La Classique et son «branding»

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

En dehors du mot «exceptionnel» qui est sorti à plusieurs reprises de la bouche des principaux dirigeants de la Classique internationale de canots de la Mauricie pour décrire la dernière édition, c'est sans doute le mot branding qui a été le plus répété par le président de l'événement, Stéphane Boileau.

Le branding, c'est l'image de marque et les dirigeants de la Classique ont l'impression que celle-ci s'est beaucoup façonnée et raffermie au cours du week-end de la fête du Travail.

Est-ce que la perception générale de la Classique comme grand événement sportif, mais aussi culturel et social en Mauricie s'est améliorée? Il semble qu'on doive le penser. C'est du moins l'impression qui s'en est dégagée. Il faut dire que sur cet aspect du fameux branding qui positionne un événement, la Classique a profité d'une association comme commanditaire mais aussi comme partenaire très impliqué de la réputée firme de marketing LG2, fondée il y a une trentaine d'années par deux gars de Trois-Rivières, cette même firme à laquelle on doit la percutante campagne publicitaire T-Rès Trois-Rivières qui a frappé les esprits par sa pertinence.

Mais si LG2 témoigne de l'intérêt au plus vieil événement sportif de la Mauricie, elle est loin d'être la seule entreprise à vouloir y être associée.

Le président Boileau faisait état mardi d'une forte croissance des commanditaires en nombre et en valeur de contribution financière, signe que le virage qu'on a voulu insuffler à la grande compétition de trois jours est bien reçu de la population,des commanditaires etdes participants.

On a affiché tellement complet à La Tuque qu'on devra résoudre pour l'an prochain les problèmes de capacité d'accueil auxquels on a été confronté. Un beau problème qui démontre que la ville où se donne le départ de laClassique joue pleinementson rôle et profite grandement de l'événement.

On a dit que la Promenade du Saint-Maurice, à Shawinigan, n'a jamais reçu autant de monde depuis bien des lustres pour l'arrivée des canotiers et le départ de la dernière étape, tout cela dans un environnement joyeux qui fait de la Classique un grand moment festif incontournable dans l'année shawiniganaise.

À Trois-Rivières... l'arrivée se fait le lundi après-midi, à la toute fin du grand week-end de la fête du Travail, et, encore une fois cette année, sous une pluie fine qui a un peu dispersé la foule massée sur les plages sablonneuses de l'île Saint-Quentin. C'est peut-être ce qui a incité le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque à vouloir, encore une fois, remettre en question la contribution de la ville à la Classique, lui qui l'avait rétablie à son arrivée à la mairie de Trois-Rivières. Lévesque juge que les 35 000 $ versés pour l'événement ne génèrent pas suffisamment de retombées économiques dans sa ville.

Shawinigan, où la fête explose, verse 47 000 $ et La Tuque, qui redécouvre son trône de reine de la Mauricie, 10 000 $, pour une population treize fois inférieure à celle de Trois-Rivières.

Après avoir jonglé avec l'idée de retirer sa subvention, Yves Lévesque se serait résigné à accorder un sursis d'une autre année à la Classique pour qu'elle l'épate sur le plan événementiel et économique. On évoque la possibilité d'organiser une soirée «Classique» le samedi ou le dimanche soir, car le lundi, veille de toutes les rentrées, n'est pas propice aux rassemblements de foule.

Peu importe, Trois-Rivières ne peut réduire son intérêt dans la Classique à une stricte analyse comptable sur les rendements qu'elle peut espérer retirer de son aide financière. Retrancher l'étape de Trois-Rivières, comme on l'a déjà fait, c'est dénaturer l'événement qui recèle depuis 82 ans la plus grande saveur mauricienne, un événement populaire unique qui est dans les gênes de la région, qui restitue les fondements de son histoire.

Trois-Rivières a des responsabilités comme métropole régionale, à défaut d'accepter de s'en concevoir comme la capitale. La ville représente 50 % de la population régionale, mais au-delà de 60 % de l'économie mauricienne. Elle profite donc largement du reste de la région toute l'année. Ce serait une grande mesquinerie de sa part que de monnayer chichement sa contribution financière au point de risquer l'amputation de la troisième étape de la Classique.

Ce serait infliger une gifle à sa région. Trois-Rivières doit avoir un peu plus de classe et affirmer mieux qu'elle ne le fait, son sentiment d'appartenance à la Mauricie.

La Classique, c'est aussi dans le branding de Trois-Rivières.

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