Quand Régis vient narguer Yves

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

C'est à la porte de l'hôtel de ville de Trois-Rivières que le maire de Québec, Régis Labeaume a accordé vendredi matin, décontracté et tout souriant, col de chemise ouvert et manches retroussées, une entrevue à mon confrère Martin Lafrenière au cours de laquelle il servait résolument quelques petites taloches à son homologue Yves Lévesque.

Comme s'il avait décidé de venir le narguer jusque dans sa cour.

Il n'était évidemment pas question pour lui d'ouvrir la porte et de monter le court escalier qui mène au bureau du maire de Trois-Rivières pour lui serrer la main, comme ça, en passant. Pas plus qu'Yves Lévesque, s'il l'avait aperçu, ne se serait précipité à sa rencontre pour une accolade, hypocrite, mais d'apparence chaleureuse.

Les deux hommes ne s'apprécient plus vraiment et s'entendent pour mutuellement s'ignorer.

Le maire Lévesque aurait quand même accueilli à son hôtel de ville le maire de Québec si celui-ci lui en avait fait la demande. Mais pour Labeaume, il appartenait à Lévesque de faire les premières avances, parce que dans son esprit, c'est lui qui a versé le premier sang, comme disait Rambo, pour justifier sa rage.

À Rimouski ou à Saguenay, où sa tournée de promotion pour son amphithéâtre de Québec l'a amené cette semaine, Régis Labeaume a gravi les marches des hôtels de ville où il a été reçu par les maires, même par Jean Tremblay, qui l'avait pourtant déjà qualifié de monarque de Québec.

«Jean pis moi, on s'entend bien», a-t-il affirmé vendredi matin. «Il n'y a qu'avec Yves que je ne m'entends pas. D'ailleurs, il ne s'entend plus avec personne. Je m'entends avec tout le monde sauf avec lui», a-t-il dit, en référence au fait que Trois-Rivières s'est retirée de l'Union des municipalités du Québec. «C'est comme ça. Il y en a qui pensent qu'ils sont les seuls à avoir le pas.» Régis Labeaume dit ne toujours pas comprendre la charge faite contre lui à l'été 2014, dans le dossier des fonds de pension des employés municipaux, quand il a été accusé par le maire deTrois-Rivières d'agir en provocateur.

Pour Labeaume, cette virulente sortie d'Yves Lévesque, qui avait quand même été endossée, mais bien discrètement, par quelques autres maires, n'a toujours pas été digérée. Il n'avait pas vu venir le coup. «Je l'ai encore sur le coeur», martelait-il vendredi matin sur la place de l'hôtel de ville. «Il m'a blessé», s'est-il indigné, cela dit d'un ton si sincère qu'il en était presque convainquant. On ne l'aurait pas soupçonné si sensible, si fragile dans son âme et dans son être.

Si le principal but de son arrêt à Trois-Rivières était d'inviter les gens de la région à faire la visite gratuite de son amphithéâtre et d'assister aux «spectacles internationaux» qui y seront présentés, c'est quand même dans ses camouflets à Yves Lévesque qu'il a été de la plus grande générosité verbale. Que ça soit avec Frédéric Laflamme à Radio-Canada, Robert Pilotte à 106,9 ou avec Ghislain Morissette, à TVA Mauricie, qu'on amène ou pas sur le tapis ses rapports avec Yves Lévesque, il entendait se payer une traite là-dessus. Il ne s'en est pas privé. Il était intarissable sur le sujet.

Régis Lebeaume n'était d'ailleurs pas peu content de sa visite «fortuite» de l'amphithéâtre Cogeco où un employé, en le découvrant sur place, l'aurait spontanément accroché par le bras pour lui faire faire la visite des lieux. Eh qu'on l'aime! Et, s'il n'avait pas eu d'autres engagements à Québec, il serait venu le soir même avec des copains y entendre ZZ Top, quitte à se camoufler derrière une longue barbe, s'amusa-t-il à raconter.

C'est vrai qu'avec une subvention du gouvernement du Québec de 210 millions $, qu'avait d'ailleurs ouvertement critiquée Yves Lévesque, pour un amphithéâtre qui n'en a finalement pas coûté 400, c'est un équipement qui appartient au moins autant aux Québécois qu'aux contribuables de Québec.

Il ne fait pas de doute pour lui que les Trifluviens et tous les Mauriciens vont fréquenter l'amphithéâtre Vidéotron, car ce sera plus facile pour eux que d'aller au Centre Bell pour la présentation des grands spectacles... et pour les Nordiques. Comme Gary Bettman scrute tout ce qu'il dit sur le sujet et qu'à cette étape-ci, il vaut mieux pour lui faire le mort, Labeaume s'est contenté de murmurer entre les dents, avec un sourire entendu: «Ça se présente bien».

«À propos, Yves en est où avec son colisée?»

Dommage qu'Yves Lévesque ait été en vacances, ou s'y soit déclaré, car il a raté une belle pièce théâtrale, avec ce que l'opposition à l'hôtel de ville de Québec a décrit comme la «tournée d'autoproclamation» de Régis Labeaume

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