VG: très critique? Tant mieux!

La vérificatrice générale de la Ville de Trois-RIvières,... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La vérificatrice générale de la Ville de Trois-RIvières, Andrée Cossette, a déposé son rapport de 126 pages.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

À un certain moment, vers la fin de la longue rencontre de presse à ses bureaux mercredi matin, la vérificatrice générale de la Ville de Trois-Rivières, Andrée Cossette, a admis que le rapport annuel qu'elle avait déposé la veille à l'hôtel de ville était sans doute le «plus critique» qu'elle ait produit depuis son entrée en fonction.

Mais en se rappelant celui de l'an passé qui avait beaucoup porté sur Trois-Rivières sur Saint-Laurent ou celui très explosif sur la gestion de la gestion de l'ancienne Corporation de l'amphithéâtre, elle s'est un peu ravisée en admettant qu'il était simplement très critique.

Son rapport de 126 pages sur l'année 2014 n'est pourtant pas un festival d'horreurs, mais à chaque page, on trouve de quoi sourciller.

En le commentant, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, s'est déclaré «flatté» des propos qu'elle a exprimés dans son rapport à propos du processus de réingénierie qui a entraîné l'abolition de 24 postes permanents à la ville et engendré des économies annuelles de fonctionnement de 1,7 million $. Un exercice que la vérificatrice générale recommande fortement d'élargir à l'ensemble des organismes paramunicipaux.

Le maire aurait même pu se réjouir que la vérificatrice générale, dans son audit des états financiers de la ville, ait signalé que la dette à long terme consolidée à la charge de l'ensemble des contribuables ait, enfin, diminué, même si cela reste modeste, pour une deuxième année de suite. Mais il reste plus d'une centaine de pages dans le rapport qui signalent des faiblesses un peu partout et qui peuvent mettre en doute toute la gestion efficace dont on veut toujours se prétendre.

C'est toujours troublant d'apprendre qu'en 2014, cinq dossiers révélant des possibilités de fraudes ou d'inconduite ont dû être référés par la vérificatrice générale à des autorités supérieures, dont policières comme l'UPAC, qui en a hérité de trois. Même si elle se fait toujours discrète sur les détails de ces dossiers, Mme Cossette a quand même évoqué un problème de collusion entre entrepreneurs, une transaction douteuse liée à l'amphithéâtre, qui a été réglée depuis par la Ville et des cas de transactions immobilières qui n'auraient pas été faites selon leur juste valeur marchande.

Depuis 2001, c'est quatorze dossiers qui ont ainsi été référés à d'autres instances.

La vérificatrice générale fait aussi ressortir un flou certain qui existe dans l'acquisition de terrains pour favoriser le développement résidentiel, commercial ou industriel de la ville. On peut certes se concevoir en visionnaire à long terme, mais la pertinence est loin d'être toujours évidente. Les revenus de revente présumés sont loin de compenser les coûts d'achat et les travaux d'infrastructure qu'on y a consentis. On pourrait penser au site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent pour lequel il faudra s'armer de plus que de la patience avant d'espérer profiter d'un petit retour sur l'investissement. Dans son rapport, Mme Cossette cite l'achat de terrains pour le Carrefour 40-55 et pour l'agrandissement du parc des Hautes-Forges. On y constate que les acquéreurs ne sont pas vraiment au rendez-vous et que près des deux tiers des terrains achetés par la ville ne seront pas revendables parce qu'ils comportent des milieux humides... qu'il faut aujourd'hui protéger. Bref, comme spéculateur foncier, la Ville n'est pas terrible.

Mais c'est particulièrement à passer en revue les organismes paramunicipaux comme IDE Trois-Rivières que Mme Cossette a consacré ses analyses. C'est 14,7 millions $ du budget municipal qui transitent aujourd'hui à travers ces corporations municipales et près de 20 millions $ quand on y ajoute les organismes bénéficiant de subventions de 100 000 $ et plus, sans compter les autres frais et dépenses d'investissement que la ville peut leur consacrer et qui ne sont pas ici comptabilisés. Il y a des avantages certains pour la Ville à confier à de telles entités une partie de ses responsabilités. En même temps, elle ne peut tolérer le laxisme ou un fonctionnement qui ne soit pas éthique et rigoureux. Ça reste pour l'essentiel de leurs budgets, l'argent des contribuables.

On ne s'étonnera pas que la vérificatrice suggère de leur étendre les compressions administratives que la Ville s'est imposée, mais aussi d'adopter des codes d'éthique plus crédibles et sévères et d'exiger des redditions de comptes.

Il ne peut y avoir de place aux ambiguïtés, quelles qu'elles soient, comme à IDE Trois-Rivières où ont surgi des apparences de conflits d'intérêt dans l'attribution de prêts et de subventions. Même si tout s'est révélé légal et conforme, il reste que lorsqu'on demande dans un dossier sensible trois avis légaux pour se rassurer, c'est qu'on devait en éprouver un gros malaise.

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