NPD: trop fort, trop tôt?

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Ce serait de l'hégémonie politique. On ne parlerait même plus de vague orange, mais de déferlante.

Si les élections fédérales avaient eu lieu cette semaine, presque un Québécois sur deux, mais au moins un sur deux chez les francophones, aurait voté pour le candidat du Parti néo-démocrate de Thomas Mulcair.

C'est ce que nous a révélé le sondage CROP-La Presse qui vient confirmer l'impression qu'on pouvait avoir que le NPD faisait des gains et s'imposait de plus en plus au Québec.

Depuis la fin du printemps, le NPD est toujours sorti fort dans les sondages au Québec, mais aussi sur le plan national. Avec en ce moment 47 % des intentions de vote, les troupes de Mulcair pulvérisent littéralement l'électorat québécois.

Leurs plus proches adversaires au Québec sont les libéraux de Justin Trudeau. Mais à 20 % dans le sondage, ils ne sont même plus l'ombre d'une menace pour les orangistes. Dire qu'il y a à peine un an, c'est le PLC qui avait la cote au Québec et qui se présentait comme le parti pour lequel il fallait être candidat si l'on souhaitait être élu. Après une petite rémission qui se révèle aujourd'hui très éphémère, le Bloc québécois est en effondrement avec 16 % de popularité et les conservateurs, avec un maigre 13 %, sont menacés d'extinction au Québec. Même dans la région de Québec, qu'ils ont courtisée et gâtée, à partir de laquelle ils espéraient faire tache d'huile, les conservateurs céderaient maintenant le pas aux néo-démocrates.

Pour bien comprendre ce qui se passe, il suffirait peut-être de dire que dans l'état d'esprit politique actuel des électeurs québécois au fédéral, si les élections avaient été tenues cette semaine, même si Lise Saint-Denis avait décidé de se représenter dans Saint-Maurice-Champlain, mais à nouveau pour le NPD, elle aurait encore une fois gagné ses élections. C'est, abstraction faite du candidat, ce que prédisent, avec les chiffres actuels, des sites de projections électorales comme Three Hundred Eight ou Si la tendance se maintient.

Les algorithmes utilisés par les deux sites constatent un balayage néo-démocrate dans la région, comme en 2011, mais un peu plus convaincant, compte tenu que le NPD ferait six pour cent de plus au Québec que la dernière fois.

Qu'on se rassure, même si le candidat du NPD dans Saint-Maurice-Champlain ne sera connu que la semaine prochaine, Lise Saint-Denis, même si elle faisait acte de contrition, serait lapidée sur le champ par jets de citrouilles par les militants néo-démocrates si elle osait même s'approcher des portes de la salle de leur convention.

Il n'y a qu'un tout petit doute qui persiste et c'est dans Bécancour-Nicolet-Saurel où le bloquiste Louis Plamondon, déjà doyen de la Chambre des communes à Ottawa, se bat pour une dixième victoire. S'il y arrivait, ce serait à l'arraché dur.

On peut craindre que les résultats d'un tel sondage ne soient dévastateurs sur le moral des candidats des autres partis et de leurs troupes.

Tout ce monde doit se dire qu'il reste quand même presque deux mois de campagne et qu'en politique, un seul mois peut représenter une éternité tant il peut y avoir des rebondissements et que les choses peuvent changer.

On ne peut pas se résigner à concéder que le jell-o est déjà pris. Surtout, que la couleur en serait déjà fixée et qu'elle ne serait pas du tout marbrée.

Le NPD sort peut-être un peu trop fort, un peu trop vite. Les adversaires peuvent s'accrocher à n'importe quoi pour se requinquer. Comme se dire qu'en 2011, à sept semaines du scrutin, c'est le Bloc québécois qui dominait l'échiquier québécois et que les néo-démocrates, en dépit de leur sympathique chef Jack Layton, ne pouvaient espérer comme récolte québécoise que la circonscription que détenait déjà Thomas Mulcair. On connaît la suite. Alors, si l'impensable a pu arriver, il peut donc se reproduire.

Il faut le voir ainsi.

Il faut éviter le découragement prématuré des militants et la potentielle désillusion de certains candidats qui y mettent leur coeur et leurs convictions.

Il y a quand même dans la région des candidatures extrêmement sérieuses qui méritent d'être considérées au-delà des coups de vent politiques. Qu'on pense au libéral François-Philippe Champagne, dans Saint-Maurice-Champlain, qui parcourt son comté, mais aussi toute la Mauricie, depuis au moins un an, afin de se faire connaître de ses électeurs et d'entendre ce qu'ils ont à dire.

C'est un gros investissement personnel de sa part. La même chose dans Trois-Rivières. Yvon Boivin a consacré plusieurs années à défendre les victimes de la pyrrhotite. Il faut donc y voir l'homme autant que le parti qu'il représente. Même chose pour Dominic Therrien, son adversaire conservateur. Ancienne vedette de baseball, aujourd'hui avocat à Vancouver spécialisé en droit international, l'homme n'a pas hésité à s'installer à Trois-Rivières quatre mois avant le scrutin pour y mener campagne. Il a démontré tout le sérieux de sa candidature.

Il faut quand même qu'il y ait encore un peu de suspense d'ici le19 octobre. Déjà que les campagnes fédérales sont tellement naturellement somnifères.

Petite précision: ce n'était vraiment pas mon intention, dans ma dernière chronique, d'offusquer ou de manquer de respect aux proches de l'octogénaire décédé récemment dans de tristes circonstances. Nos excuses à la famille.

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