PCC: il en faudra des poignées de main

Denis Lebel... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Denis Lebel

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

«Attendez au 19 octobre!»

Quand, après cinq semaines de campagne électorale, à mi-chemin du scrutin général, c'est ce qu'un ténor du Parti conservateur a de mieux à vous dire pour commenter l'humeur de l'électorat à l'endroit de son parti, c'est que les choses n'ont assurément pas évolué comme on l'entendait.

Ce n'est pas que Denis Lebel, le lieutenant québécois de Stéphen Harper manque de conviction, mais il est difficile de concevoir que le gouvernement conservateur ait pu déclencher si hâtivement la période électorale en ayant à l'idée de faire si peu de progrès dans l'électorat.

L'un des meilleurs résultats à ce jour des conservateurs, c'était peut-être le coup de sonde du Nanos du jour qui établissait hier une incroyable lutte à trois sur le plan national entre les conservateurs, les libéraux et les néodémocrates. Un coude-à-coude qui ne fait pour l'instant aucun gagnant, mais qui ramène au moins les conservateurs dans la bataille, après être glissés de cinq à six points dans les intentions de vote.

Il reste qu'après neuf ans de pouvoir et l'atteinte de l'équilibre budgétaire sans hausses de taxes et d'impôt, le gouvernement sortant pouvait espérer une meilleure appréciation de la part des Canadiens. Ça ne se reflète pas du tout dans les sondages.

De passage à nos bureaux hier après-midi en compagnie de Dominic Therrien, le candidat conservateur dans Trois-Rivières, le ministre Denis Lebel s'en référait toujours au 19 octobre, citant plusieurs victoires, ou défaites électorales récentes, qui ne correspondaient pas du tout à ce que prédisaient les sondages. Il cita même la victoire prédite du chef libéral Michael Ignatieff lors du dernier scrutin fédéral qui avait plutôt décimé les rangs libéraux et élu un gouvernement conservateur majoritaire.

Bien sûr, les conservateurs de Stephen Harper pensent qu'ils disposent d'un vote discret qui se manifestera dans les boîtes de scrutin, ce qu'on peut appeler une prime de l'urne. C'est vrai qu'au Québec en particulier, les partisans conservateurs peuvent préférer le profil bas pour éviter les confrontations, dans un environnement qui est en général plus de gauche que de droite.

Mais pour que les troupes bleues se requinquent, il faudra plus qu'une présomption. Les conservateurs sont passés de dix à cinq élus aux dernières élections et dans l'état actuel de l'humeur électorale qui est exprimée, ils ne parviendraient pas à faire mieux cette fois-ci. Selon des sites de projection qui traduisent les résultats des sondages en gains ou pertes électorales, comme Si la tendance se maintient ou Three hundred eight, la récolte pourrait être réduite à quatre élus au Québec.

Même dans une circonscription comme Richmond-Arthabaska, où le PC présente la candidature vedette d'Alain Rayes, le maire de Victoriaville, il n'y a maintenant rien d'acquis, alors qu'au départ, la forte popularité de l'homme ne laissait pas de doute sur sa victoire. On ne doit pas se surprendre que le premier ministre sortant, Stephen Harper s'y soit à nouveau arrêté hier matin.

«Ça se gagne poignée de main par poignée de main», philosophait hier après-midi Denis Lebel. Des poignées de main, il en avait donné le matin même à Victoriaville, il en a distribué d'autres à Trois-Rivières le reste de la journée et il se gâtera pleinement là-dessus aujourd'hui puisqu'il passera la journée à Saint-Tite, avant de regagner son comté de Roberval, où on ne le soupçonne pas en danger, mais où la FTQ veut lui faire la vie dure.

Denis Lebel est un homme de région et un politicien de terrain. Il en est à sa quatrième visite à Trois-Rivières depuis le 2 août. Durant une campagne électorale normale de cinq semaines, il parcourt entre 11 000 et 11 500 kilomètres à travers le Québec. Cette fois-ci, la campagne est de dix semaines et il est le répondant québécois du PCC. Il n'ose figurer la distance qu'il aura parcourue d'ici le 19 octobre.

Le ministre était bien fier de dire que Marianne Foucrault avait été confirmée candidate du parti dans Berthier-Maskinongé et qu'à 19 ans, elle était la plus jeune candidate du PCC. Mais il n'a pas voulu allonger les commentaires sur Yves Laberge, un prof de l'Université d'Ottawa qui, après avoir servi de candidat-poteau aux dernières élections dans Montmagny-Charlevoix-Haute-Côte-Nord, s'est finalement résigné à ce que le parti place cette fois son nom dans Bécancour-Nicolet-Saurel.

On peut comprendre que le député sortant Louis Plamondon en effraie plusieurs, mais qu'un gouvernement au pouvoir ne parvienne pas à convaincre au moins une personne du comté d'accepter de s'offrir en sacrifice électoral, c'est assez intrigant.

Mais comme à Trois-Rivières, le candidat conservateur est une ancienne vedette de baseball, on doit se dire, comme Yogi Berra, que «ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini».

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