Gros investissement annoncé en famille

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Il y avait certes les députés Julie Boulet et Pierre Giguère, mais parmi les invités de la première rangée de chaises et non appelés à dire quelques mots à l'avant.

On se serait pourtant attendu à la présence de quelques limousines gouvernementales dans la cour de la Maison de la culture Francis-Brisson pour l'annonce de l'implantation prochaine d'une première usine de Nemaska Lithium.

Un investissement qui au total pourrait dépasser à Shawinigan les 300 millions $ et créer jusqu'à 120 emplois dans les installations de l'ancienne usine Laurentide de Produits forestiers Résolu.

Même si le maire Michel Angers assurait que tout est parfaitement bien ficelé dans ce dossier, il faudra attendre encore un petit peu pour que Québec puisse monter sur la scène et confirmer sa contribution financière. Ce n'est qu'à ce moment que l'on saura à quel prix au juste la ville de Shawinigan, par le biais de sa Société de développement de Shawinigan, va officiellement acquérir les installations de Résolu. Il faudra dans les faits faire un petit exercice mathématique ultra simple qui consistera à doubler la subvention de Québec. Car si la SDS est le bras immobilier du développement économique de la ville de Shawinigan, ses transactions se font toujours sous le sceau de la plus grande discrétion publique. Comme si c'était une vraie entreprise privée. Même ultra-privée.

Il resterait quelques détails à régler reliés à la caractérisation des sols avant que Québec ne puisse officialiser sa participation financière, par le biais d'un fonds créé justement par Résolu afin d'aider à la relance économique des villes où la papetière s'est retirée.

On peut quand même penser que c'est un petit détail technique qui faisait bien l'affaire du gouvernement qui ne devait pas être empressé de se bomber le torse à Shawinigan quand on sait qu'il y a quelques mois à peine, la première usine de Nemaska devait encore être construite à Salaberry-de-Valleyfield, même si la circonscription est représentée par un député péquiste. Québec va laisser à Valleyfield digérer un peu sa perte.

Il n'y avait pas non plus de représentant du gouvernement fédéral pour célébrer la bonne nouvelle. Pourtant, Nemaska Lithium a obtenu en février, pour la construction de cette usine, une subvention de 12,87 millions $ de Technologies du développement durable Canada. Le président de Nemaska, Guy Bourassa se fera rassurant en assurant que l'aide fédérale était reliée au projet d'usine... peu importe l'endroit où elle serait construite. Car à ce moment-là, on parlait toujours de Valleyfield. Ce n'est certainement par souci de ne pas indisposer Anne Minh-Thu Quach, la députée fédérale de Beauharnois-Salaberry, mais néodémocrate, que peut s'expliquer l'absence fédérale.

On se demande bien, de toute façon, qui aurait pu représenter hier le gouvernement fédéral. Le comté est toujours occupé par la transfuge libérale Lise Saint-Denis. On n'allait pas lui faire une fleur en dernière heure. Saint-Maurice-Champlain n'est d'autre part pas considéré comme un comté suffisamment stratégique par les conservateurs pour que le ministre Denis Lebel ait voulu y jouer du coude pour venir y reconfirmer l'aide fédérale et espérer en retirer un peu de gratitude électorale.

Cela aura donc permis au président de Nemaska, Guy Bourassa, de bien faire reluire le potentiel de son usine de lithium dans un marché international dont la demande est au bord de l'explosion et de convaincre que le projet est bel et bien sur ses rails. Car Lithium Nemaska n'était encore jusqu'à il y a peu qu'une «junior» dans l'exploration minière qui ne compte toujours qu'une dizaine d'employés. Il faut quand même de bonnes épaules et des poches profondes pour financer l'exploitation d'une mine de 200 millions $ à la Baie-James et une usine de transformation de 300 millions $ à Shawinigan.

C'était aussi l'occasion au président de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau de démontrer que son groupe forestier, malgré tout ce qu'on avait pu en dénoncer lors de l'annonce de la fermeture de l'usine Laurentide, il y avait un an presque jour pour jour, était animé de généreuses intentions pour Shawinigan. En dépit de toute la perception négative qu'on avait pu en avoir. «On revient de loin», a-t-il admis hier après-midi, après avoir passé en revue les coupures de presse qui avaient traité de sa décision de fermer la Laurentide. Il ne s'était rien dit de gentil et d'élégant à son endroit. On comprend que Résolu a consenti des conditions plus qu'accommodantes pour se départir de son ancienne usine.

C'était surtout l'occasion pour les autorités de Shawinigan d'afficher une douce revanche en confirmant être parvenu à détourner en leur faveur un projet industriel qui ne leur était au départ pas destiné, à la différence de FerroAtlántica qui avait subrepticement, mais très douloureusement, pris le chemin de Port-Cartier.

Cette fois, Shawinigan avait des cartes à jouer et elle s'en est servie au bon moment.

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