même, elle serait confrontée au dilemme éthique de l'indemnisation de départ, qui serait dans son cas pourtant parfaitement justifiée après quatorze ans d'une vie politique intense qui l'a complètement éloignée de ses anciennes activités professionnelles.

La «petite Julie» devrait finalement finir au moins son mandat.

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