Visite prochaine de Labeaume

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le maire de Québec, Régis Labeaume va entreprendre la semaine prochaine une grande tournée médiatique des régions du Québec pour vanter son amphithéâtre et vendre la programmation que le gestionnaire Québecor y a prévue pour l'automne.

Quelques mois à peine après son élection à la mairie de Montréal, Denis Coderre avait entrepris lui aussi une tournée des mairies des principales villes du Québec avec l'idée de resserrer les rangs des dirigeants municipaux pour constituer un genre de force unifiée face aux gouvernements. Il avait intitulé sa visite «la tournée du swing du manche», parce qu'il répétait partout une expression chère à l'ancien député unioniste de Champlain, Maurice Bellemare qui disait: «Ce n'est pas la grosseur de la hache qui compte, mais le swing du manche».

Coderre visitait principalement les maires et cela s'était passé de façon plutôt cordiale à Trois-Rivières. Pour illustrer leur bonne entente (apparente), Yves Lévesque avait feint en riant de boxer avec son visiteur en lui assénant un petit jab bien gentil à l'estomac.

Avec Labeaume, il faudrait plutôt redouter l'uppercut du maire de Trois-Rivières et même des deux hommes car s'ils n'en sont jamais venus aux coups physiques, ils ont eu dans le passé quelques échanges plus aigres que doux.

Labeaume serait sage d'éviter l'hôtel de ville de Trois-Rivières comme on peut penser que Jean Tremblay, qui l'a déjà qualifié de monarque de Québec, ou de quelque chose du genre, ne ferait sûrement pas de frais pour lui dérouler le tapis rouge.

Lévesque et Labeaume étaient à tu et à toi quand en 2009, Yves Lévesque s'est présenté à l'hôtel de ville de Québec à la tête d'une délégation trifluvienne venue y promouvoir les festivités du 375e. Sauf que la présentation, avec montage vidéo et spectacle, avait dû être abandonnée parce que le maire de Québec ne pouvait plus recevoir le groupe à l'heure prévue. Tout avait été décalé dans l'après-midi. Même si pour se faire pardonner, le lunch du midi au Château Frontenac avait été à ses frais, certains avaient jugé qu'il manquait un peu de manières.

En 2011, lors de la tenue à Trois-Rivières de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, Régis Labeaume avait quitté abruptement une séance de travail et vociféré dans les corridors parce qu'il était en désaccord avec une décision prise par ses collègues. Yves Lévesque s'était rendu à sa chambre pour le sermonner et tenter de le convaincre de respecter la position prise par des maires de plusieurs grandes villes du Québec et d'Ontario, des élus comme lui. Le coup de gueule avait été donné et Labeaume en resta là.

Mais c'est surtout l'an passé que le ton s'est le plus envenimé entre les deux hommes, quand Yves Lévesque accusa publiquement Régis Labeaume d'être responsable du climat acrimonieux qui s'était installé dans différentes villes du Québec dans les relations avec leurs syndicats à propos du projet de loi 3 sur les fonds de pension. Lévesque lui reprochait d'agir en provocateur.

Labeaume devait lui répliquer à son retour de vacances, mais il s'en tint à une conversation téléphonique... qui fit monter la moutarde au nez du maire de Trois-Rivières. Car il insinua que s'il était si compréhensif avec ses syndicats, dont celui des policiers, c'est qu'il devait avoir quelque chose à cacher et à se reprocher.

Les deux hommes ne devraient pas se donner d'accolades la semaine prochaine, même pour la forme. On va plutôt s'ignorer.

L'échange entre eux auraient quand même pu être intéressant.

Labeaume vient vanter son amphithéâtre comme Lévesque se glorifie du sien.

«Moi, je trouve ça scandaleux que Québec t'ait donné 200 millions $ pour ton théâtre. Moi, j'en ai eu juste 14 de Québec», aurait-on pu entendre se plaindre le maire de Trois-Rivières.

«Ouais, mais le mien il est fermé, il n'a pas trois côtés exposés à tous les vents comme ton amphithéâtre et on n'a pas comme toi défoncé le budget», aurait pu lui répliquer Labeaume.

«Peut-être, mais mon amphithéâtre a une architecture aérienne. Il n'a pas l'air d'un détecteur de fumée, comme le tien. Pis t'as même pas de club de hockey à mettre dedans.»

«Mais toé, Lévesque, non seulement t'en as pas non plus de club de hockey, mais t'as même pas un colisée pour en avoir un.»

On raconterait bien la suite du dialogue, mais il y a tellement de clochettes pour cacher les gros mots, qu'il est devenu inaudible.

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